La moëlle de la tige de Jonc (Juncus species) représente
un cas remarquable de morphogenèse cellulaire. Ce parenchyme
médullaire est un aérenchyme formé de cellules
étoilées maintenant entre elles un espace gazeux ouvert
et continu. Il faut remarquer que le Jonc n'est pas une plante aquatique,
il a seulement les pieds dans l'eau. On remarque d'ailleurs que pour
plusieurs critères, la structure corticale externe se rapproche
de celle d'une plante adaptée à un milieu sec (parenchyme
externe sclérifié, épiderme à cuticule
épaisse, ...).
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| Coupe transversale d'une
tige de Jonc. On remarque en périphérie
de nombreux faisceaux cribrovasculaires primaires regroupés
en plusieurs cercles concentriques. Ceci représente une structure
typique de monocotylédone. Le parenchyme médullaire
est entièrement formé de cellules de forme étoilée. |
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| Détail de l'aérenchyme
de la tige de Jonc. Les cellules ont
toutes une forme d'étoile à six branches. |
Même photographie en négatif
pour mieux faire apparaître l'espace gazeux intercellulaire. |
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| Détail à plus
fort grossissement. On constate qu'il
s'agit d'une organisation spatiale complexe. En faisant varier progressivement
la mise au point, on verrait que chaque cellule est jointive par trois
de ses branches à trois cellules situées au dessus et
par trois autres branches alternées, à trois cellules
situées en dessous. L'image obtenue en microscopie électronique
à balayage à droite (cliché J.C. Roland) donne
une idée plus précise de l'organisation tridimensionnelle. |
La forme complexe et régulière de ces cellules étoilées
est le résultat d'une morphogenèse cellulaire complexe
:
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| Les cellules sont polyédriques
au moment de leur formation. |
Sur chacune des faces mitoyennes
entre deux cellules, les parois s'allongent provoquant la formation
de méats triangulaires. |
Le phénomène se poursuit.
La croissance des six bras provoque l'éloignement des corps
cellulaires et accompagne la croissance de la moëlle de l'organe. |
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| La croissance est terminée.
Les cellules étoilées constituent l'échafaudage
d'un espace gazeux complexe constitué de méats apparemment
triangulaires (en vue de dessus) mais en fait communiquant entre eux. |
En fait, l'organisation spatiale est beaucoup
plus complexe. En effet, une cellule (ici, la cellule bleue) est raccordée
à des cellules situées au dessus (les cellules rouges)
et à des cellules situées en dessous (les cellules roses).
Cette organisation permet de réaliser un échafaudage
tridimensionnel remarquable. |
Pour compléter, observer d'autres plantes
aquatiques :
Voir aussi comment se comportent les feuilles de plantes terrestres
et comment de manière générale, on peut étudier
la morphologie de l'espace gazeux :
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