Autrefois, les poignées subissaient le rouissage,
c'est-à-dire une macération dans l'eau (même principe
que pour le lin). Les poignées étaient disposées
sur l'eau en une sorte de radeau immergé grâce à
des pierres posées par-dessus. Le rouissage devait être
surveillé attentivement car il varie selon la température
de l'eau. Il polluait les cours d'eau, aussi les agriculteurs étaient-ils
amenés à avoir un point d'eau personnel réservé
à cette opération.
Les bottes de chanvre roui étaient mises à sécher
tout d'abord sur un pré ou mieux, sur les chaumes de blé
(meilleure aération du chanvre) ; on "l'égaillait"
en le tournant de temps en temps. Pour un meilleur séchage, on
mettait les poignées éventuellement debout par douze de
façon à faire des "huttes". Le chanvre déjà
bien sec était rentré sous hangar ou grange et attendait
le passage au four.
C'est seulement ensuite que le chanvre était chauffé dans
des fours à chanvre à partir du XIXème siècle.
Ces fours étaient isolés des habitations en raison des
forts risques d'incendie. Dans la partie inférieure du four (chambre
de chauffe), un récipient rempli de coke enflammé dégageait
une forte chaleur afin de sécher la fournée placée
au-dessus du foyer, dans la partie supérieure du four (chambre
de séchage). Les bottes étaient ensuite sorties et écrasées
dans une broyeuse (en deux passages) afin de séparer la filasse
des autres parties de la tige. Ce broyage ou brayage se faisait en novembre
ou décembre.
Le nettoyage des poignées était achevé à
la main et la filasse engrangée.
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Récolte du chanvre
par arrachage. |
Rouissage du chanvre. |
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Séchage sous forme
de "huttes" composées de douze poignées
et broyage du chanvre dans une brayeuse à rouleaux de fonte.
Les poignées de chanvre sortant du four sont disposées
sur la table et engagées entre les rouleaux. |
Séchage dans un
four à chanvre. Celui-ci (région du Belinois) est
double contrairement à la plupart des fours de la Sarthe
qui sont simples. |
(Clichés
Epopée du chanvre - Sauvegarde des fours à chanvre) |
Détails de la transformation
au niveau de la tige de chanvre
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Tige de chanvre
fraîche. |
Au cours du rouissage,
les fibres se détachent de l'intérieur de la tige
(partie ligneuse)
qu'on nomme alors "chénevotte". |
Fibres après défibrage
dans un moulin à marteaux ou broyeur. |
(Clichés
La chanvrière de l'Aube) |
De nos jours, le rouissage est évité et les andains sont
pressés en balles et stockés. Puis les fibres sont séparées
du reste de la tige qui constituera la chènevotte (résidu
ligneux), ce défibrage est réalisé dans un moulin
à marteaux ou broyeur qui frappe fortement les tiges.
Les fibres sont ensuite filées et éventuellement tissées.

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