| 2-APPLICATIONS
L'électrophorèse permet la séparation
de molécules chargées : protéines, peptides, acides
aminés, acides nucléiques et nucléotides. Elle permet
dans certaines conditions (emploi de micelles de détergents ioniques)
de séparer des molécules non ioniques, comme des hormones
stéroïdes par exemple.
2-1-Séparation
des protéines sériques sur acétate de cellulose
La révélation
des fractions peut être globale
(rouge Ponceau, Amido-schwartz, vert de lissamine, bleu de Coomassie)
ou spécifique (révélation
des lipoprotéines avec un colorant des lipides, révélation
d'une activité enzymatique...).
La lecture
peut se faire à l'oeil nu
(analyse qualitative) ou par densitométrie
(enregistrement de l'absorbance en fonction de la distance de migration)
; dans ce cas, l'intégration
des pics permet une analyse quantitative des fractions; ou encore le
dosage peut être effectué après élution
des fractions.
| Tracé densitométrique
du protéinogramme d'un sérum humain normal

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2-2-Electrophorèse
en gel de polyacrylamide (PAGE)
La polyacrylamide est un gel finement réticulé,
que l'on fabrique au moment de l'emploi en mélangeant de
l'acrylamide
(CH2=CH-CO-NH2),
qui polymérise en donnant des chaînes
linéaires, et du
bis-acrylamide
(CH2=CH-CO-NH-CO-CH=CH2)
qui forme des ponts entre les chaînes; on obtient
ainsi un réseau, dont les mailles sont de taille variable en
fonction des proportions d'acrylamide et de bis-acrylamide utilisées;
le gel obtenu se comporte donc comme un tamis
moléculaire (les macromolécules migrent d'autant
moins vite qu'elles sont plus grosses).
En présence de Sodium dodécylsulfate
(SDS), détergent anionique qui défait la structure spatiale
et se fixe sur les protéines, toutes les molécules sont
chargées de la même façon, et la séparation
est alors uniquement fonction de la masse
molaire :
(SDS : CH3 - (CH2)10
- CH2 - O - SO3-, Na+),
N.B : pour dénaturer les protéines,
on utilise à la fois un détergent comme le SDS et un agent
réducteur qui coupera les ponts disulfure, comme le
- mercaptoéthanol.

2-3-Electrofocalisation (IEF IsoElectric
Focussing)
La migration est effectuée dans un gradient
de pH; chaque molécule migre jusqu'à l'endroit où
le pH est égal à son pHi. On utilise un gel de forte porosité
(polyacrylamide ou agarose), pour que la taille n'influence pas la migration.
Le gradient de pH est généré par des ampholytes,
molécules amphotères de synthèse introduites dans
le gel au moment de sa fabrication : on utilise un mélange de
telles molécules, possédant des pHi dans une certaine
gamme (gamme large, ex. 3-9, ou ± étroite, ex. 4-5 ou 5-6,5).
Ces molécules migrent rapidement dans le gel jusqu'à atteindre
une zone où leur charge devient nulle. Elles ont alors une distribution
statistique telle qu'elles génèrent un gradient de pH
sensiblement linéaire le long du gel. Il existe de telles molécules
de petit poids moléculaire et solubles (ampholines)
et il existe également des gels a base d'acrylamide modifiée
contenant des groupements acides et basiques fixés (gels d'immobilines).
L'électrofocalisation
bidimensionnelle est une méthode qui permet d'obtenir
une courbe de titrage d'une
protéine donnée (charge = fonction du pH). On prépare
un gel dans lequel on établit le gradient de pH, puis on dépose
dans une rigole centrale la solution de protéine, après
quoi on tourne la plaque de 90 ° et on fait à nouveau passer
un courant électrique.

2-4-Electrophorèse bidimensionnelle
On sépare selon le pHi dans une dimension
(IEF) et selon la masse molaire dans l'autre dimension (PAGE-SDS); on
sépare ainsi environ 1000 protéines dans le sérum
!

On peut établir de cette manière la "carte
d'identité protéique" des principaux tissus et organes
humains. La lecture nécessite alors un système informatisé
d'analyse d'images.
2-5-Electrophorèse
sur agarose
Elle est peu utilisée dans le cas des protéines,
car dans ce domaine les gels de polyacrylamide donnent toute satisfaction.
Cependant, des gels dagarose sont utilisés sous forme de
kits prêts à l'emploi en biologie clinique : ils sont alors
destinés à des applications spécifiques pour révéler
un type donné de constituant (ex. lipoprotéines) ou certaines
enzymes (déshydrogénases, estérases,
), ainsi
que pour les techniques de révélation par anticorps (qui
peuvent plus facilement diffuser au sein du gel, voir + loin).

2-6-Immunoélectrophorèse
La révélation est basée
sur une réaction "antigène-anticorps". On mettra de côté
l'immunoblot, qui consiste
à visualiser des protéines sur un gel (la fixation d'Ac
étant révélée par un second anticorps marqué).
Les techniques ci dessous utilisent le fait qu'à des concentrations
adéquates, du fait de la présence de familles d'anticorps
(polyclonaux) et de la bivalence de ces anticorps, il se forme des agrégats
(= réaction d'immunoprécipitation. Ce précipité
est ensuite coloré selon les techniques classiques.
Il existe en fait tout un ensemble de techniques
qui utilisent des anticorps associés à des séparations
électrophorétiques. On peut distinguer les techniques
suivantes :
2-6-1-Immuno-électrophorèse
de Grabar et Williams
Les protéines migrent dans un gel d'agarose,
puis on les révèle par une technique de double diffusion
des antigènes et des anticorps, donnant des arcs de précipitation.
Avec un antisérum total, on peut par exemple distinguer 30-40
protéines dans le sérum humain. On peut bien sûr
l'utiliser également avec un antisérum spécifique.

2-6-2-Electro-immunodiffusion double (= électrosynérèse)
Cette méthode dérive en fait de
la technique d'immunodiffusion double d'Ouchterlony. Elle consiste à
accélérer la diffusion par un champ électrique. Les
conditions électrophorétiques sont choisies de façon
à ce que les antigènes et les anticorps migrent en sens
inverse (ceci est possible car le pHi des Immunoglobulines est supérieur
à celui de beaucoup de protéines).


2-6-3-Electro-immunodiffusion monodimensionnelle
(Laurell)
Les protéines sont déposées
sur des gels contenant l'antisérum. On se place à pH où
les Ig migrent peu. Les protéines se déplacent et rencontrent
les anticorps qui forment alors des précipités en forme
de fusée appelés "rockets" dont la hauteur est proportionnelle
à la concentration en protéine. On utilise une partie des
puits pour faire un étalonnage.

2-6-4-Electro-immunodiffusion bidimensionnelle
(Laurell)
On sépare les protéines dans une
première dimension en gel d'agarose. On coule ensuite un gel contenant
l'immunsérum polyspécifique, puis on réalise la seconde
dimension.


2-7-Electrophorèse
en champs pulsés
Cette technique est utilisée pour l'électrophorèse
des molécules d'ADN de haut poids moléculaire (15 -100 kb).
Dans cette gamme de taille (au-delà de 20 kb), les molécules
ne sont plus séparées par les méthodes classiques,
car la migration devient indépendante de la taille (le déplacement
de ces molécules cyclindriques ayant toutes le même diamètre
s'effectuant par "reptation"). Lemploi de deux champs orthogonaux
utilisés en alternance fait que les molécules d'ADN, qui
mettent un certain temps à s'orienter dans le sens du champ électrique,
ne migrent que lorsque celle-ci est réalisée. Le temps nécessaire
à lorientation est dautant plus grand que la molécule
dADN est longue.

Il devient alors possible de séparer les molécules
en fonction de leur longueur.
Cette méthode s'avère très utile dans les analyses
du génôme des procaryotes et des eucaryotes.

2-8-Electrophorèse
capillaire
C'est une technique récente qui commence à
se développer et qui offre essentiellement les avantages de la
rapidité, de la très
grande résolution et,
partant, de la très grande sensibilité
de la détection. L'électrophorèse utilise un capillaire
de silice de diamètre d'environ 50 µm et de longueur 1 m (rempli
de tampon ou de gel), et des voltages élevés (15 -30 kV).
Ceci aboutit à des vitesses de migration très rapides des
composés dans le capillaires et ceux-ci sont détectés
par absorption UV, fluorimétrie ou conductimétrie directement
sur le capillaire, donc dans un volume très faible. Ceci fournit
donc une sensibilité particulièrement élevée
(on injecte seulement quelques nanolitres de léchantillon).

Les domaines d'application sont a priori nombreux : analyse
de peptides, d'acides aminés, d'oligonucléotides,
le nombre de plateaux est de l'ordre de 500000 par mètre, ce qui
fournit une résolution remarquable (on peut séparer des
peptides différant d'un acide aminé, des mélanges
complexes d'oligonucléotides, des fragments tryptiques de peptides ;
la méthode est utilisée pour tester la pureté de
peptides ou d'oligonucléotides de synthèse,
). La technique
peut également s'appliquer à des molécules non ionisées
en présence de micelles de détergents appropriés.
| Electrophorèse
capillaire en solution libre (FSCE) |
| Dans lélectrophorèse
capillaire, le courant d'endosmose est la force dominante (il entraîne
tous les solutés quelle que soit leur charge) et il dépend
des charges présentes sur la paroi du capillaire (qui est
fonction du pH); ce courant diminue à pH acide. |
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| Electrophorèse
capillaire micellaire (MCE) |
| Les micelles de détergent
(SDS) forment une phase pseudo-stationnaire et le soluté
se partage entre celle-ci et la phase mobile. Les substances les
plus apolaires sont davantage "retenues" et la séparation
obtenue s'apparente à celle de la HPLC en phase inverse.
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| Electrofocalisation
en électrophorèse capillaire (CE-IEF) |
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