1-GENERALITES
Le terme de "chromatographie" a été
crée par Mikhail TSWETT en 1905, pour décrire une technique
de séparation de pigments végétaux (chlorophylles
et caroténoïdes) sur des colonnes remplies dune substance
adsorbante. Il évoque donc la couleur des substances analysées,
mais il est possible que lorigine du nom soit tout autre : en
effet, le nom de lauteur signifie "couleur" en russe,
et il est donc possible que ce dernier ait voulu donner son nom à
la technique quil avait mise au point (Jaussaud, 1996). Les méthodes
chromatographiques regroupent des techniques très variées
qui peuvent être classées selon trois modalités
différentes :
Classification selon
la nature physique des phases
Classification selon le phénomène mis en
oeuvre
Classification selon le procédé opératoire.
1-1-Classification selon la nature
des phases :
la phase mobile est un fluide, donc soit
un liquide, soit un gaz (soit encore un fluide "supercritique")
la phase stationnaire est soit un solide, soit un liquide.
La combinaison de ces possibilités conduit à
diverses possibilités :
chromatographie liquidesolide (cas de Tswett) (LSC)
chromatographie liquideliquide (LLC)
chromatographie gazsolide (GSC ou GC)
chromatographie gazliquide (GLC ou GC)
la chromatographie supercritique (SFC)
La SFC représente un cas intermédiaire
entre LC et GC, les fluides supercritiques possédant des propriétés
à la frontière entre celles des liquides et celles des
gaz.
1-2-Classification selon le phénomène
chromatographique :
Ce dernier dépend de la nature (et de la
structure) de la phase stationnaire utilisée. On distinguera
donc :
la chromatographie d'adsorption
(LSC, GSC) (lorsque la phase stationnaire
est un solide); par extension on
pourrait y rattacher la chromatographie
d'affinité, qui correspond à un cas où
les propriétés d'adsorption de la phase stationnaire
sont spécifiques vis-à-vis d'un (ou une famille de)
composé(s).
la chromatographie de partage
(LLC, GLC), lorsque la phase
stationnaire est un liquide non miscible avec la phase mobile (mise
en jeu de coefficients de partage).
la chromatographie d'échange
d'ions (IEC), où la phase stationnaire porte des
groupes fonctionnels acides ou basiques, destinée à
séparer des composés ionisés.
la chromatographie d'exclusion
(SEC) où la phase stationnaire (poreuse) se comporte
comme un tamis et sépare les composés en fonction de
leur taille; on parle aussi de chromatographie de perméation
de gel (GPC).
1-3-Classifications selon les procédés
utilisés :
Selon le conditionnement de la phase stationnaire, on distinguera :
la chromatographie sur colonne
(y compris systèmes à contre-courant)
la chromatographie sur papier
la chromatographie sur couche
mince.
Selon les modalités de migration de la phase
mobile, on distinguera
la chromatographie
par développement
(les constituants de l'échantillon restent sur la phase stationnaire)
la chromatographie d'élution
(les substances sont entraînées hors de la phase stationnaire).
Les méthodes chromatographiques, bien que
très diverses, mettent en jeu un certain nombre de principes
communs :
- les substances se répartissent entre deux phases non miscibles,
selon un équilibre
lié à un coefficient de
partition, qui dépend à la fois de la nature
des composés et de celle des deux phases considérées;
- le renouvellement continu de la phase mobile remet en cause cet équilibre
et entraîne une succession d'autres équilibres, ce qui
se traduit par une migration
des substances le long de la phase stationnaire;
- la séparation est
obtenue car chaque composé migre avec une vitesse qui lui est
propre (et dépend du coefficient de partition décrit ci-dessus).

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