C'est à la fin du 19 ème siècle que l'on découvre
chez la drosophile, des mutants dont une partie du corps s'est transformée
en une autre. On parle alors de transformation ou mutation homéotique.
Il faudra attendre la fin du 20ème siècle pour comprendre
le rôle des gènes impliqués dans ces mutations.
Ce sont les gènes homéotiques.
Parallèlement, les progrès continus des études
sur le développement embryonnaire ne cessent de converger avec
ceux de la génétique. A l'aube du 21ème siècle,
les deux disciplines se sont largement rejointes pour nous enseigner
que les gènes homéotiques jouent un rôle fondamental
et universel dans l'édification des embryons. Cette conception
de la biologie du développement a d'ailleurs été
couronnée par un prix Nobel attribué en 1995 à
Edward B. Lewis, Christianne Nusslein-Volhard et Eric F. Wieschaus pour
leurs travaux concernant le contrôle génétique du
développement embryonnaire.
Au niveau moléculaire, ces gènes interagissent directement
avec la molécule d'ADN pour réguler l'expression d'autres
gènes. On dit qu'ils ont un rôle sélecteur. Ils
appartiennent donc à la grande famille des facteurs de transcription.
Aussi pour bien comprendre le fonctionnement des gènes sélecteurs,
nous rappellerons quelques notions de base sur la transcription.