La gastrulation est caractérisée par :
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- 1 - L'apparition des mouvements cellulaires coordonnés
(mouvements morphogénétiques).
- 2 - La ségrégation des trois tissus fondamentaux
: l'ectoderme, à l'origine de l'épiderme, le mésoderme
à l'origine des mésenchymes primaire et secondaire,
et l'endoderme à l'origine du tube digestif.
- 3 - L'apparition d'une cavité secondaire digestive, l'archentéron.
Parallèlement, le rythme mitotique diminue et le cycle cellulaire
s'allonge
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- Analyse des mouvements cellulaires
au cours de la gastrulation
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- On peut classer les mouvements cellulaires mis en oeuvre au cours
de la gastrulation de l'oursin en 4 catégories. Chacun de ces
mouvements est lié à une étape de la gastrulation,
soit, dans l'ordre chronologique :
a - Ingression du mésenchyme primaire.
b - Migration du mésenchyme primaire.
c - Inflexion du pôle végétatif dans le blastocèle,
qui initie la formation de l'archentéron.
d - Elongation de l'archentéron et individualisation du mésenchyme
secondaire.
a - Ingression du mésenchyme primaire
Les prémisses de la gastrulation s'observent au niveau du pôle
végétatif. A cet emplacement, l'épithélium
s'applatit (Fig.29). Les cellules du pôle végétatif
issues des micromères montrent des mouvements pulsatiles sur leur
face interne qui aboutissent à la formation de filopodes.
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Figure 29. Schéma de la jeune
gastrula d'oursin.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
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Figure 30. Schéma, avec les territoires présomptifs,
de la jeune gastrula d'oursin au moment de l'applatissement
du pôle végétatif. Cliquez sur l'image
pour agrandir. |
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- Simultanément, alors que l'ensemble des cellules de la blastula
possède une forte affinité pour la couche hyaline externe
héritée des granules corticaux, les cellules des micromères
perdent cette affinité et renforcent de 100 fois leur affinité
pour la lame basale et la matrice extracellulaire interne. La lame basale
se rompt et les cellules passent de l'état épithélial
à l'état mésenchymateux. Elles se dirigent dans
la cavité du blastocoele au contact de la matrice extracellulaire
pour former les cellules du mésenchyme primaire (Fig.30, 31
et 32).
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| Figure
30. Ingression des cellules du mésenchyme primaire d'oursin.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir. |
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Figure 31.
Schéma d'interpretation de l'ingression et de la migration
des cellules du mésenchyme primaire d'après la
figure 30. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. |
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Figure 32. Schéma,
avec les territoires présomptifs, de la jeune gastrula
d'oursin au moment de l'ingression des cellules du mésenchyme
primaire. Cliquez sur l'image pour agrandir.
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b - Migration du mésenchyme
primaire
Les cellules en migration entrent en contact avec la matrice extracellulaire,
sur la paroi du blastocoele. Plusieurs molécules jouent un
rôle important dans ces événements. Deux d'entr'
elles sont particulièrement importantes pour l'adhésion
et la migration des cellules du mésenchyme primaire, la fibronectine,
protéine de 220kDa, constituant majeur de la matrice extracellulaire,
et des protéoglycanes sulfatés associés à
la surface des cellules du mésenchyme primaire en migration.
Il a été montré que pendant la gastrulation,
l'affinité des micromères pour la fibronectine s'accroît
considérablement.
- L'ampleur de cette migration reste relativement réduite dans
la mesure où les cellules du mésenchyme primaire restent
confinées latéralement dans l'hémisphère
végétatif (Fig.33 et 34). Elles s'organisent
en syncytium (fusion entre les cellules) dans lequel se dépose
du carbonate de calcium à l'origine des spicules calcaires qui
constituent le squelette larvaire (voir Fig.42).
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| Figure
33. Jeune gastrula d'oursin avec les cellules du mésenchyme
primaire en position latérale. |
Figure 34. Schéma, avec les territoires présomptifs,
de la gastrula, au sortir de la migration des cellules
du mésenchyme primaire. Cliquez sur l'image pour
agrandir.
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Parallèlement à leur activité
migratoire, les cellules du mésenchyme primaire développent
de longues expansions cytoplasmiques ou filopodes qui ne paraissent
pas être impliqués dans les mouvements de migration.
Ces filopodes explorent la paroi du blastocoele et pouraient jouer
un rôle dans la reconnaissance de la polarisation dorsoventrale
de l'ectoderme. L'acquisition de ces informations permettrait d'établir
une régionalisation au sein du mésenchyme primaire et
aboutirait à l'élaboration des spicules paires qui marquent
la symétrie bilatérale originelle des oursins (Fig.42).
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c
- Inflexion du pôle végétatif dans
le blastocoele
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- Une fois les cellules du mésenchyme primaire dans le blastocoele,
le pôle végétatif est maintenant formé par
les cellules du territoire Vg2 à l'origine du tube digestif.
Celles-ci restent sous forme d'un épithélium cohérent
de cellules adhésives. Leur pôle apical renferme des vésicules
de sécrétion contenant un protéoglycane, la chondroitine
sulfate, et est hérissé de microvillosités qui
traversent la couche hyaline. Cette dernière, née du contenu
des granules corticaux, sert d'ancrage aux cellules qui changent de
forme. Par exemple, si on bloque les sites d'adhésion de ces
cellules à la couche hyaline par des anticorps qui reconnaissent
les protéines constitutives de la couche hyaline, les cellules
s'arrondissent et le processus d'inflexion du pôle végétatif
est inhibé.
- Un examen plus précis fait ressortir que la couche hyaline
est composée de deux sous-couches étroitement accolées,
la hyaline interne et la hyaline externe, impliquées dans les
mouvements d'inflexion du pôle végétatif que l'on
conçoit de la manière suivante.
Dans un premier temps, les vésicules de chondroitine sulfate
déversent leur contenu dans la hyaline interne. Or, la chondroitine
sulfate étant très hydrophile, la hyaline interne se gonfle
d'eau et se dilate, inversement à la hyaline externe dont le
volume ne change pas. La résultante de ces changements physiques
conduit à des forces de tension entre les deux couches de hyaline.
L'expansion latérale de la hyaline interne provoque une courbure
concave vers le blastocoele et repousse les cellules du territoire Vg2,
du pôle végétatif vers l'intérieur de l'embryon
(Fig.35, 36 et 37).
Ce mécanisme peut être comparé à la courbure
générée au sein d'une plaque formée de deux
matières solidaires et possédant chacune un coefficeint
de dilatation différent (pour plus d'explications voyez Fig.
36. Une animation suit la figure légendée).
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| Figure
35. Mouvement d'inflexion du territoire Vg2 au pôle
végétatif.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
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Figure
36. Modèle pour expliquer la génération
d'une courbure au sein de deux couches solidaires ayant
chacune un coefficient de dilatation différent.Cliquez
sur l'image pour l'agrandir. |
Figure
37. Schéma montrant les mouvements d'inflexion du
pôle végétatif qui conduisent le territoire
Vg2 à ébaucher la cavité de l'archentéron.
Cliquez sur l'image pour agrandir. |
Cet évènement est dèjà perceptible chez l'oursin
sur la figure 33 et particulièrement bien
visible dans l'embryon d'étoile de mer (Fig.38).
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Figure 38. Gastrula d'étoile
de mer dont l'inflexion
du pôle végétatif
est en cours.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
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L'inflexion du pôle végétatif constitue le début
de l'invagination de l'endoderme (territoire Vg2), et l'ébauche
de l'archentéron ouvert sur l'extérieur par le blastopore.
Elle ne dépasse pas 1/4 à 1/3 de la distance pôle
animal-pôle végétatif. Ceci veut dire que ce mouvement
n'est pas suffisant pour assurer la formation complète de l'archentéron
et ne permet pas notamment son extension vers le pôle animal.
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- d - Elongation de l'archentéron
et individualisation du mésenchyme secondaire
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- L'élongation de l'archentéron est assurée par
l'aplatissement des cellules qui composent ses parois. De plus, des
mouvements d'intercalation cellulaire réduisent le diamètre
de l'archentéron pour en faire un tube étroit et allongé.
On parle de mouvements de convergence extention particulièrement
nets chez l'étoile de mer (Fig.39).
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Figure 39. Deux stades d'élongation
de l'archentéron chez l'étoile de mer.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
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Un autre mécanisme peut contribuer à cette élongation.
Les cellules situées à l'apex de l'archentéron émettent
des filopodes, parfois très longs, puisqu'ils vont à la
rencontre du toit du balstocoele (Fig.40).
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Figure 40. Mise en évidence
des cellules du mésenchyme secondaire.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
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Une fois cette connexion assurée, les fipodes se
contractent, exerçant une force de traction qui contribue à
l'allongement de l'endoderme vers le pôle animal. Ces mouvements
concernent toujours le territoire Vg2 (Fig. 41).
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| Figure
41. Elongation de l'archentéron et formation du mésenchyme
secondaire. Cliquez sur les images pour agrandir. |
- Il est possible de mettre en évidence expérimentalement
le rôle des longs filopodes émis par les cellules du mésenchyme
secondaire. La rupture des filopodes à l'aide d'un faisceau laser
stoppe la phase terminale de l'élongation de l'archentéron.
Dans ces conditions, son allongement ne dépasse pas les 2/3 de
sa longueur finale. Cependant si on laisse seulement quelques cellules
du mésenchyme secondaire en place, l'allongement de l'archentéron
s'effectue mais plus lentement que chez les embryons contrôles.
Les étapes successives de la gastrulation montrant l'évolution
des territoires présomptifs vous sont présentées
dans une animation.
- Dans la suite du développement, alors que l'archentéron
approche du pôle animal, les cellules du mésenchyme secondaire
se séparent de l'endoderme et se dispersent dans le blastocele
où elles constitueront des organes mésodermiques coelomiques
tel que l'hydrocoele (voir le chapitre
sur l'organogenèse larvaire).
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- Au total, l'embryon parvenu au terme de la gastrulation possède
une organisation concentrique où l'on retrouve l'endoderme en
position profonde, c'est le tube digestif primitif ou archentéron.
L'épiderme constitue le feuillet limitant externe
de l'embryon. Quant au mésoderme, il est représenté
par les cellules des mésenchymes primaire et secondaire situées
dans les espaces laissés libres entre l'épiderme et l'archentéron.
Latéralement, les spicules peuvent être mis en évidence
au microscope à fond noir (Fig.42).
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Figure 42. Mise
en évidence des spicules au stade gastrula âgé.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir. On peut mettre les deux structures
en coincidence grâce à une animation. |

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