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La cellule musculaire lisse vasculaire (CMLV) | |||||||||||||
| B- Mécanisme de la relaxation/contraction de la CMLV | ||||||||||||||
Le Ca2+ d'origine extracellulaire et/ou sarcoplasmique peuvent être utilisés par la CMLV pour augmenter la concentration cytoplasmique en Ca2+ et ainsi provoquer la contraction de la cellule. Ces deux sources de Ca2+ ont un rôle différent dans le processus de la contraction musculaire et sont dépendantes du mode dinitiation de la contraction. Laugmentation de Ca2+ peut être due à une modification du potentiel de membrane (initiation électromécanique) qui va provoquer louverture de canaux calciques voltage dépendants et permettre lentrer du Ca2+ extracellulaire. La hausse de Ca2+ peut également résulter de la liaison dun agoniste à un récepteur spécifique (initiation pharmacomécanique), ce qui augmente le taux de Ca2+ par la libération du calcium des réservoirs intracellulaires (Fig. 2). Ces deux systèmes sont dépendants et agissent en synergie. Dans tous les cas, cette hausse de Ca2+ intracellulaire est très brève, le calcium étant rapidement cytotoxique, par activation des protéases dépendantes du Ca2+ (calpaïne) ou encore des phospholipases ou des endonucléases.
En fonction des territoires vasculaires, le potentiel de membrane des cellules musculaires lisses varie entre -45 et -70 mV (Hirst et al., 1989 ; Serebryakov et al., 1992). Deux types de canaux ioniques interviennent dans la modulation du potentiel de membrane dans les CMLV : des canaux K+ et des canaux Cl-, tous deux dépendant du Ca2+. Dans le cas dune augmentation de la concentration en Ca2+, ces canaux sont activés. Le canal chlore dépendant du Ca2+ va provoquer une sortie de Cl-, et donc une dépolarisation de la membrane plasmique. Au contraire, lactivation par le Ca2+ des canaux potassiques dépendants du Ca2+ provoque une sortie de K+ et donc une hyperpolarisation et par voie de conséquence une diminution du tonus vasculaire.
La modification du potentiel de membrane de 3 mV augmente (dépolarisation) ou diminue (hyperpolarisation) de deux fois lentrée de Ca2+ par les canaux calciques voltage dépendants. Les études pharmacologiques et électrophysiologiques ont montré quil existe six types de canaux calciques voltage dépendants (CCVDs) : les CCVDs de type L, T, N, R, Q et P (Godfraind et Govoni, 1995). Dans les CMLV, deux types sont présents : le type L (" long-lasting ") et le type T (" transient ") (Hurwitz, 1986 ; Bean, 1989 ; Pelzer et al., 1990 ; Tsien et al., 1991). Les canaux de type T sont activés par des dépolarisations moyennes (-30 mV) et sont inactivés rapidement (20 à 60 ms). Les canaux de type L sont activés par de forte dépolarisation, à partir de 40mV, mais leur activation est complète à 0 mV, et ils sont inactivés moins rapidement que les canaux de type T (300 à 600 ms) (Tsien et al., 1991 ; McDonald et al., 1994). Dans le cas dun couplage pharmacologique, la hausse de Ca2+ intracellulaire nest pas due à une dépolarisation de la membrane. Il faut noter cependant que la modification du potentiel de membrane peut apparaître secondairement. Différents mécanismes ont été proposés pour ce couplage pharmacomécanique : le plus important est lactivation de la cascade des phosphatidyl-inositols qui provoque laugmentation de lIP3. Un autre, plus controversé, serait une stimulation de linflux de Ca2+ sans dépolarisation, par augmentation de la probabilité douverture des canaux de type L, ou encore par activation dun récepteur canal calcique par liaison de son ligand.
La majorité des vasoconstricteurs provoquent une contraction des CMLV via leur liaison à un récepteur couplé à la PLCβ. La liaison de ce type de ligand provoque dans un premier temps la libération de Ca2+ des compartiments intracellulaires (Chiu et al., 1987 ; Tawada et al., 1987), puis un flux transmembranaire de Ca2+ , mais cela peut varier selon les récepteurs ou les vaisseaux.
La PLCβ est une enzyme dont il existe en fait plusieurs isoformes
(Rhee et Choi, 1992). La PLC va former, à partir du phosphatidylinositol
bisphosphate (PIP2) de la bicouche phospholipidique de la membrane,
de linositol trisphosphate (IP3) et du Diacylglycerol (DAG)
(Nishizuka, 1995). En réponse à la hausse de Ca2+ intracellulaire
et à la hausse en phosphoinositides, une PKC dépendante
du Ca2+ et des phospholipides est activée. Une fois
activées, les PKC favorisent la contraction des CMLV par phosphorylation
de CCVDs (Schuhmann et Groschner, 1994), mais aussi en sensibilisant
lappareil contractile. Cette sensibilisation a lieu en phosphorylant
la MLCK (Ikebe et al., 1985) ou la MLC elle-même (Endo et al.,
1982), ou plus vraisemblablement en phosphorylant la protéine
CPI-17 qui va inhiber lactivité de la MLCP. Le rôle
des PKC conventionnelles et nouvelles dans la régulation de
la contraction a été mis en doute, et lhypothèse
actuelle penche plutôt vers un rôle des PKC atypiques,
activées par lacide arachidonique (AA).
Le Ca2+ dans le milieu intracellulaire va ensuite se complexer avec différentes molécules dont la calmoduline, et former ainsi des complexes Ca2+/calmoduline (une molécule de calmoduline pour quatre ions calciques) (Watterson et al., 1980 ; Means et al., 1991). La calmoduline est une protéine ubiquitaire et multi-fonctionelle, extrêmement conservée au cours de lévolution. La fixation réversible du Ca2+ induit un changement de conformation de la molécule qui va pouvoir interagir avec la kinase de la chaîne légère de la myosine (MLCK).
Le complexe Ca2+/calmoduline une fois formé, va
activer une kinase (MLCK) qui est une enzyme appartenant à
ce complexe enzymatique (Fig. 5). Cette enzyme va phosphoryler la
chaîne légère de la myosine (MLC pour Myosin Light
Chain) sur la Sérine 19. Ce processus de phosphorylation joue
un rôle central dans de nombreux processus biologiques.
Les filaments épais sont constitués principalement
de myosine. La myosine possède une activité enzymatique
ATPase nécessaire à sa fonction motrice. La phosphorylation
des chaînes légères régulatrices (MLC20)
provoque un changement de conformation de la myosine qui passe dans
une conformation plus allongée et capable de se lier avec lactine
(myosine activée). Deux mécanismes semblent impliqués dans ce phénomène
de sensibilisation de lappareil contractile : linhibition
de la MLCP et la phosphorylation de protéines régulatrices
(Fig. 5 & Fig. 6).
On peut distinguer deux types de relaxation : une relaxation passive, par retrait dun agent vasoconstricteur, et une relaxation active, par effet dun vasodilatateur. Dans le premier cas, ce sont les mécanismes dhoméostasie du Ca2+ intracellulaire qui vont diminuer ce taux. Ce sont les pompes calciques membranaires et les SERCAs qui dans ce cas vont induire une relaxation et un retour à létat basal. Dans le cas de laction dun vasodilatateur, la vasorelaxation peut être induite par trois mécanismes distincts : la baisse du Ca2+ intracellulaire, la baisse de la sensibilité au calcium de lappareil contractile et laction directe sur les protéines du cytosquelette. De plus, la corrélation entre le taux de Ca2+ et la contraction n'est pas permanente : le calcium intracellulaire est très rapidement cytotoxique à des molarités élevées. Il faut donc que la CMLV diminue rapidement ce taux après la contraction. Cependant, les CML sont le plus souvent impliquées dans des fonctions qui réclament des contractions prolongées. Il existe donc des mécanismes qui permettent à la CML de rester contractée en absence de Ca2+.
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| Stéphane Frayon, Carine Cueille, Roger Prat et Jean-Michel Garel | ||||||||||||||
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