Il n'est pas question ici de proposer une méthode de fabrication
industrielle de papyrus mais seulement de montrer de manière
didactique et schématique comment il est possible simplement
de fabriquer un "papyrus" (support d'écriture) à
partir de tiges de papyrus. Ce TP peut être amélioré
et adapté à différents niveaux d'enseignements
y compris à l'école primaire. Il peut également
servir de base à tout lecteur curieux désirant en savoir
plus.
Le matériel utilisé ici consiste en des tiges de Papyrus
achetées chez un fleuriste. Elles mesurent environ 80 cm de longueur
et 10 mm de diamètre ce qui est très inférieur
aux tailles de tiges de papyrus utilisées réellement (3m
de longueur et 4 à 5 cm de diamètre). Nous fabriquerons
ainsi une petite feuille de papyrus de 8 cm x12 cm alors que les feuilles
de papyrus antiques étaient proches de la taille de nos feuilles
actuelles (21 cm x 29 cm).
1-Ecorçage
Il est relativement facile d'enlever une couche fine parallèle
à la surface avec un couteau tranchant ou un cutter. En effet,
toutes les fibres du tissu ont une orientation longitudinale.
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Etapes
successives de l'écorçage d'une tige de papyrus à
l'aide d'un cutter.
La tige est découpée en segments
réguliers de 35 à 45 centimètres. Les segments
de tige sont écorcés (les tissus pigmentés
et durs à l'extérieur de la tige sont ôtés) |
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Ecorçage
d'une tige de papyrus observé en coupe transversale.
Les régions corticales sont éliminées.
Sur la photographie de droite, une coloration par la phloroglucine
chlorhydrique met en évidence (en rouge) les faisceaux conducteurs
lignifiés. |
2-Découpe des lamelles
C'est sur la partie centrale (triangulaire en coupe transversale) que
les opérations suivantes vont être réalisées.
A partir d'une face large de la tige triangulaire, une première
lamelle est découpée, puis les suivantes. Les lamelles
sont de plus en plus étroites. Le triangle terminal est éliminé.
On peut aussi faire tourner la tige de 120° entre chaque découpe
d'une lamelle de tige ce qui permet pour les premières lamelles
de conserver une largeur plus constante.
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Découpage de lamelles
longitudinales dans une tige de papyrus écorcé. |
3-Préparation des lamelles
Les lamelles obtenues sont conservées en milieu humide puis
applaties avec un rouleau à patisserie. Pour obtenir des lamelles
très fines, les industriels les martèlent longuement.
Les cellules vivantes éclatent en libérant leur contenu
cellulaire qui servira de colle et les fibres se trouvent ainsi disposées
dans un plan. Avec la technique utilisée ici, on obtient des
lamelles relativement épaisses.
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Aplatissement des lamelles
à l'aide d'un rouleau à pâtisserie. |
4-Assemblage des lamelles
Une première couche de lamelles humides est disposée
verticalement, soit de façon à ce qu'elles soient aussi
jointives que possible, soit de façon à ce que leurs bords
se recouvrent légèrement ; elles constitueront la couche
inférieure destinée à renforcer le support d'écriture.
Une deuxième couche est disposée par dessus, perpendiculairement
à la première couche, c'est-à-dire longitudinalement
; elle constituera la couche supérieure destinée à
recevoir l'écriture.
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Disposition de la
première couche de lamelles.
Elles sont disposées parallèlement
entre elles avec un léger recouvrement. |
Disposition de la
deuxième couche de lamelles.
Elles sont disposées parallèlement
entre elles avec un léger recouvrement et perpendiculairement
à la première couche. |
5-Pressage
L'ensemble est mis sous presse. Ici nous avons placé le paquet
de lamelles, entouré dessus et dessous de plusieurs épaisseurs
de papier buvard, entre deux planches de bois. Le pressage est obtenu
à l'aide de deux serre-joints. Si l'on dispose d'une petite presse
pour imprimerie, le résultat sera encore meilleur.
Il faut attendre que le système soit parfaitement sec. Au bout
de quelques jours, on peut ouvrir le mécanisme, changer les buvards
et remettre sous presse.
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Pressage. |
Ouverture du système
après séchage. |
6-Résultat
La feuille de papyrus est alors terminée. Compte tenu de la
taille des tiges et du matériel utilisé, elle n'est pas
aussi fine qu'une feuille de papyrus commercialisée.
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Vues de la feuille
sur ses deux faces. |
Malgré son épaisseur, elle ressemble beaucoup, par transparence,
aux vraies feuilles de papyrus. Remarquons que la rigidité dans
une dimension est due aux faisceaux conducteurs lignifiés comme
le montre une coloration par la phloroglucine effectuée sur un
morceau de lamelle
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Feuille de papyrus vue par transparence. |
Coloration par la phloroglucine d'un fragment
de lamelle. |
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