En ce qui concerne les échantillons de papyrus transformé
en support d'écriture, il s'agit dans ce chapitre, soit de papyrus
récent fabriqué selon la technique traditionnelle (Dr
Ragab, Le Caire), soit de papyrus antique.
Les clichés de papyrus antique faits au Laboratoire (sans indication
d'auteur) ont été réalisés avec du matériel
de 2000 ans environ provenant de l'île Eléphantine en Haute-Egypte
offerts par le département des Antiquités Egyptiennes
du Musée du Louvre.
Les clichés de Marie-Caroline de Bignicourt ont été
réalisés sur des échantillons également
fournis par le Musée du Louvre ou bien par l'institut de Papyrologie
de la Sorbonne, sans précision de provenance ni de date à
notre connaissance.
L'examen comparé au microscope à balayage de la surface
de supports en papyrus et celle de papier actuel oppose bien le caractère
laminaire des uns et dispersé des autres.
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Papyrus récent. On
reconnaît l'organisation cellulaire. Microscope électronique
à balayage (MEB). |
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Papyrus antique (MEB). |
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Papier journal,
pâte mécanique (MEB). Les
fibres végétales ont été dissociées. |
A la surface des supports en papyrus aussi bien que dans leur masse,
on reconnaît l'organisation cellulaire.
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Papyrus antique,
face externe du support d'écriture (face exposée
à l'air).
Fibres appartenant à un faisceau
conducteur entourées de parenchyme. Pollution sans doute
par du sable car du silicium a été détecté
à la microsonde (MEB). |
Papyrus antique, face interne (face adhérant
à une autre couche de lamelles) du support d'écriture
(MEB). |
(Clichés
Marie-Caroline de Bignicourt). |
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Papyrus antique
face interne montrant un gros grain d'amidon qui semble, ici,
d'origine externe (MEB).
(Cliché Marie-Caroline de Bignicourt).
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Les cellules observées sont celles des nappes d'aérenchyme
bordant les lacunes aérifères. Malgré l'aplatissement
provoqué, les zones de chevauchement et la structure feuilletée
sont encore discernables.
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Papyrus récent
(MEB).
On voit bien une zone de recouvrement entre
deux lamelles médullaires de la tige. |
Papyrus antique
(MEB).
On reconnaît les contours cellulaires. |
Les coupes transversales montrent l'existence de larges zones d'adhésivité
interpariétale.
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Papyrus récent.
Coupe transversale montrant les zones d'adhésions
des interfaces pariétales (Microscope électronique
à transmission, MET). |
Papyrus récent.
Coupe perpendiculaire aux tissus de la tige
montrant un faisceau de fibres non modifiées (MET). |
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Papyrus
antique.
Coupes transversales de matériau
constitué de cellules d'aérenchyme à différents
grossissements. Les caractères sont comparables à
ceux du matériel récent. Les microfibrilles sont
plus apparentes et réactives, indiquant une réduction
de la matrice au cours du temps (MET). |
Les coupes fines vues en microscopie électronique à transmission
(MET) avec mise en évidence des polysaccharides (constituants
de la cellulose) révèlent l'extraordinaire capacité
de compactage des parois de l'aérenchyme au cours de la transformation
des tissus végétaux en support d'écriture.
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Papyrus récent.
Vue d'ensemble montrant la compacité
des parois de l'aérenchyme (MET). |
Papyrus récent.
Nombreux replis sinueux des parois, on note
l'absence de toute cassure (MET). |
Deux ensembles de propriétés apparaissent :
- une grande souplesse et une plasticité qui permettent des repliements
multiples. Il en résulte la réduction et même la
disparition des espaces luminaux (des lumens de certaines cellules)
et lacunaires (dans le parenchyme lacuneux). Aucune cassure n'est visible.
- les interfaces pariétales entrées en contact restent
adhérentes. L'adhésivité se manifeste sur les deux
faces des parois : côté interne entre les lamelles terminales
(face interne de la paroi cellulaire), côté externe entre
les revêtements polyuroniques (face externe des cellules).
En revanche, les fibres ne sont pas modifiées.
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