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1 - Chez l'oursin
Chez l'oursin, au moment où l'archentéron entre en
contact avec l'épiderme pour former la bouche, son extrémité
antérieure bourgeonne une vésicule coelomique qui se divise
en sacs coelomiques droit et gauche. Celles-ci se placent de manière
symétrique de chaque côté du tube digestif (Fig.51,
52).
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| Figure 51. Détail
d'un pluteus en vue latérale droite. |
Figure 52.
Pluteus face ventrale, coloré pour mettre en évidence
le coelome |
Chaque vésicule coelomique subit une métamérisation
en trois parties ; antérieure, intermédiaire et postérieure.
Les vésicules coelomiques postérieures entourent la poche
stomacale pour former le coelome gastrique. La vésicule coelomique
intermédiaire gauche prend le nom d'hydrocoele (à l'origine
du système aquifère de l'adulte), alors que l'équivalent
droit subit une forte réduction. La vésicule coelomique
antérieure gauche bourgeonne un canal qui se dirige vers l'épiderme
et débouche sur le milieu extérieur. Il s'agit du canal
madréporique.
Parallèlement, une connexion s'établit entre le coelome
antérieur gauche et l'hydrocoele par la formation d'un canal mettant
en communication les deux vésicules. Il s'agit du futur canal du
sable. Enfin, l'épiderme au contact de l'hydrocoele s'invagine
et ébauche une poche destinée à englober l'hydrocoele
(Fig.53). Par analogie avec les mammifères, on donne à
cette structure le nom d'amnios. C'est à partir de cet ensemble
que s'effectura la métamorphose de l'oursin.
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Figure 53. Schéma de
pluteus avec l'emplacement des vésicules coelomiques. |
La poche amniotique ainsi formée avec les dérivés
coelomiques prend le nom de sac échinien. A l'intérieur,
l'hydrocoele évolue en anneau et bourgeonne cinq diverticules.
L'ensemble devient pentagonal et c'est, à partir de cette structure,
que le jeune oursin s'édifie. En dehors du sac échinien,
l'estomac, les coelomes antérieur et postérieur gauches
ainsi que l'ectoderme dorsal du pluteus participent à cette métamorphose.
En conséquence, alors que la métamorphose se poursuit, le
pluteus porte en lui un jeune oursin miniature garni de quelques piquants
et de cinq podia primaires. Puis la cavité amniotique s'ouvre,
le reste du pluteus non utilisé pour la métamorphose est
ingéré par le jeune oursin. Enfin, à mesure que l'ensemble
s'alourdi par le squelette calcaire en formation ainsi que par les premiers
piquants, l'oursin descend vers le fond marin (Fig.54).
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Figure 54. Achèvement
de la métamorphose. (D'après Mc. Bride, 1914, Textbook
of Embryology.) |
2 - Chez les autres échinodermes
A titre de comparaison nous ne verrons que les trois autres groupes,
ophiurides, holothurides et astérides, Dans ces groupes, le plan
fondamental de la métamorphose est similaire à celui de
l'oursin malgré quelques modalités spécifiques (Fig.55).
La métamorphose de la larve auricularia a été plus
particulièrement étudiée dans la page suivante :
métamorphose de la larve auricularia.
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Figure 55. Filiation jusqu'à
la métamorphose des formes larvaires à partir de la
larve dipleurula, dans quatre des cinq groupes d'échinodermes.
Cliquer sur les trois dernières lignes afin de voir les légendes.
(D'après J. Müller,
1850, Abh .Acad. Wiss. Berlin, revu par Dawydoff, 1928, Traité
d'Embryologie comparée des Invertébrés, Masson
et Cie, Ed., repris par G. Trégouboff et M. Rose, 1957, Manuel
de planctonologie méditérranéenne, CNRS, Paris.,
complétée avec des images tirées de T. Mortensen,
1898, Die Echinodermen and Larven der Plancton Expedition, verlag
von Lipsius und Tischer, Kiel und Leipzig. |

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