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Transformation d'un signal physique en un message
biochimique
La sédimentation des amyloplastes dans les statocytes apparait
donc comme l'un des mécanismes majeurs de perception du signal
gravitropique. Cependant, la réponse gravitropique, qui consiste
en une courbure de la racine, suppose une modification des vitesses
d'élongation de part et d'autre de l'axe de la racine. On peut
dès lors s'interroger sur les mécanismes qui relient la
sédimentation des amyloplastes à cette réponse
physiologique. En tout premier lieu, il doit y avoir au niveau des statocytes
transformation du signal physique "sédimentation des amyloplastes"
en un message biochimique.
Expérimentalement, l'emploi d'inhibiteurs des canaux membranaires
étirement-dépendant supprime le gravitropisme. On peut
dès lors supposer que la sédimentation des amyloplastes,
en agissant physiquement sur ces canaux, les active et permet
des modifications de concentrations de certaines substances, qui pourraient
alors jouer le rôle de messagers biochimiques.
On peut dès lors se demander comment la sédimentation
des amyloplastes est reliée à l'activation des canaux
étirement-dépendant.
- On peut supposer simplement que la chute des amyloplastes sur la
membrane de la face inférieure du statocyte pourrait, en étirant
cette membrane, activer les canaux qu'elle contient.
- Une hypothèse complémentaire de la précédente
suppose que les amyloplastes sont reliés au réseau de
filaments d'actine (cytosquelette) existant dans le statocyte. Ces
filaments d'actine seraient eux même reliés à
la membrane de la cellule.
Les mouvements des amyloplastes produiraient donc des tensions dans
les filaments d'actine. Ces tensions se propageraient le long des
filaments jusqu'à la membrane, produisant ainsi l'activation
des canaux sensibles à la déformation.
Quoi qu'il en soit, le passage d'un signal physique
(la sédimentation des amyloplastes) à un signal biochimique
semble donc se faire par le bais de l'ouverture de canaux membranaires
sensibles à la déformation
Intervention du Ca2+ ?
Là encore, rien n'a été clairement démontré
jusqu'à aujourd'hui. On dispose cependant des résultats
expérimentaux suivants :
- Les chélateurs de Ca2+ inhibent le gravitropisme.
(les chélateurs du Ca2+ se fixent au Calcium,
empêchant ainsi son action)
- Les statocytes contiennent de la calmoduline (protéine qui
est activée lorsqu'elle est liée au Ca2+
et peut alors par exemple activer la phosphodiestérase) en
forte quantité.
- Les inhibiteurs des Ca2+-ATPases et de la calmoduline
inhibent le gravitropisme.
Ces faits expérimentaux amènent à suggérer
l'hypothèse suivante : les canaux membranaires étirement-dépendants
activés par la sédimentation des amyloplastes, permettraient
l'entrée de Ca2+ dans la cellule. L'augmentation transitoire
de la concentration de Ca2+ dans la cellule constituerait
donc le signal biochimique qui initierait la réponse gravitropique.
Cependant, il n'a pas encore été possible jusqu'ici de
mettre en évidence une augmentation de la concentration en Ca2+
à l'intérieur de la cellule suite à une stimulation
gravitropique...
Modification des flux d'auxine au sein de la
racine après gravistimulation
L'auxine est une hormone végétale synthétisée
dans l'apex de la tige, qui est ensuite transportée par les vaisseaux
jusqu'à l'extrémité de la racine. Là, l'hormone
est redistribuée vers les tissus périphériques
puis transportée jusqu'à la zone d'élongation.
Cette hormone végétale est susceptible d'intervenir sur
la croissance et la division cellulaire. En ce qui concerne son intervention
dans le gravitropisme, on dispose des données suivantes :
- L'utilisation d'auxine marquée radioactivement a permis de
montrer que la distribution de l'auxine au sein de la racine était
modifiée après gravistimulation. Cette redistribution
débute au niveau de la coiffe pour progressivement concerner
toute l'extrémité de la racine, y compris la zone d'élongation.
- On connait des transporteurs de l'auxine : il s'agit de protéines
membranaires pouvant, selon leur type, faire passer l'auxine de l'intérieur
de la cellule vers l'extérieur ou inversement. De proche en
proche, ce sytème permet un transport de l'auxine au sein de
l'organe. Des plantes présentant des mutations dans les gènes
codant pour ces protéines ont une réponse altérée
au stimulus gravitropique. L'utilisation d'inhibiteurs de ces transporteurs
supprime totalement la réponse gravitropique.
Les variations de la concentration d'auxine au sein des différentes
zones de la racine semblent donc jouer un rôle dans la mise en
place de la réponse gravitropique. Cependant, le mécanisme
exact de la redistribution de l'auxine suite à un stimulus gravitropique,
ainsi que le lien avec ce qui se produit au niveau des statocytes n'est
pas encore élucidé.
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