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et bibliographie]
Et dans les tiges ?
Tout ce qui a été vu jusqu'ici concerne principalement le
gravitropisme racinaire. Qu'en est il du gravitropisme des tiges ?
Dans les tiges, il semble que le stimulus gravitropique soit perçu
au niveau de cellules présentes dans l'endoderme de la zone d'élongation
de la tige. Ces cellules, appelées statocytes tout comme celles
contenues dans la coiffe racinaire, contiennent de volumineux grains
d'amidons qui sédimentent sous l'effet de la pesanteur, et qui
sont donc aussi appelés statolithes.
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Coupe transversale
dans une tige de véronique (Veronica arvensis), coloration
au lugol.
P : parenchyme, C : cambium,
Ph : Phloème, M : moïlle, v : vaisseau,
S : statocyte, st : statolithes |
Photographie D. Driss-Ecole, laboratoire CEMV, université Paris
6.
Cette sédimentation déclencherait l'activation de transporteurs
membranaires actifs de l'auxine. L'action de ces transporteurs créerai
un gradient d'auxine entre les face inférieures et supérieures
de la tige. Les concentrations d'auxine présentes dans la tige
correspondent, par opposition à ce qui existe dans la racine,
à la zone où une augmentation de concentration d'auxine
augmente l'élongation cellulaire.
La courbure se fait de la même façon que dans la racine,
par une différence d'élongation des cellules entre les
faces inférieures et supérieures de la tige. Le signal
responsable de cette modulation de l'élongation cellulaire serait
donc ici aussi l'apparition de gradients latéraux de la concentration
d'auxine consécutive à la stimulation gravitropique.
Dans le cas des tiges, tout comme pour les racines, de nombreuses incertitudes
demeurent quant aux voies de transduction et de transmission intervenant
dans la réponse gravitropique.
Conclusion et perspectives
La gravité est, sur Terre, présente de façon constante.
En cela, elle représente un facteur environnemental très
important pour les espèces végétales. Ainsi, le gravitropisme
est un phénomène présent chez quasiment toutes les
plantes. Les mécanismes exacts qui interviennent dans sa réalisation
sont aujourd'hui encore très mal connus. Cependant, les progrès
réalisés au cours des dernières années en
génétique permettront sans doute à plus ou moins
court terme d'identifier les gènes intervenant dans le gravitropisme,
et partant de là, de mieux "décortiquer" les voies de transduction
et de transmission du stimulus gravitropique. L'exploration de cette voie
de recherche a d'ores et déjà débuté et fournit
des résultats intéressants.
D'autre part, la réalisation d'expériences scientifiques
au cours des missions spatiales, seul moyen de travailler dans un environnement
où la gravité est réellement négligeable,
a permis et permettra d'intéressantes découvertes sur
le gravitropisme végétal. En effet, il existe des moyens
de "mimer" l'absence de pesanteur en laboratoire : la méthode
du clinostat par exemple consiste
à placer les échantillons sur un tambour en rotation lente
de telle sorte que les forces dues à l'action de la gravité
s'annulent pour un tour complet du système.
Cependant, les résultats obtenus avec cette méthode ne
sont pas toujours exactement les mêmes que ceux obtenus en véritables
conditions d'apesanteur...
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