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Les sciences de la vie et de la Terre au lycée
| Sommaire |
1. Les sciences de la vie et de la Terre dans le parcours de l’élève en lycée
Les objectifs de l’enseignement des sciences de la vie et de la Terre
Au lycée, les sciences de la vie et de la Terre sont une voie de motivation et de réussite pour la poursuite
de la formation scientifique après le collège et la préparation à l’enseignement supérieur
; elles participent également à l’éducation en matière de santé, sécurité,
environnement, de tout élève qui choisira une orientation vers des filières non scientifiques.
La discipline vise trois objectifs essentiels :
- aider à la construction d’une culture scientifique commune fondée sur des connaissances considérées
comme valides tant qu'elles résistent à l'épreuve des faits (naturels ou expérimentaux)
et des modes de raisonnement propres aux sciences ;
- participer à la formation de l’esprit critique et à l'éducation citoyenne par la prise de conscience
du rôle des sciences dans la compréhension du monde et le développement de qualités intellectuelles
générales par la pratique de raisonnements scientifiques ;
- préparer les futures études supérieures de ceux qui poursuivront sur le chemin des sciences et, au-delà,
les métiers auxquels il conduit ; aider par les acquis méthodologiques et techniques ceux qui s’orienteront
vers d’autres voies.
Trois thématiques structurantes
Pour atteindre ces objectifs, les programmes s’articulent autour de trois grandes thématiques qui, dans une large mesure, ne sont pas indépendantes.
La Terre dans l’Univers, la vie et l’évolution du vivant. Il s’agit de montrer – dans le
cadre des domaines propres aux sciences de la vie et de la Terre – que la science construit, à partir de méthodes
d’argumentation rigoureuses fondées sur l’observation du monde, une explication cohérente de
son état, de son fonctionnement et de son histoire. Au-delà de la perspective culturelle, cette ligne de
réflexion prépare aux métiers les plus proches des sciences fondamentales (recherche, enseignement).
Enjeux planétaires contemporains. Il s’agit de montrer comment la discipline participe à l’appréhension
rigoureuse de grands problèmes auxquels l’humanité d’aujourd’hui se trouve confrontée.
Au-delà de la préoccupation citoyenne qui prépare chacun à l’exercice de ses responsabilités
individuelles et collectives, la perspective utilisée ici conduit aux métiers de la gestion publique, aux
professions en lien avec la dynamique de développement durable et aux métiers de l’environnement (agronomie,
architecture, gestion des ressources naturelles).
Corps humain et santé. Centrée sur l’organisme humain, cette thématique permet à chacun
de comprendre le fonctionnement de son organisme, ses capacités et ses limites. Elle prépare à l’exercice
des responsabilités individuelles, familiales et sociales et constitue un tremplin vers les métiers qui se
rapportent à la santé (médecine, odontologie, diététique, épidémiologie).
Ces trois thématiques ne sont en rien des catégories rigides mais bien des directions de réflexion. Elles ne se substituent pas aux découpages traditionnels de la discipline (biologie et géologie par exemple) et conduisent à la découverte progressive des grands domaines qu’elle recouvre. En particulier, les sciences de la Terre conservent une originalité qu’il convient de ne pas nier. Les thèmes généraux aident à montrer la cohérence globale du champ intellectuel concerné, centré sur un objet d’étude – la nature – et des méthodes fondées sur la confrontation entre les idées scientifiques et les faits – naturels ou expérimentaux. Elles aident aussi à situer l’enseignement dispensé dans la perspective de la construction d’un projet de vie propre à chaque élève.
Dans chaque thématique, la construction des savoirs se réalise peu à peu tout au long de la scolarité. Cette continuité est conçue pour faciliter la progressivité des apprentissages, sans pour autant empêcher la souplesse nécessaire à l’élaboration d’un parcours de formation pour chaque élève.
Les sciences de la vie et de la Terre dans le nouveau lycée
L’enseignement des sciences de la vie et de la Terre prend en compte les objectifs généraux de la
réforme des lycées.
Pour participer à l’affirmation du caractère généraliste de la seconde, le programme
de sciences de la vie et de la Terre fait le choix d’aborder une palette de thèmes variés et, par conséquent,
accepte de ne pas trop les approfondir. Il s’agit de montrer la diversité des sujets qu’abordent les
sciences de la vie et de la Terre dans l’espoir que chaque élève y trouvera matière à répondre à ses
attentes. Les bases ainsi établies, le plus souvent à partir d’étude d’exemples concrets
et motivants, conduiront, dans les classes ultérieures, à des approfondissements, des généralisations,
des approches complémentaires. Ces bases larges permettront à l’élève de déterminer
ses choix pour le cycle terminal en connaissance de cause.
Pour participer à une meilleure information des élèves sur les possibilités qui s’offrent à eux,
audelà même du lycée, le programme s’organise, comme cela a été souligné,
autour de thématiques qui aident au repérage de grands secteurs d’activités professionnelles.
En outre, chaque fois que cela sera possible, les professeurs saisiront les occasions offertes afin d’attirer l’attention
sur des métiers plus précis, dont l’exercice professionnel présente un certain rapport avec
les questions abordées en classe.
Pour participer à la facilitation des corrections de trajectoires, le programme sera organisé en prenant
en compte trois préoccupations. Certaines thématiques abordées seront communes aux classes de première
scientifiques et non scientifiques (avec un niveau de précision différent). Certaines thématiques
de classe de première scientifique seront traitées de telle sorte que seules leurs conclusions les plus générales
soient nécessaires en terminale. Certaines thématiques de terminale scientifique se situeront directement
dans la continuité des acquis de la classe de seconde.
Pour participer à la prise en compte de la diversité des élèves, une grande marge de liberté est
laissée aux professeurs, seuls à même de déterminer les modalités pédagogiques
adaptées à leur public. En outre, il est toujours possible de diversifier les activités à l’intérieur
d’une même classe pour traiter un même point du programme.
2. Les conditions d’exercice de la liberté pédagogique du professeur
Le programme est conçu pour laisser une très large place à la liberté pédagogique du
professeur et/ou de l’équipe disciplinaire. Cette liberté porte sur les modalités didactiques
mises en oeuvre, sur l’ordre dans lequel seront étudiés les thèmes, sur les exemples choisis
ainsi que, dans une mesure raisonnable, sur l’ampleur de l’argumentation développée dans le cadre
de tel ou tel sujet. C’est pour respecter la liberté de choix d’exemples que les objectifs de formation
sont définis avec un grand degré de généralité. Ces exemples, toujours localisés,
seront choisis, pour certains au moins, dans un contexte proche.
Néanmoins, la liberté pédagogique ne saurait émanciper des objectifs de formation rappelés
cidessus. Pour aider à atteindre ces objectifs, quelques principes didactiques généraux sont rappelés
ci-dessous, dont il convient de faire un usage adapté.
Les compétences : une combinaison de connaissances, capacités et attitudes
L’acquisition des connaissances reste un objectif important de l’enseignement, mais il doit être replacé dans
un tout dont font aussi partie capacités et attitudes. L’affirmation de l’importance de cette formation
intellectuelle et humaine explique le niveau de généralité des exigences de connaissances. Connaissances,
capacités et attitudes sont trois objectifs de formation de statuts également respectables. Ceci conduit à leur
porter la même attention au moment de la conception des mises en oeuvre pédagogiques, y compris les évaluations.
Celles-ci prendront en compte, chaque fois que possible, ces trois objectifs de formation.
Si les connaissances scientifiques à mémoriser sont raisonnables, c’est pour permettre aux enseignants
de consacrer du temps à faire comprendre ce qu’est le savoir scientifique, son mode de construction et son évolution
au cours de l’histoire des sciences.
La démarche d’investigation
La poursuite des objectifs de formation méthodologique implique généralement que l’on mette
en oeuvre une pédagogie active, au cours de laquelle l’élève participe à l’élaboration
d’un projet et à la construction de son savoir. La démarche d’investigation, déjà pratiquée à l’école
primaire et au collège, prend tout particulièrement son sens au lycée et s’appuie le plus souvent
possible sur des travaux d’élèves en laboratoire. Des activités pratiques, envisageables pour
chacun des items du programme, seront mises en oeuvre chaque fois que possible. Le professeur s’assurera que les élèves
utilisent des méthodes et outils différenciés sur l’ensemble de l’année. Ainsi,
chaque élève rencontrera dans les meilleures conditions l’occasion d’aller sur le terrain, de
disséquer, de préparer et réaliser des observations microscopiques, d’expérimenter avec
l’aide d’un ordinateur, de modéliser, de pratiquer une recherche documentaire en ligne, etc.
L’activité expérimentale offre la possibilité à l’élève de répondre à une
situation-problème par la mise au point d'un protocole, sa réalisation, la possibilité de confrontation
entre théorie et expérience, l'exploitation des résultats. Ainsi, l'élève doit pouvoir élaborer
et mettre en oeuvre un protocole comportant des expériences afin de vérifier ses hypothèses, faire
les schématisations et les observations correspondantes, réaliser et analyser les mesures, en estimer la
précision et écrire les résultats de façon adaptée.
Il est d’usage de décrire une démarche d’investigation comme la succession d’un certain
nombre d’étapes types :
- une situation motivante suscitant la curiosité,
- la formulation d’une problématique précise,
- l’énoncé d’hypothèses explicatives,
- la conception d’une stratégie pour éprouver ces hypothèses,
- la mise en oeuvre du projet ainsi élaboré,
- la confrontation des résultats obtenus et des hypothèses,
- l’élaboration d’un savoir mémorisable,
- l’identification éventuelle de conséquences pratiques de ce savoir.
Ce canevas est la conceptualisation d’une démarche type. Le plus souvent, pour des raisons variées,
il convient d’en choisir quelques aspects pour la conception des séances. C’est là aussi un espace
de liberté pédagogique pour le professeur qui vérifiera toutefois qu'à l'issue de l’année,
les différentes étapes auront bien été envisagées.
Pour que la démarche d’investigation soit un réel outil de formation, une vision qualitative plutôt
que quantitative est préférable : mieux vaut argumenter bien et lentement qu’argumenter mal et trop
vite. Cette démarche constitue le cadre intellectuel approprié pour la mise en oeuvre d’activités
de laboratoires, notamment manipulatoires et expérimentales, indispensables à la construction des savoirs
de la discipline.
Les technologies de l’information et de la communication
Les technologies de l’information et de la communication seront mises en oeuvre en de nombreuses circonstances.
Il pourra s’agir de technologies généralistes dont on fera ici un usage spécialisé, notamment
internet en utilisation conjointe avec des techniques de laboratoire classiques. Mais on veillera aussi à développer
les savoir-faire des élèves relativement aux technologies plus spécialisées, comme par exemple
l’expérimentation assistée par ordinateur, technique indispensable pour une formation moderne et efficace
des élèves.
L’usage de logiciels, généralistes ou spécialisés, est encouragé. Les sciences
de la vie et de la Terre participent à la préparation du B2i niveau lycée.
Les productions pédagogiques, les travaux d’élèves, gagneront à être exploités,
en classe et hors de la classe dans le cadre d’un environnement numérique de travail (ENT).
La pratique de démarches historiques
L’approche historique d’une question scientifique peut être une manière originale de construire une démarche d’investigation. L’histoire de l’élaboration d’une connaissance scientifique, celle de sa modification au cours du temps, sont des moyens utiles pour comprendre la nature de la connaissance scientifique et son mode de construction, avec ses avancées et éventuelles régressions. Il conviendra de veiller à ce que cette approche ne conduise pas à la simple évocation d’une succession événementielle et à ne pas caricaturer cette histoire au point de donner une fausseidée de la démonstration scientifique : si certains arguments ont une importance historique majeure, il est rare qu’un seul d’entre eux suffise à entraîner une évolution décisive des connaissances scientifiques ; de même, il serait vain de prétendre faire « réinventer » par les élèves, en une ou deux séances, ce qui a nécessité le travail de plusieurs générations de chercheurs.
L’approche de la complexité et le travail de terrain
Le travail de terrain est un moyen privilégié pour l’approche de situations complexes réelles.
Le programme de seconde comporte plusieurs items qui se prêtent bien à la réalisation d’un travail
hors de l’établissement (sortie géologique, exploration d'un écosystème, visite de musée
scientifique, d'entreprise, de laboratoire). Un tel déplacement permettra souvent de collecter des informations
utiles pour plusieurs points du programme et susceptibles d’être exploitées à plusieurs moments
de l’année. Un tel travail de terrain doit s’exercer en cohérence avec un projet pédagogique
pensé dans le contexte de l’établissement.
Les activités en laboratoire doivent aussi être l’occasion d’aborder des tâches complexes. À partir
d’une question globale elles sont l’occasion de développer les compétences des élèves
et leur autonomie de raisonnement.
L’autonomie des élèves et le travail par atelier
Le lycéen, dès la seconde, doit se préparer à une autonomie de pensée et d’organisation
qui lui sera indispensable pour réussir ses études supérieures. Les travaux pratiques se prêtent
particulièrement au développement de cette compétence. Pour y parvenir, il est bon de concevoir les
séances afin que l’élève dispose d'une certaine marge de manoeuvre dans la construction de sa
démarche.
La liberté de choix sera parfois exploitée en différenciant les exemples étudiés au
sein d’une même classe. Chaque groupe d’élèves a alors en charge l’organisation autonome
de son travail, sous la conduite du professeur. Échanges et débats conduisent ensuite à tirer des
conclusions plus générales que l’étude collective d’un exemple unique ne le permettrait.
Ils sont en outre l’occasion de développer les qualités d’expression et d’écoute.
L’évaluation des élèves
Dès la classe de seconde, les évaluations formatives jouent un rôle important pour aider les élèves à s’adapter à leur
nouveau cadre de travail.
Les dimensions diagnostique, formative et sommative en termes de connaissances, de capacités et d’attitudes
ont chacune leur utilité. Le professeur choisit des supports pertinents afin d’aider les élèves
le long de leur parcours. Il facilite ainsi un accompagnement personnalisé permettant un suivi des apprentissages
et une orientation éclairée.
Sans exagérer le temps annuel consacré à l’évaluation sommative, il convient de concevoir
des contrôles réguliers, de durées variées et ciblés sur quelques compétences
bien identifiées qui varient d’un contrôle à l’autre. L’organisation précise
des évaluations dépend de la classe et constitue, tout au long du lycée, un cheminement progressif
qui conduit au baccalauréat.
Les activités pratiques individuelles des élèves, qu’il convient de développer chaque
fois que possible, sont également l’occasion d’évaluer les acquisitions des capacités
techniques et expérimentales. Non seulement le suivi de l’acquisition de capacités expérimentales
permet de vérifier le développement d’une forme de rigueur de raisonnement spécifique aux sciences
expérimentales, mais encore, c’est une préparation progressive, indispensable dès la classe
de seconde, à une forme d’évaluation que les élèves pourront rencontrer au baccalauréat
et au cours de leurs études supérieures. L’évaluation de la capacité à communiquer à l’oral
est à renforcer.
3. Les sciences de la vie et de la Terre, discipline d’ouverture
Les sciences de la vie et de la Terre sont une discipline ouverte sur les grands problèmes de la société contemporaine, comme le montrent les intitulés du programme eux-mêmes.
Les préoccupations éducatives
Les nombreuses connexions avec les objectifs éducatifs transversaux (santé, environnement, etc.) seront mises en évidence le plus souvent possible.
La convergence avec d’autres disciplines
Au-delà de la parenté avec les autres sciences expérimentales que sont les sciences physiques et chimiques, les programmes de sciences de la vie et de la Terre fournissent l’occasion d’interactions avec d’autres disciplines, notamment avec les mathématiques (par la formalisation utilisée et la sensibilisation à une approche statistique), la géographie (thèmes de l’énergie et de l’eau) et l’EPS (thème activité physique).
L’histoire des arts
En continuité avec les préconisations contenues dans les programmes de collège, il est bon de souligner
que les sciences de la vie et de la Terre peuvent être l’occasion d’intéressantes relations avec
l’enseignement d’histoire des arts. Les professeurs choisiront, en cohérence avec le mode d’organisation
de l’enseignement de l’histoire des arts dans l’établissement, les modalités d’interactions
qui leur conviennent.
Plusieurs sujets abordés dans le programme s’y prêtent, bien que le choix soit fait de ne pas le souligner
au cas par cas le long du déroulé du programme afin de laisser toute liberté de mise en oeuvre aux équipes.
A titre d’exemple, on peut citer les évocations littéraires de la biodiversité ou sa représentation
picturale; la statuaire du corps humain au cours d’un exercice sportif. Les évocations littéraires
de la vie des mineurs renseignent sur des conditions d’exploitations souvent révolues aujourd’hui. La
représentation d’animaux ou végétaux actuels ou disparus met en scène un dialogue entre
les connaissances scientifiques et les pratiques artistiques; etc.