Didier Pol, Travaux pratiques de Physiologie Animale,
9 Quai saint Bernard - Biologie et Multimédia
Un peu d'histoire
C'est en 1628 que W. Harvey découvrit la circulation
du sang. Il démontra, en évaluant la quantité
de sang éjecté par le cur à chaque contraction,
qu'en une heure le cur déplace une masse de sang égale
à trois fois le poids du corps. C'est pourtant seulement
en 1730 que la pression sanguine fut mesurée pour la première
fois par S. Hales avec un manomètre relié par une
canule à l'artère crurale d'un cheval. Cent ans
plus tard, en 1828, J.L.M. Poiseuille fit les mêmes mesures
avec un manomètre à mercure dont les unités
(mm ou cm de mercure) sont encore utilisées en pratique
médicale, en contradiction avec le système international
d'unités accepté universellement aujourd'hui. La
méthode courante en pratique clinique a été
inventée en 1905 par P. Korotkow. Elle consiste à
mesurer au manomètre la contre pression exercée
sur une artère par un brassard gonflable tout en auscultant
l'artère.
L'enregistrement graphique direct de la pression artérielle
avec un manomètre relié par un cathéter
à une artère montre des oscillations périodiques
synchrones avec le cycle cardiaque. La pression varie à
chaque cycle cardiaque entre une valeur minimale d'environ 10
kPa (80 mm Hg), la pression diastolique (PD), et une valeur maximale
d'environ 16 kPa (120 mm Hg), la pression systolique (PS).
Enregistrement manométrique de la pression
artérielle
* : pression systolique ; ** : pression diastolique ; S : accident
dû à la fermeture des valvules sigmoïdes.
Méthode de mesure
non invasive
La mesure non invasive de la pression artérielle s'effectue
avec un sphygmomanomètre (sphygmos : pouls ; manomètre
: mesure de pression) et un stéthoscope.
Sphygmomanomètre (tensiomètre)
Sthétoscope
Le sphygmomanomètre est constitué d'un brassard
gonflable relié à une poire et à un manomètre
gradué en mm de mercure qui mesure la pression dans le
brassard. La poire de gonflage est munie d'une valve permettant
à l'air du brassard de s'évacuer. Le stéthoscope
sert à détecter le pouls artériel ce qui
peut aussi être fait avec le bout des doigts.
Principe de la mesure
Il s'agit d'amener d'abord la pression du brassard (PB) à
une valeur supérieure à la pression systolique
pour bloquer la circulation artérielle dans le bras. On
laisse ensuite la pression du brassard diminuer progressivement
jusqu'à la valeur limite à partir de laquelle la
pression artérielle est suffisante pour laisser de nouveau
passer le sang dans l'artère. C'est la pression systolique.
En poursuivant le dégonflage, on amène la pression
du brassard à une valeur à partir de laquelle il
n'y a plus d'obstacle au flux artériel même lorsque
le cur est en diastole. C'est la pression diastolique. Le schéma
ci-dessous montre la relation entre pression artérielle,
pression dans le brassard et bruits de l'artère.
PB > PS : absence de
bruits
PB = PS : apparition des
bruits
PD < PB < PS :
les bruits augmentent d'intensité puis s'atténuent
PB = PD :
disparition des bruits
Le stéthoscope permet d'identifier les deux moments
clés de la mesure en écoutant le pouls de l'artère
brachiale. Lorsque le brassard est gonflé au dessus de
la pression systolique on n'entend rien puisque le sang ne passe
pas. En dégonflant lentement le brassard, on commence à
détecter le pouls artériel dès que l'on passe
en dessous de la pression systolique car désormais le sang
recommence à circuler et se fait entendre à chaque
systole. Le brassard continuant à se dégonfler,
on n'entend plus le pouls artériel dès que l'on
passe en dessous de la pression diastolique.
Pratique de la mesure
On mesure généralement la pression dans l'artère
brachiale. Pour cela, le brassard est placé autour du
bras et le stéthoscope sur la saignée du coude
à l'emplacement où le pouls est détectable
avec le bout des doigts..
Fermeture de la valve
On gonfle le brassard avec la poire, valve fermée, jusqu'à
une valeur de quelque 130 à 140 mm de Hg pour interrompre
la circulation dans l'artère.
Gonflage à une pression supérieure
à PS
Faire bien attention à ne pas maintenir longtemps le
brassard gonflé. On écoute dans le stéthoscope
tout en dévissant légèrement la valve pour
faire diminuer lentement la pression du brassard. Dès que
le pouls devient audible, on note la valeur de la pression lue
sur le manomètre. Le brassard continuant à se dégonfler
progressivement, on note la seconde valeur de pression dès
que le pouls devient inaudible.
Pression du brassard < PD
La pression artérielle s'exprime donc par deux valeurs.
Dans le milieu médical, les valeurs de pression artérielle
("tension") sont généralement indiquées
en cm de mercure (Hg).
Dans la tranche d'âge 20-24 ans, 90 % des hommes ont des
valeurs comprises entre 60 et 80 mm de Hg pour le minimum et 105
à 140 mm de Hg pour le maximum. Chez les femmes, les valeurs
sont comprises dans les fourchettes 60 - 85 mm de Hg et 100 -
130 mm de Hg. Ne pas laisser le brassard gonflé sur le bras plus que
le temps nécessaire à la mesure.
Trucs et astuces
Le bras doit être en extension et en supination, l'avant
bras et le dos de la main reposant sur un support situé
plus bas que l'épaule.
Rechercher l'artère brachiale au niveau de la saignée
du coude en pressant suffisamment avec le bout de l'index, du
majeur et de l'annulaire accolés jusqu'à détecter
le pouls. Placer le stéthoscope à cet endroit.
Recherche du pouls brachial
Mise en place du stéthoscope
S'entraîner à écouter le pouls brachial
au stéthoscope.
Faire une mesure sur chaque bras et prendre la moyenne des
deux.
Si l'on échoue à mesurer la pression artérielle
sur un bras, recommencer sur l'autre bras.
Laisser un temps de repos suffisamment long entre deux mesures
sur le même bras.
Les vêtements à manches longues ne conviennent
pas.
Vous ne voyez pas le menu en haut ? Alors cliquez ici
pour revenir à notre page d'accueil !