Dossier

Les trithérapies antirétrovirales

David Germanaud
Mise en ligne et figures : Gilles Furelaud

 

   Depuis le milieu des années 90, avec le développement par l'industrie pharmaceutique de molécules anti-VIH (antirétrovirales) autres que l'AZT, sont apparues les nouvelles stratégies de traitement de l'infection par le VIH (Virus d'Immunodéficience Humaine) connues sous de nom de trithérapies.
   Il s'agit d'associations de trois médicaments inhibant la réplication du VIH. Elles permettent de diminuer la quantité de virus circulant dans l'organisme (charge virale en nombre de copies du génome viral/mL de plasma) et surtout de faire remonter le nombre de lymphocytes T auxilliaires (taux de lymphocytes T CD4+ en nombre de cellules/mL de plasma) dont la raréfaction traduit l'affaiblissement du système immunitaire par le virus (immunodépression).

   Par rapport aux monothérapies à l'AZT seul, ces traitements sont d'une efficacité majeure et surtout durable, responsable de l'amélioration considérable de la survie des personnes infectées par le VIH. En rétablissant indirectement le fonctionnement immunitaire, ils préviennent l'apparition des maladies opportunistes (qui ne se développent que chez les immunodéprimés) caractéristiques du stade évolué de l'infection par le VIH et responsables de sa mortalité (stade SIDA ou Syndrome d'ImmunoDéficience Acquise).
   Cependant, les trithérapies ne guérissent pas de l'infection par le VIH. Tout arrêt du traitement est suivi à plus ou moins court terme d'une réaugmentation de la charge virale et d'une rediminution des taux de lymphocytes T auxiliaires. De plus, ces médicaments sont responsables d'effets secondaires importants, souvent transitoires, mais aussi à long terme. Enfin, des résistances du virus aux différents médicaments peuvent apparaître au fil du traitement, d'autant plus que celui-ci est mal suivi.
   Les trithérapies sont donc des traitements à vie, toujours contraignants et parfois pénibles, susceptibles de perdre leur efficacité. Ils ne dispensent en aucun cas et pour personne des mesures de prévention de la transmission du VIH, essentiellement par l'utilisation de préservatif.

Ce dossier se compose de 7 documents complémentaires. Pour chaque document, les points fondamentaux sont résumés dans des encarts "A retenir".

sommaire

1- Rappels sur la réplication du virus et l'histoire naturelle de l'infection par le VIH

2- Différentes classes d'antirétroviraux : de l'AZT aux inhibiteurs de fusion

3- Intérêt des associations d'antirétroviraux : les trithérapies

4- Effets secondaires des trithérapies : la difficulté de l'observance du traitement

5- L'émergence de résistance virale aux trithérapies : des mutations adaptatrices

6- Indication du traitement : un problème médical complexe

7- Rappel sur les mesures de prévention de la transmission du VIH. Conclusion

 

A voir aussi en complément : le dossier "le virus du SIDA".

Contact :

 

 

 

Remerciements

Merci beaucoup aux membres du laboratoire Biologie et Mutimédia pour leur relecture attentive : Michèle Mosiniak, Caroline Benlot, Nicole Blanchouin.

 

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