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Dossier - Lévonorgestrel et RU-486 [Sommaire] [Molécules] [Contraception] [IVG] [Modes d'action] [Bilan]
3- RU-486 et IVG
Le RU-486 est un analogue structural de la progestérone (voir la structure).
Cette molécule, découverte en France en 1980, se fixe avec une
grande affinité sur le récepteur de la progestérone.
Le RU-486, aussi appelé mifépristone, est en général
incapable d'activer le récepteur de la progestérone : Il agit
alors comme un antagoniste de la progestérone (anti-progestatif). C'est
essentiellement cette action antiprogestative qui permet d'utiliser cette molécule
lors des Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG), mais aussi lors des Interruptions
Thérapeutiques de Grossesse (ITG).
Il est aussi à signaler que cette molécule peut être utilisée
dans un but de contraception d'urgence, et
que les effets moléculaires précis du RU-486 sont complexes, et
dépendent du contexte cellulaire (voir "RU-486
et récepteur de la rrogestérone").
Le RU-486, principe actif des pilules "abortives"
Le RU-486 présente une action anti-progestative sur l'utérus gravide. En effet, cette molécule provoque :
Rappelons que la progestérone est "l'hormone de la gestation"
: présente lors de la phase lutéale et lors de la grossesse, elle
a, entre autres, pour effet d'inhiber les contractions utérines. Le RU-486
lève cette inhibition.
Dans le même ordre d'idées, l'insuffisance lutéale (insuffisance
en progestatifs due à une inactivation du corps jaune) a été
invoquée pour expliquer certaines fausses couches spontanées du
premier trimestre de grossesse.
Ces propriétés font que le RU-486 peut être utilisé lors d'Interruptions de Grossesse. On peut distinguer deux types d'utilisation, selon qu'il s'agit d'IVG ou d'ITG.
RU-486 et IVG
Le RU-486 est utilisable pour une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse),
au terme maximal de 49 jours d'arrêt des règles (aménorhée).
Cette utilisation est réalisée sous contrôle médical,
dans un centre habilité. La femme enceinte prend 3 comprimés de
Myfégyne® (RU-486). Le RU-486 prépare ainsi l'utérus
à l'avortement. Deux jours plus tard, on administre des prostaglandines
(comprimés par voie orale ou vaginale) qui induisent des contractions
de l'utérus, facilitées en cela par l'action du RU-486. Sous l'effet
de ces contractions, l'embryon se décolle, et est évacué
par les voies naturelles.
L'efficacité de cette méthode est de l'ordre de 95 à 98%.
RU-486 et ITG
Le RU-486 est aussi utilisé dans le cadre d'une ITG (Interruption Thérapeutique
de Grossesse) : 2 jours avant son hospitalisation, on administre de la Myfégyne®
à la femme enceinte. Ceci facilite l'action des prostaglandines qui seront
utilisées lors de l'intervention.
De même, une administration de RU-486 facilitera aussi l'action des prostaglandines
lors de l'expulsion d'un foetus mort in utero.
RU-486 et IVG, quelques chiffres (1997)
Selon les sources du ministère de la santé, les IVG "médicamenteuses",
par RU-486, ne concerne que 18,88 % des IVG pratiquées en France. Ceci
est expliquable par le fait que ce type d'IVG ne se pratique que très
tôt dans la grossesse, et que, en 1997, 17% des structures publiques et
60% des structures privées ne proposaient pas aux femmes ce type d'IVG.
Pourtant, ces IVG présentent l'intérêt d'être moins
traumatisantes pour l'utérus qu'une manoeuvre instrumentale par exemple,
et sont à l'origine de moins de séquelles.
Chiffres des IVG en France pour l'année 1997 (source : ministère de la santé)
| IVG RU-486 |
38 676
|
| IVG total |
204 903
|
| % RU / IVG |
18,88
|
| Nbre IVG public |
131 576
|
| Nbre IVG privé |
73 327
|
| % IVG public |
64,2
|
| Nbre accouchement |
748 289
|
| Nbre IVG |
204 903
|
| % IVG / accouchements |
27,4
|
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