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Qu’appelle-t'on « bon » et « mauvais » cholestérol ?
Gilles Camus
Publié le 22 janvier 2010
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Lorsqu’on évoque les problèmes liés à des déséquilibres alimentaires, il est de coutume de parler de « bon » et de « mauvais » cholestérol. Pourtant, à priori le cholestérol est une molécule dont la structure, unique, est bien définie. Alors quelle est la différence entre le « bon » et le « mauvais » cholestérol ?
II- La structure du cholestérol
Les lipides constituent une famille très hétérogène d’un point de vue structural, mais possédant une caractéristique commune : une solubilité dans l’eau faible voir inexistante, et inversement une solubilité forte à très forte dans les solvants organiques non polaires.
Le cholestérol pour sa part est un lipide de la famille des stérols, c'est-à-dire qu’il est basé sur un noyau stéroïde polycyclique issu de la condensation de quatre cycles et possédant un alcool secondaire.
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| Figure 1 : représentation du cholestérol en structure plane. Cette molécule est composée de 4 cycles notés A, B, C et D, et possède une fonction hydroxyl (alcool). Cette fonction est importante car elle peut réagir avec des acides gras pour donner des esters de cholestérol. |
L’alcool secondaire peut réagir avec l’acide carboxylique d’un acide gras pour donner un ester de cholestérol, formant la famille des stérides.
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| Figure 2 : représentation d'un stéride en structure plane. Un stéride est composé d'une molécule de cholestérol reliée par une liaison ester (liaison entre une fonction alcool et une fonction acide carboxylique) à un acide gras. Bien entendu, selon l'acide gras lié, on obtient différents types de stérides. Dans le cas de la molécule représentée pour exemple, cet acide gras est l'acide palmitique ou palmitate puisqu'il est saturé et composé de 16 atomes de carbones. Il est à noter que le palmitate est l'acide gras initialement synthétisé par l'acide gras synthétase, l'enzyme de synthèse des acides gras, tous les autres acides gras susceptibles d'être produits par nos cellules dérivant de modifications ultérieures de celui-ci. |
III- Quelques rôles du cholestérol
Le cholestérol est essentiellement retrouvé chez les animaux et les champignons. Chez les végétaux on trouve des molécules assez proches : les phytostérols. Par contre on ne retrouve pas de cholestérol chez les procaryotes (bactéries et archées).
Il s’agit d’un des constituant important des membranes biologiques (jusqu'à 50% des lipides membranaires en nombre) dont il augmente l'imperméabilité vis à vis des molécules hydrophiles, et dont il participe à la régulation de la viscosité. On parle de rôle tampon car il a tendance à fluidifier les membranes à basse température et à limiter l'augmentation de la fluidité membranaire à haute température (membrane ni trop rigide, ni trop désorganisée).
Mais son rôle est loin de se limiter à un rôle structural, aussi important soit-il. C’est également un précurseur de nombreuses molécules biologiques importantes telles que les hormones stéroidiennes (testostérone, œstrogène, etc…), les acides biliaires (impliqués dans la digestion, ils permettent d'émulsionner les acides gras en vue de leur digestion) et certaines vitamines (vitamine D).
Un autre rôle important est son implication dans le transport des lipides dans l'organisme.
IV- Le transport du cholestérol dans l’organisme
Les besoins en cholestérol d'un organisme sont d'environ 1g par jour. Il existe deux sources : l'alimentation et la biosynthèse de novo. Deux organes sont particulèrement importants dans le métabolisme du cholestérol : le foie et l'intestin. Tous les deux sont des organes producteurs (le foie en étant le principal), l'intestin assurant en plus l'absorption des lipides alimentaires, et tous les deux ont un rôle central dans le mécanisme de transport du cholestérol et des lipides en général dans l'organisme.
En effet, les lipides étant hydrophobes, il faut les solubiliser pour que le sang puisse les véhiculer dans l'organisme. Cette solubilisation est obtenue par la formation de particules lipoprotéiques contenant du cholestérol, des triacylglycérols et des protéines appellées apoprotéines. Les lipides les plus hydrophobes (les triacylglycérol et les esters de cholostérol) sont au centre de ces particules. A la périphérie, on trouve des molécules moins hydrophobes, amphiphiles (avec une partie hydrophobe tournée vers le coeur et une partie hydrophile tournée vers l'extérieur) : les apoprotéines et certains lipides comme le cholestérol non estérifié (la fonction alcool étant polaire, il possède une partie hydrophile). Outre leur rôle dans la solubilisation des lipides, les protéines ont également un rôle d'adressage de ces particules aux différentes cellules de l'organisme.
A- Les différents types de lipoprotéines.
On distingue plusieurs type de lipoprotéines, classées en fonction de leur densité :
B- "Bon" et "mauvais" cholestérol
Concernant le cholestérol, les deux particules plus spécialement chargées de son transport sont donc les LDL et les HDL. Leur rôle est différent : les LDL apportent le cholestérol aux cellules, les HDL récupèrent le cholestérol périphérique et peuvent le ramener au foie.
Une quantité trop élevée de LDL aura des conséquences négatives. En effet, s'il y a plus de cholestérol transporté par les LDL que les cellules n'en ont besoin, ces LDL ne seront pas utilisées par les cellules et resteront dans le sang (puisqu'elles ne sont plus internalisées par endocytose). Du coup, elles vont se déposer sur les parois des vaisseaux sanguins, formant des plaques d'athéromes qui diminuent le diamètre des vaisseaux ce qui peut provoquer un accident vasculaire. C'est pourquoi les LDL sont appellées "mauvais cholestérol". Il ne s'agit donc pas d'une molécule de cholestérol particulière, mais d'une particule de transport du cholestérol particulière.
Au contraire, les HDL assurent le captage du cholestérol excédentaire de l'organisme et son élimination en l'apportant au foie. Elles ont donc une action de "nettoyage" des vaisseaux sanguins à l'opposé de l'action des LDL. C'est pourquoi les HDL sont appellées "bon cholestérol".
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en France avec 180 000 décès annuels. On dénombre pas moins de 120 000 infarctus du myocarde et 130 000 accidents vasculaires cérébraux chaque année. Les causes sont multiples mais on peut mettre en avant une alimentation déséquilibrée (trop de graisse saturée) et le manque d'exercice physique. Mais il existe d'autres facteurs pouvant générer ou agraver le phénomène (prédispositions génétiques, diabète, etc...). Dans ce cadre, le taux de "bon" et de "mauvais" cholestérol est un indicateur important du risque cardiovasculaire. Dans l'idéal, il est conseillé d'avoir un rapport LDL/HDL inférieur à 4,5 pour des personnes ne présentant pas de risques particuliers, avec un taux de LDL ne dépassant pas 1,5 g/l et un taux de HDL au moins égal à 0,5 g/l..
Lorsque ce rapport est dépassé, le meilleur moyen de le faire descendre est de modifier ses habitudes alimentaires. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le plus important n'est pas de diminuer la quantité de cholestérol absorbé (la majorité est synthétisée par l'organisme), mais plutôt la quantité d'acides gras saturés absorbés, présents en grande quantité dans le beurre ou de nombreuses viandes animales par exemple. Pratiquer des exercices physiques est également recommandé. Il est à noter qu'il ne faut pas confondre modification des habitudes alimentaires visant à faire baisser le rapport LDL/HDL et régime amaigrissant. Dans le premier cas, il s'agit plus d'une modification qualitative (même si réduire sa consommation de lipides entraine souvent une perte de poids), alors que dans le second cas il faut diminuer l'apport énergétique global.
Il est préférable que les traitements médicamenteux, qui sont efficaces mais peuvent avoir certains effets secondaires, soient réservés en seconde intention si des mesures d'hygiènes de vie ne suffisent pas. Il existe différentes catégories de molécules :
Le choix d'un traitement plutôt qu'un autre doit être fait en fonction des caractéristiques individuelles (taux de LDL, de DHL, de triglycérides, facteurs de risques, etc...). En effet, chaque molécule a un effet spécifique (action variable sur les taux de LDL, de HDL de triacylglycérol, etc...) et peut être indiquée ou non selon la situation. Un suivi est d'ailleurs généralement nécessaire pour ajuster le traitement si besoin.
Contact :
| Professeur Lafleur | ![]() |
Remerciements
Merci aux membres du laboratoire Biologie et Multimédia pour leur relecture et commentaires.