[ Accueil ] [Actes] [ English ]


L'ordinateur : un pont entre deux mondes


Sylvie DUCHATEAU (France)

Plan:

[ Résumé Détaillé ]

[ Article Complet ]


Résumé Détaillé

Introduction

Au début, il y avait deux mondes : un monde avec des caractères manuscrits ou imprimés en noir sur du papier blanc, il y avait des journaux, des livres, des photos... Face à ce monde de l'imprimé il y avait du papier recouvert de points que l'on pouvait toucher, des livres aussi mais qui remplissaient des étagères entières, et surtout très peu de journaux... Dans le premier monde on communiquait à l'aide d'un stylo, d'une machine à écrire. Dans le deuxième monde on écrivait avec une tablette ou une machine spécialisée pour écrire ces points. Et comment communiquaient ces deux mondes? Il y avait bien la lecture orale ou sur cassettes permettant à ceux du premier monde de communiquer avec ceux du second. Ces derniers utilisaient aussi la communication orale ou apprenaient parfois à utiliser la machine à écrire ordinaire mais il leur fallait toujours une tierce personne pour leur relire ce qu'ils avaient écrit. Car les habitants du deuxième monde étaient des personnes que ceux du premier monde appelaient des handicapés de la vue ou non-voyants.

Tout changea lorsqu'au milieu des années 80 l'ordinateur fit son apparition. Un nouveau pont se construisait pour passer d'un monde à 'autre. Pourtant aujourd'hui, ce pont menace de temps en temps de s'écrouler à cause des progrès techniques de l'informatique. Le premier monde veut faciliter l'accès de ses habitants à l'ordinateur en inventant des petites images sur lesquelles il suffit de cliquer avec ce qu'on appelle une souris. Et que fait la personne aveugle qui ne voit pas ces images? Elle se bat pour être reconnue, pour ne pas qu'on l'oublie quand on invente de nouveaux programmes qui sont censés être plus simples pour l'utilisateur "voyant" mais causent à la personne aveugle bien du tracas.

L'ordinateur est-il donc un plus pour la personne aveugle ou va-t-il, à l'avenir, lui compliquer la vie? Que faire pour empêcher un nouvel isolement des aveugles dû à la suprématie du monde graphique?

J'essaierai de répondre à ces questions en évoquant tout d'abord l'évolution de l'informatique et mon adaptation, en tant que lycéenne, puis étudiante, à cette évolution. J'essaierai de montrer ce que l'ordinateur m'a apporté et donc, pourquoi, j'ai suivi de près son évolution.

Dans un deuxième temps j'évoquerai les problèmes posés par cette même évolution de l'informatique et comment je les ai résolus.

Pour conclure je parlerai des problèmes qui subsistent et des solutions qui pourraient être envisagées.

L'ordinateur, une révolution!

Fin 1986, j'étais encore au lycée et l'ordinateur, ou Personal Computer, commençait lentement à s'imposer dans la vie professionnelle de beaucoup de gens et aussi chez eux. Pour moi l'ordinateur a constitué une amélioration de ma vie quotidienne. Jusqu'alors je travaillais en braille, à l'aide d'une machine à écrire et je rendais mes devoirs en "noir", à l'aide d'une autre machine à écrire mais je ne pouvais pas relire moi-même les fautes de frappe que je faisais. L'ordinateur est donc entré à la maison, je me suis équipée d'une synthèse vocale et dorénavant je pus corriger moi-même mes fautes de frappe. C'était l'époque de ce qu'on appelait le DOS, un système d'exploitation basé sur le texte, donc très accessible pour les personnes aveugles. Depuis l'ordinateur a bien évolué, et moi avec. Deux ans plus tard j'ai acquis une plage tactile, ce qui m'a permis de me tourner vers des études de langues, puisque le braille est international. Avec la synthèse uniquement, qui, à l'époque, ne parlait que le français, je n'aurais pas pu travailler dans une langue étrangère. Puis vint la reproduction graphique appelée Windows, et là aussi, je me suis équipée des logiciels que les fabricants de matériel spécialisé ont essayé de développer pour que les aveugles ne restent pas à la traîne.

Parallèlement à cela, on a développé des scanners, qui permettent aux aveugles de lire des documents imprimés. Le scanner a aussi amélioré ma vie quotidienne.

Grâce à l'ordinateur, je me sens aujourd'hui très indépendante puisque j'ai accès à beaucoup plus de documents et que je peux communiquer avec d'autres sans l'aide d'une tierce personne: échange de disquettes, et surtout le courrier électronique appelé e-mail. Pourtant j'ai été confrontée à beaucoup de problèmes.

Problèmes rencontrés

Les problèmes deviennent de plus en plus complexes depuis l'apparition de Windows et du monde graphique.

Tout d'abord il y a une multitude de programmes dont chacun à ses avantages et ses inconvénients. La personne aveugle est obligée de choisir l'un de ces programmes. Quel que soit le programme qu'elle utilise, on peut dire qu'elle est devenue plus lente dans l'utilisation de l'informatique car elle n'a pas une vue d'ensemble de l'écran comme les personnes voyantes, mais elle doit tout d'abord explorer l'écran à tâtons avant de pouvoir faire quelque chose sur son ordinateur.

Jusqu'à présent elle pouvait travailler avec les raccourcis du clavier, mais de plus en plus de fabricants de programmes se concentrent sur le travail avec la souris et oublient parfois que certaines personnes ont besoin des raccourcis du clavier.

La plupart des dictionnaires, des journaux et des livres sont aujourd'hui stockés sur informatique. Mais à cause de problèmes juridiques, dont les droits d'auteur, il faut mener des négociations à long terme pour pouvoir éditer ces livres ou ces journaux dans un mode accessible aux personnes aveugles : sur disquette ou sur CD-ROM.

De plus en plus d'éditeurs proposent dans leurs catalogues des livres sur CD-ROM mais ces livres deviennent de moins en moins accessibles aux personnes aveugles car ils sont tous représentés en graphique.

Enfin, il y a la solution d'Internet : il existe de plus en plus de bibliothèques virtuelles, de journaux sur Internet. Mais là aussi, alors qu'au début, on travaillait dans un mode texte, comme le système de Unix par exemple, on insère aujourd'hui de plus en plus d'images, ou de publicités dans les pages web, ce qui complique l'accès aux documents pour les aveugles.

Conclusion

Pour que les personnes aveugles ne redeviennent pas des marginaux il faudrait enfin obtenir le droit d'accès aux livres sans être handicapés par les droits d'auteurs. Il faut faire accepter au grand public, que dans certains cas, l'édition virtuelle, soit sur disquette, soit sur CD-ROM, soit sous Internet, peut être indispensable. Il faut convaincre les éditeurs de journaux d'accepter de passer des contrats avec les particuliers ou avec des associations pour que les personnes aveugles puissent accéder, au même prix que les personnes voyantes, à la totalité du journal sur Internet. En effet, dans beaucoup de cas, on ne peut lire que des extraits du journal.

Pour ce qui est des programmes informatiques il faudrait faire une campagne auprès des fabricants pour qu'ils n'oublient pas de prévoir des raccourcis clavier pour toutes les personnes qui ne peuvent pas utiliser la souris.

L'informatique constitue un grand pas en avant en ce qui concerne l'amélioration de la communication entre les deux mondes que j'évoquais au début de mon exposé. Empêchons que le fossé se creuse à nouveau. Les aveugles ont gagné quelque chose avec l'ordinateur ils ne veulent pas redevenir des marginaux.

[ Un pont… ] [Actes]


Full Paper

Table des matières :

  1. [ Introduction ]
  2. [ L'ordinateur, une révolution! ]
  3. [ Problèmes rencontrés ]
  4. [ Conclusion ]

Introduction

Au début, il y avait deux mondes : un monde avec des caractères manuscrits ou imprimés en noir sur du papier blanc, il y avait des journaux, des livres, des photos... Face à ce monde de l'imprimé il y avait du papier recouvert de points que l'on pouvait toucher, des livres aussi mais qui remplissaient des étagères entières, et surtout très peu de journaux... Dans le premier monde on communiquait à l'aide d'un stylo, d'une machine à écrire. Dans le deuxième monde on écrivait avec une tablette ou une machine spécialisée pour écrire ces points. Et comment communiquaient ces deux mondes? Il y avait bien la lecture orale ou sur cassette permettant à ceux du premier monde de communiquer avec ceux du second. Ces derniers utilisaient aussi la communication orale ou apprenaient parfois à utiliser la machine à écrire ordinaire mais il leur fallait toujours une tierce personne pour leur relire ce qu'ils avaient écrit. Car les habitants du deuxième monde étaient des personnes que ceux du premier monde appelaient des handicapés de la vue ou non-voyants.

Tout changea lorsqu'au milieu des années 80 l'ordinateur fit son apparition. Un nouveau pont se construisait pour passer d'un monde à l'autre. Pourtant aujourd'hui, ce pont menace de temps en temps de s'écrouler à cause des progrès techniques de l'informatique. Le premier monde veut faciliter l'accès de ses habitants à l'ordinateur en inventant des petites images sur lesquelles il suffit de cliquer avec ce qu'on appelle une souris. Et que fait la personne aveugle qui ne voit pas ces images ? Elle se bat pour être reconnue, pour ne pas qu'on l'oublie quand on invente de nouveaux programmes qui sont censés être plus simples pour l'utilisateur "voyant" mais causent à la personne aveugle bien du tracas.

L'ordinateur est-il donc un plus pour la personne aveugle ou va-t-il, à l'avenir, lui compliquer la vie ? Que faire pour empêcher un nouvel isolement des aveugles dû à la suprématie du monde graphique ?

J'essaierai de répondre à ces questions en évoquant tout d'abord l'évolution de l'informatique et mon adaptation, en tant que lycéenne, puis étudiante, à cette évolution. J'essaierai de montrer ce que l'ordinateur m'a apporté et donc, pourquoi, j'ai suivi de près son évolution.

Dans un deuxième temps j'évoquerai les problèmes posés par cette même évolution de l'informatique.

Pour conclure je parlerai des solutions à apporter aux problèmes qui subsistent.

[ Table des matières ] [ Un pont… ] [Actes]


L'ordinateur, une révolution!

Fin 1986, j'étais encore au lycée et l'ordinateur, ou personal computer, commençait lentement à s'imposer dans la vie professionnelle de beaucoup de gens et aussi chez eux. Pour moi l'ordinateur a constitué une amélioration de ma vie quotidienne. Jusqu'alors je travaillais en braille, à l'aide d'une machine à écrire, et je rendais mes devoirs en "noir", à l'aide d'une autre machine à écrire mais je ne pouvais pas relire moi-même les fautes de frappe que je faisais. L'ordinateur est donc entré à la maison : je me suis équipée d'une synthèse vocale. Toutes les informations qui s'affichaient à l'écran pouvaient m'être lues soit lettre par lettre, mot par mot, phrase par phrase ou le texte pouvait être lu en entier. Dorénavant je pus corriger moi-même mes fautes de frappe. Cela s'avéra notamment plus facile pour la correction des formules mathématiques que je devais rendre à mon professeur.

C'était l'époque de ce qu'on appelait le DOS, un système d'exploitation basé sur le texte, donc très accessible pour les personnes aveugles. Quand on voulait effectuer une opération quelconque, il suffisait de taper une commande sur le clavier et l'ordinateur l'exécutait.

Depuis l'ordinateur a bien évolué et j'ai été obligée de suivre cette évolution. Deux ans après mon premier équipement avec la synthèse vocale, j'ai acquis une plage tactile, ce qui m'a permis de me tourner vers des études de langues, puisque le braille est international. Avec la synthèse que j'avais à l'époque, qui ne parlait que le français, je n'aurais pas pu travailler dans une langue étrangère. Cette plage tactile faisait également fonction de bloc-notes, ce qui m'a permis de prendre des notes pendant les cours de façon plus rapide, et plus silencieuse, puisqu'auparavant je ne travaillais qu'à la tablette.

Ensuite vint la reproduction graphique appelée Windows, et là aussi, je me suis équipée des logiciels que les fabricants de matériel spécialisé ont essayé de développer pour que les aveugles ne restent pas à la traîne.

Certes Windows a des avantages par rapport au DOS puisque plusieurs applications peuvent fonctionner en même temps. Ainsi on peut écrire un texte avec Winword tout en éditant un tableau avec Excel, ou on peut se connecter à Internet pour envoyer le texte que l'on vient d'écrire avec Word.

Le passage à Windows est devenu pour les aveugles une étape nécessaire puisqu'aujourd'hui la plupart des imprimantes ne peuvent être pilotées que par Windows. Quand on demande dans un magasin à acheter une imprimante fonctionnant sous DOS, on vous demande presque ce qu'est le DOS.

Le travail sous Windows m'a demandé un plus long temps d'adaptation, puisque la philosophie de Windows, qui représente tout en graphique, est complètement différente de celle du DOS.

Aujourd'hui encore, je découvre de nouvelles possibilités ou même de nouvelles astuces me permettant de travailler plus vite avec Windows.

Parallèlement à cela, on a développé des scanners, qui permettent aux aveugles de lire des documents imprimés. Le scanner a aussi amélioré ma vie quotidienne. En effet, au lieu d'attendre deux à trois mois qu'un livre me soit transcrit en braille, je peux maintenant l'obtenir aussi rapidement ou presque que si je faisais une photocopie de ce livre. Les livres ne sont plus stockés sur des étagères entières, ni sur un nombre étonnant de cassettes, mais sur une simple disquette.

Grâce à l'ordinateur, je me sens aujourd'hui plus indépendante puisque j'ai accès à beaucoup plus de documents et que je peux communiquer avec d'autres sans l'aide d'une tierce personne : échange de disquettes, et surtout le courrier électronique appelé E-Mail. Grâce au Mail j'ai pu échanger rapidement des textes avec d'autres personnes. Par exemple on m'a envoyé par mail un texte à traduire, et j'ai utilisé le même moyen pour expédier la traduction terminée. Cela nous a gagné du temps et a surtout résolu le problème du déchiffrage du texte à traduire.

Si l'ordinateur est devenu pour moi un outil indispensable sans lequel je ne pourrais plus travailler, il me faut cependant évoquer quelques problèmes.

[ Table des matières ] [ Un pont… ] [Actes]


Problèmes rencontrés

Les problèmes deviennent de plus en plus complexes depuis l'apparition de Windows et du monde graphique.

Tout d'abord il y a une multitude de programmes, permettant aux aveugles de travailler avec Windows, dont chacun a ses avantages et ses inconvénients. La personne aveugle est obligée de choisir l'un de ces programmes. Ce choix est parfois imposé par le fait que la plage tactile ne fonctionne qu'avec un logiciel donné, mais parfois cela peut être aussi une question de préférence de l'aveugle pour un logiciel quelconque. Quel que soit le programme utilisé, les aveugles sont devenus plus lents dans l'utilisation de l'informatique car on ne peut avoir une vue d'ensemble de l'écran comme les personnes voyantes, mais on doit tout d'abord explorer l'écran à tâtons avant de pouvoir faire quelque chose sur son ordinateur. Alors que l'on pouvait utiliser tous les programmes fonctionnant sous DOS, sous Windows il existe parfois des problèmes de compatibilité entre le logiciel de navigation et l'application utilisée : par exemple on nous annonce qu'il y a une erreur et que l'application doit être fermée et on perd toutes les informations que l'on avait peut-être écrites sans pouvoir les sauvegarder.

Pour un débutant, le travail sous Windows ne pose pas trop de problèmes puisqu'il apprend la philosophie de Windows et que les applications fonctionnent toutes selon le même système de boîtes de dialogue. Mais les "anciens combattants" comme moi, qui ont débuté avec le DOS, ont des problèmes d'adaptation. Il n'est plus possible de contrôler exactement ce qui se passe lorsqu'on clique sur effacer, ou créer un nouveau répertoire. Windows crée sans arrêt des fichiers tampons dont on ne s'aperçoit pas toujours.

Jusqu'à présent il était possible de travailler avec les raccourcis du clavier, mais de plus en plus de fabricants de programmes se concentrent sur le travail avec la souris et oublient parfois que certaines personnes ont besoin des raccourcis du clavier. Ainsi la deutsche Telekom offre gratuitement à ses abonnés de Berlin ou de Munich un CD-ROM contenant l'annuaire de la ville (uniquement les pages blanches). Quand on lance le CD-ROM on s'aperçoit qu'il n'y a aucune possibilité de travailler avec le clavier. Tout se fait par la souris. Ceci est certes appréciable pour les personnes voyantes qui peuvent afficher le plan de la ville et voient tout de suite l'endroit où se trouve leur correspondant, mais les aveugles n'ont toujours pas accès aux informations et ont toujours besoin de l'aide d'un voyant pour rechercher un numéro de téléphone.

La plupart des dictionnaires, des journaux et des livres sont aujourd'hui stockés sur informatique. Mais à cause de problèmes juridiques, dont les droits d'auteur, il faut mener des négociations à long terme pour pouvoir éditer ces livres ou ces journaux dans un mode accessible aux personnes aveugles : sur disquette ou sur CD-ROM. Je peux citer l'exemple d'un CD-ROM regroupant les plus grands auteurs de la littérature allemande qui, au départ, n'était pas très accessible sous Windows. Un groupe d'aveugles en a informé l'éditeur qui propose aujourd'hui sur Internet un programme que l'on peut télécharger et qui permet de lire le CD-ROM sous DOS.

De plus en plus d'éditeurs proposent dans leurs catalogues des livres sur CD-ROM mais ces livres deviennent de moins en moins accessibles aux personnes aveugles car ils sont pour la plupart représentés en graphique.

Enfin, il y a la solution d'Internet : il existe de plus en plus de bibliothèques virtuelles, de journaux sur Internet. A son commencement Internet était très accessible aux aveugles puisque le système d'exploitation était Unix qui fonctionnait uniquement en mode texte tout comme le DOS. Pendant longtemps j'ai pu travailler avec le logiciel Lynx pour naviguer sur le WEB. Puis, de plus en plus souvent, quand je voulais me connecter à un journal donné, on me disait qu'il me fallait un programme du type Internet Explorer ou Netscape. Ces browsers sont en effet devenus nécessaires puisque les sites du WEB comprennent une grande quantité d'images et autres graphiques. Bien que les logiciels de navigation dans Windows permettent aujourd'hui aux aveugles d'utiliser Netscape ou Internet Explorer, l'accès aux pages WEB est rendu difficile par le problèmes des images et des publicités clignotantes qui apparaissent de temps en temps sur l'écran. Un aveugle qui ne connaît pas un site doit parfois se faire aider par une personne voyante pour comprendre comment il est conçu. On peut donc accéder à un certain nombre de journaux mais beaucoup ne sont pas en entier sur le WEB ou alors il faut communiquer son numéro de carte bleue, ce qui me paraît un peu dangereux.

[ Table des matières ] [ Un pont… ] [Actes]


Conclusion

Pour que les aveugles ne redeviennent pas des marginaux il faudrait enfin obtenir le droit d'accès aux livres sans être handicapés par les droits d'auteurs. Il faut faire accepter au grand public, que dans certains cas, l'édition virtuelle, soit sur disquette, soit sur CD-ROM, soit sur Internet, peut être indispensable. Il faut convaincre les éditeurs de journaux d'accepter de passer des contrats avec les particuliers ou avec des associations pour que les personnes aveugles puissent accéder, au même prix que les personnes voyantes, à la totalité du journal sur Internet.

Pour ce qui est des programmes informatiques il faudrait faire une ca l'amélioration de la communication entre les deux mondes que j'évoquais au début de mon exposé. Empêchons que le fossé se creuse à nouveau. Les aveugles ont gagné quelque chose avec l'ordinateur ils ne veulent pas redevenir des marginaux.

Cet exposé n'est que mon opinion personnelle. Il se base sur l'expérience que j'ai acquise depuis que j'ai commencé à travailler avec l'ordinateur et ne peut pas être généralisé puisque chacun fait des expériences différentes, et surtout, les besoins de chacun ne sont pas les mêmes. Je voulais ici n'apporter que le témoignage d'une utilisatrice de l'informatique et je remercie les organisateurs de ce colloque de m'avoir invitée pour que je puisse faire part de mon expérience.

[ Table des matières ] [ Un pont… ] [Actes]


[ HomePage ] [Proceedings] [ Français ]


The computer: a bridge between two worlds


Sylvie DUCHATEAU (France)

Plan :

[ Short Abstract ]

[ Detailed Abstract ]


Short Abstract

Is the Computer an help for the blind people or will it disturb their life The author is trying to answer to all theses questions. She is talking about her blind's student life, the computer evolution, and the adaptation to this evolution, also problems and solutions which could be find

[ Bridge ] [ Francais ]


Detailed Abstract

Introduction

At the beginning there were two worlds : in the one world there were characters which were written by hand or printed in dark on a white paper, there were newspapers, books, photographs and so on. On the opposite to this world with printed letters there was paper covered with points which could be touched, there were books also, but those filled out whole bookshelves, and overall there were few newspapers. In the first world people exchanged information with a pencil or a writing machine. In the second, people wrote with a special machine in order to write those points. And how could those two worlds communicate with another? Of course the information was read orally or recorded on cassettes, so that people of the first world could communicate with those of the second world. Those of the second world also used oral communication or they sometimes learned to use the ordinary writing machine, but they always needed another person to have the texts read that they had written. Since the inhabitants of the second world were called "visually handicapped or blind people" by those of the first world.

Everything changed when in the middle of the 1980s the computer appeared. A new bridge was built to go from a world to the other. Nowadays, however, this bridge is from time to time threatened to collapse because of the technical progress of informatics. The first world wants to facilitate the access to computer for his inhabitants and invents small images on which you just have to click with a so-called mouse. And what should blind people do, since they cannot see those images? They fight to be recognised, so that they should not be forgotten when new programs are invented, which ought to be easier for the "sighted" user, but which are a source of trouble for blind people.

Is computer a positive thing for blind people or will it complicate their life in the future? What should be done to prevent blind people from a new isolation caused by the dominance of the graphical world?

I will try to answer those questions, first in considering the evolution of computer and I will show how I adapted myself to this evolution when I was in the school and later at the University. I will try to show which benefits I had from the computer and also why I followed its evolution so carefully.

Secondly I will show the problems caused by the evolution of the computer and how I solved them.

To conclude I will talk about the subsisting problems and about the solutions which could be considered.

1. The computer is a revolution

At the end of 1986, I was still at school, and the personal computer began slowly to have its way in the professional life of many people and also in their private homes. The computer constituted an improvement in my daily life. Until that year I used to work in braille with a writing machine, and I did my homework with another writing machine which printed it, but I could not read myself the typing errors I used to make. The computer appeared at home, I was equipped with a vocal synthesiser and from that time I could correct the typing mistakes myself. It was the time of the so-called DOS, an exploitation system based on text which was accessible for blind people. Since that time the computer has changed considerably and so did I. Two years later I had a braille display, which helped me to begin foreign language studies, since braille is international. At that time the speech synthesiser could only speak French, and if I only had used that means, I could not have worked in another language. Then came the graphical reproduction which was called Windows, and in that case I also got software that the producers of specialised equipment tried to develop so that blind people do not remain behind.

In the same time scanners were developed allowing blinds to read printed documents. The scanner improved my daily life as well.

Thanks to the computer I feel independent today because I can get much more documents and I can exchange information with other people without the help of someone else : exchange of disks, and overall the electronic mail or E-Mail. Yet I was confronted with many problems.

2. Encountered problems

Since the apparition of Windows and the graphical world the problems are becoming more and more complicated.

First there are a lot of programs allowing blinds to work with Windows, each of them has good and bad qualities. Blinds must choose one of these programs. Whatever the program used is, blinds are slower in using computers because they can not overview the whole screen on the contrary to sighted people: they first have to explore the screen step by step before they can do something on their computer.

Until now they could work with keyshortening, but more and more software producers concentrate on the work with the mouse and they forget sometimes that some people need the keyboard to work on a computer.

Nowadays, most of the dictionaries, of the newspapers and of the books are stocked on computers. But because of juridical problems, the authors rights, for example, long term negotiations will be necessary to have those newspapers or those books produced in an accessible way for blind people : that is on a disk or on a CD-ROM.

More and more editors provide books on Cd-Rom in their catalogues. Yet those books become less and less accessible for blind people since all are presented graphically.

At last, there is the solution of internet. There are more and more virtual libraries and newspapers which can be read on Internet. But in this case also, at the beginning of Internet people worked only with texts, like the UNIX system, today more and more images and advertisement are inserted in the Web pages so that access to documents become more complicated for blind people.

CONCLUSION

In order that blind people do not become marginal again, the right to have an access to books should be obtained at last without the handicap of the author rights. The public should accept that in some cases, virtual edition, on disk, on CD-ROM or on Internet, can be indispensable. The editors of newspapers should be convinced to conclude agreements with private people or with associations so that blind people can have an access, at the same price as sighted people, to the whole newspaper on Internet. Then, in many cases, only extracts of the newspapers can be read on internet.

As far as software is concerned a campaign should take place by all producers so that they do not forget to plan keyboard commands for all those who cannot use the mouse.

Computer constitutes an important progress concerning the improvement of the communication between the two worlds I mentioned at the beginning of this intervention. We should prevent that the gap grows again. Thanks to the computer blind people gained something and they don't want to be marginal again.


[ Bridge ] [ Francais ]

[Proceedings]