Les Nouvelles Technologies et l'accès à l’information pour les personnes handicapées visuelles

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Dominique Burger - INSERM U483

Université Pierre et Marie Curie

9, quai Saint Bernard

75252 – Paris cedex 05

dburger@snv.jussieu.fr

Introduction

Le développement de l'informatique et des techniques numériques a ouvert - voilà maintenant une bonne vingtaine d'années - des possibilités nouvelles pour que les personnes handicapées visuelles puissent accéder comme les autres aux sources d'information écrites : livres, journaux, documents professionnels, administratifs et commerciaux. L’avènement et la généralisation d’Internet à l’échelle planétaire renforce ce phénomène de manière extraordinaire. Dans cet article, nous voulons analyser le potentiel que représente cette révolution technologique pour l’intégration sociale et culturelle des aveugles et des malvoyants et à quelles conditions il pourra se réaliser pleinement.

Dans une première partie nous passerons en revue les besoins des personnes handicapées visuelles en ce qui concerne les formats de présentation de documents. La deuxième partie montrera comment l’évolution des technologies permet de répondre à cette demande diversifiée. Pour conclure, nous essaierons de dégager un schéma permettant d’inscrire l’offre correspondante dans une offre plus générale.

Première Partie : la diversité des besoins

Présentations visuelles adaptées

De la malvoyance à la cécité, la déficience visuelle recouvre des déficits très divers : perte d'acuité visuelle, difficulté à percevoir les couleurs, photophobie, vision tubulaire, dégénérescence maculaire chez les personnes âgées, etc… Le grossissement des documents n'est qu’une des réponses possibles aux difficultés de lecture dues à un handicap visuel. Dans cette partie, nous examinons les diverses formes qui peuvent être utilisées pour rendre un contenu accessible. Le choix d’une forme dépend de l’individu, de son handicap de ses préférences – qui peuvent varier dans le temps – mais aussi du type d’information à transmettre et de ce qu’il s’agit d’en faire. Le contexte d’accès au document peut aussi être déterminant.

Impression sur papier

Pour des raisons pratiques et économiques les éditions d'ouvrages en gros caractères pour des malvoyants se limitent à des impressions en gros caractères de corps 16 à 20, dans des polices bien lisibles, en noir sur blanc. Ces livres en gros caractère sont réalisés par des éditeurs spécialisés. Ils ont la qualité habituelle des livres, objets faciles à manipuler et à transporter. Ils sont généralement plus coûteux que les livres standards, mais ne conviennent pas à toutes les visions.

Affichage sur écran

L'affichage à l'écran offre une bien plus grande souplesse d'adaptation aux besoins visuels du lecteur. L'image peut être obtenue à l'aide d'une caméra à partir du document papier. La caméra agit comme une loupe électronique paramétrable. Mais de plus en plus, ce sont des fichiers produits par un logiciel ( traitement de texte, application de base de donnée, tableur, …) ou obtenus sur Internet qui fournissent la source des documents. Dans ce cas les fonctionnalités de personnalisation du logiciel de lecture permettent de changer aisément, la taille, la couleur, les contrastes ou les polices du texte. Les feuilles de styles permettent de changer du tout au tout l'apparence d'un document électronique (Figure 1).

Figure 1 : la même page Web présentée à l’aide de deux feuilles de styles différentes par le même logiciel de navigation.

Le braille

L'alphabet tactile inventé par Louis Braille pour les aveugles, est formé de petites bosses (ou points braille) réalisées dans du papier épais, selon une matrice régulière de six point. Ce système permet à un lecteur entraîné de lire jusqu'à 150 mots minutes, en lecture bi-manuelle. Bien avant l'avènement de l'informatique, le code braille a été le premier code binaire utilisé pour transmettre des informations de manière systématique. Produire un document en braille à partir d'un fichier codant du texte ne nécessite qu'une conversion d'un code binaire à un autre. Cela est aujourd'hui facilement réalisé par ordinateur. Notons que différents systèmes ont été développés pour représenter certains symboles dans le domaine des mathématiques, de la musique ou de l'informatique.

Braille embossé sur papier

La taille d'un caractère braille est normalisée et ne peut être modifiée sans perturber le lecteur. Elle est d'environ 5mm sur 10mm, de sorte qu'une ligne embossée en braille sur une feuille de papier de format A4 comporte un peu plus de 30 caractères au plus et une page de 25 à 30 lignes. Le papier braille embossé à une épaisseur de près d'un millimètre si bien qu'un roman de quelques centaines de pages en imprimerie classique donne lieu à plusieurs volumes de plusieurs centimètres d'épaisseur. La conservation de ces ouvrages pose problème non seulement du fait de leur encombrement mais aussi parce que - à la longue - les points en relief finissent par s'aplatir et le que le texte devient moins lisible. Cependant, le braille embossé sur papier offre le confort de la lecture pleine page.

Braille dynamique ou éphémère

A la fin des années 70, sont apparus des afficheurs braille piézo-électriques permettant un affichage dynamique. Le principe repose sur la propriété de certains quartz piézo-électriques de se déformer sous l'effet d'une tension électrique ( quelques centaines de volts) sans pratiquement consommer de courant. Un dispositif mécanique permettant de mouvoir un point braille est asservi à un barreau de quelques centimètres de longueur. Ce principe a permis une réduction importante de la taille et du poids des cellules, de leur consommation électrique, ainsi que du niveau de bruit engendré lors des changements d'état, tout en augmentant la fiabilité des afficheurs (Figure 2).

.L'affichage électronique du braille restreint la fenêtre de lecture à une ligne relativement courte, de 20, 40 ou 80 caractères. Comparé au braille traditionnel embossé sur papier, il offre en revanche de nouvelles possibilités:

Braille intégral ou abrégé

Très tôt, il est apparu nécessaire de compléter le codage braille de base par un système d'abrègement permettant de gagner en volume (et en vitesse de lecture). Le principe de l'abrègement est de remplacer des groupes de lettres fréquents dans une langue (par exemple, la terminaison -tion en français ou -ing en anglais) par un seul symbole braille. L'abrègement du braille repose donc sur des règles différentes d'une langue à l'autre. Il permet de gagner jusqu'à 30% du volume d'un texte. Il peut être réalisé par un programme informatique.

Transcription vocale

La restitution vocale de l'information présente un certain nombre d'avantages complémentaires du braille. Tandis le braille est stable sous les doigts, la parole est fugitive, mais elle ne mobilise ni les mains ni le corps. Elle permet une prise de connaissance rapide du texte au vol. Le braille offre une plus grande précision dans la restitution, mais des messages vocaux peuvent compléter l'information en braille. L'ajout de la parole au braille - à condition de respecter certaines règles de conception - permet de compenser la pauvreté relative du code braille. Elle permet aussi au lecteur de gagner du temps et peut faciliter la compréhension d'un document et de sa structure et - d'une manière générale - peut alléger la charge de travail mentale nécessaire pour naviguer dans un document. La restitution vocale de l'information ne nécessite pas d'apprentissage et son coût est faible comparé à celui de l'afficheur braille.

Voix enregistrée

L'enregistrement sur bande magnétique ou sur CD-ROM est un moyen largement utilisé par les aveugles ou les malvoyants pour accéder à des textes. Certaines œuvres sont disponibles dans le commerce sous cette forme. Il existe aussi des associations de lecteurs bénévoles " donnant leur voix " pour les personnes handicapées visuelles. Les développements de l'informatique et de la numérisation permettent de coupler la qualité de parole d'une voix humaine avec les possibilités de navigation dans un corpus de données structurées. Tel est l'objectif du consortium international Daisy dont les efforts convergent aujourd'hui avec le développement des formats du Web pour la gestion de contenus multimédias [1].

Voix synthétique

La production de parole synthétique sur un haut-parleur a partir d'un fichier texte est réalisable sur un ordinateur personnel courant, à un prix peu élevé . Dans un avenir très proche il est probable que la synthèse de parole sera intégrée aux outils informatiques en standard. La synthèse de parole restitue n'importe quelle information sans nécessiter de pré-enregistrement, souvent dans plusieurs langues. Cette possibilité est largement utilisée par les personnes handicapées visuelles et la qualité de voix synthétique s’approche de plus en plus d’une voix naturelle.

Adaptations nécessaires

Texte

Transcrire un document textuel en braille peut être réalisé de manière automatique. Il existe de nombreux programmes réalisant cette transformation, en braille intégral ou abrégé. Traditionnellement, le texte était saisi au kilomètre et des marqueurs y étaient insérés, correspondant soit à des éléments de structure du texte (titre), à des éléments de forme (mise en relief du texte), ou des marquages propres au braille. La généralisation de langages de marquages structurés, tels SGML, HTML, XML, … permettent de simplifier certaines étapes dans la transformation d'un fichier source en un fichier prêt pour l'impression braille.
Cette évolution peut s'appliquer aussi à la transcription des formules mathématiques ou des partitions musicales.

Tableaux

Un tableau est un ensemble de données, la plupart du temps alphanumériques, organisées selon une logique bi-dimensionnelle, que le lecteur peut appréhender globalement d'un coup d'œil et au sein duquel il peut choisir des axes de lecture privilégiés. Au delà d'un certain grossissement, la vision globale est perdue. Les données peuvent être présentées de manière linéaire, comme c'est le cas aussi pour les présentations en braille. L'informatique permet de fournir différentes " vues " correspondant aux différents axes de lecture, grâce à une fonctionnalité appropriée.

Images et schémas, figures

Pour ce qui concerne les images et les schémas, la méthode d'adaptation dépend à la fois du contenu de l'image et du handicap visuel. Dans certains cas l'image peut être simplement agrandie. Dans d'autres cas elle doit être simplifiée, mais bien souvent elle doit être repensée, reconstruite, en particulier lorsqu'il s'agit de la présenter en relief, pour une lecture tactile. La question de fond est celle du message véhiculé par l'image. Dans certains cas ce message peut être formulé simplement de manière textuelle. Parfois, l'image n'est qu'une décoration, dont la présence n'est pas essentielle à la compréhension du document. Dans tous les cas, l'adaptation des images demande une analyse préalable des contenus et du contexte, et le choix du support à utiliser pour l'adaptation. L'adaptation des images requière donc une expertise complexe et très fine et ne peut être confiée à un programme informatique.

En conclusion retenons que les documents adaptés pour les besoins des personnes aveugles ou malvoyantes revêtent une grande diversité de formats. Traditionnellement, les savoir-faire correspondant à ces formats sont distincts et requièrent des savoir-faire différents. Il n’est pas rare qu’au sein d’une même structure un ouvrage soit adapté pour le braille , en gros caractères ou sur cassette séparément et par des spécialistes différents.

Deuxième Partie : la réponse technologique

Les langages de codage structurés

Depuis longtemps les éditeurs ont cherché à mieux rentabiliser leurs contenus, grâce à l’informatique. Un problème technique était de générer automatiquement la mise en page d’un document à partir d’un fichier électronique et d’une spécification de style donnée. Résoudre ce problème permet aussi de générer des présentations différentes à partir d’un même fichier. Telle est l’ambition du langage SGML (Standard Generalised Markup Language), créé en 1986 et dont dérivent plusieurs standards de codage des documents numériques, parmi lesquels HTML (HyperText Marking Language) et XML (eXtended Marking Language) [2]. Le principe de ces langages est de spécifier les éléments d'une page grâce à un système de balises textuelles. Un document est donc codé sous une forme purement alphanumérique. Les images ou éléments multimédias du document sont référencés grâce à un système d'adresses universel couvrant des adresses locales (pour des éléments situés en mémoire de l'ordinateur) ou des adresses Internet (pour des éléments situés sur des ordinateurs serveurs de données appartenant au réseau Internet). Ces langages permettent d’introduire une indépendance entre le contenu et la structure du document d’une part, sa forme d’autre part. Le développement de plates-formes de lecture variées (ordinateurs portables, assistants personnels, téléphones à écran, …) renforce considérablement ce besoin. Ainsi est né, par exemple, le standard de codage OEBS (Open E-Book Standard) qui permet de dériver des fichiers adaptés à des exploitations différentes à partir d’un même document-pivot [3]. De tels formats permettent tout aussi bien de produire des documents en gros caractères ou au formats braille [4].

HTML premier système planétaire de codage des documents

Grâce à Internet, le langage HTML a été le premier standard planétaire pour le codage de documents électroniques. Un document produit n’importe où dans le monde peut être lu n’importe où ailleurs, sur des types type d'ordinateurs différents. Une page HTML est analysée par le logiciel de navigation (Internet Explorer ou Netscape par exemple) qui interprète ce code source pour produire à l'écran une présentation visuelle de l'information. De manière analogue des navigateurs textuels, tels BrailleSurf ou Lynx, extraient du document les éléments purement textuels - en général porteurs de l'information - et les restituent en braille, par synthèse vocale ou les afficher à l'écran de manière plus appropriée [5]. Les éléments non textuels, images, animations, tableaux complexes, peuvent être purement et simplement supprimés, remplacés par un commentaire prévu par l'auteur ou signalés par un commentaire type (Figure 3).

 

Figure 3 : page du site Web Altavista donnant lieu à deux présentations différentes à l'écran, par le navigateur Internet Explorer et par le navigateur BrailleSurf, qui filtre les éléments graphiques du document source.

L’utilisation de langages structurés offre comme autre avantage important, la possibilité de naviguer plus facilement en se repérant aux balises dites " de structure ". Il est facile de développer une fonctionnalité permettant de parcourir rapidement les titres ou les liens d’un document, par exemple. Cela sera une aide extrêmement utile pour une personnes handicapées visuelle qui ne peut se repérer sur les attributs typographiques pour repérer d’un coup d’œil les éléments saillants de la page.

Livres électroniques

Un livre électronique est un ordinateur sans clavier, doté d’un écran et de quelques touches de fonctions lui permettant de simuler le fonctionnement d’un livre dont on tournerait les pages. La mémoire de cet appareil permet d’y stocker l’équivalent de plusieurs livres traditionnels. L’affichage des pages sur l’écran peut être réalisé en accord avec les préférences de l’utilisateur et s’adapter à sa vue. Une étude que nous avons menée avec le Centre Hospitalier National Ophtalmologique des Quinze-Vingts a montré le potentiel de ce type d’appareil pour des personnes qui ne peuvent plus lire sur un support papier traditionnel [6]. Il est tout à fait envisageable d’intégrer à de tels dispositifs un logiciel de synthèse de parole, capable de lire le texte, ou un afficheur braille.

Conditions d'accessibilité des documents

Cependant, en dépit de ces possibilités, tout document électronique codé selon ces principes n’est pas forcément accessible pour une personne handicapée visuelle. En effet, il n'est pas toujours possible d'extraire l'information pertinente contenue dans le document. Cela tient à plusieurs facteurs parmi lesquels les principaux sont l'usage d'images ou d'animations non commentées, l'utilisation de présentations multi-fenêtrées trop enchevêtrées, et plus généralement le manque de clarté dans la conception du document.
Une étude menée par l'INSERM, portant sur 111 sites Web, choisis comme représentatifs d'un certain nombre d'attentes des personnes handicapées visuelles en matière de services a montré que 40% de ces sites pouvaient être considérés comme utilisables, mais seulement 20% étaient faciles à appréhender. Les sites analysés étaient des sites de d'organes de presse, de services publics, de loisir, concernant l'informatique, l'éducation, le handicap [7].

Afin de trouver une solution à ce problème, une initiative internationale de concertation a été mise en place par le consortium W3C, chargé de gérer à l'échelle mondiale l'évolution d'Internet et des technologies qui lui sont rattachées. Cette initiative est appelée Web Accessibility Initiative (WAI) [8]. WAI est coordonné par le MIT aux Etats-Unis, l'INRIA en France et l'Université de Keio au Japon. Les recommandations de WAI sont aujourd'hui diffusées et reconnues internationalement. De nombreuses sociétés informatiques de dimension mondiale y participent. Des recommandations ont été produites et sont disponibles en plusieurs langues. Elles ont pour objectif de maintenir un niveau d'accessibilité satisfaisant pour les personnes handicapées, aveugles ou malvoyants notamment. En France, BrailleNet et l'INSERM participent activement à cette initiative [9][10]. L’application généralisée de ces recommandations aurait pour effet qu’un grand nombre de sources de documents seraient accessibles aux personnes handicapées visuelles : annonces, formulaires administratifs, guides, textes de lois, circulaires, rapports officiels,...

L'émergence d'un schéma général

Nous avons montré que la production de documents adaptés peut s'inscrire dans un schéma général de production d’ouvrages diversifiés à partir d’une source électronique unique. Ce schéma est celui que des sociétés d’éditions commencent à expérimenter avec succès. Les sources de documents constituent la matière première à partir de laquelle différents services peuvent être offerts aux lecteurs. On observe aujourd'hui que les services de ce type vont en se multipliant, sur Internet notamment. Souvent la mise en place d'un service nécessite des traitements intermédiaires, comme la traduction, le résumé ou la transcription. Quant à l'interface qui permet au lecteur final d'utiliser le service, elle peut varier considérablement selon le contexte d'utilisation, l'équipement informatique, les préférences de l'utilisateur.

Ce schéma n'est donc pas particulier aux personnes handicapées. Il s'applique à l'édition numérique en général. Le livre traditionnel, sous sa forme papier, apparaît comme l'un des services possibles fourni à partir d'une source.

Dans ce contexte, tout à fait nouveau, le cas des personnes handicapées n'est plus un cas marginal, à traiter à part, mais un cas particulier, à traiter parmi d'autres, aussi bien que les autres.

Cela ne signifie pas que tous les problèmes liés aux spécificités du handicap visuel soient résolus, pour autant par la magie du progrès technique. Mais en les inscrivant dans une problématique générale, on a désormais les moyens de les aborder de manière rationnelle et systématique.

 

Références

[1] Daisy : http://www.daisy.org/
[2] XML : http://w3c1.inria.fr/XML/

[3] Open Ebook Standard : http://www.openebook.org/
[4] Kerscher G. (99), Braille Production : the DAISY Way, 65th IFLA Council and General Conference, Bangkok, August, 1999 : http://ifla.inist.fr/IV/ifla65/65gk-e.htm

[5] BrailleSurf : http://www.snv.jussieu.fr/inova/bs4/

[6] Vigoureux P., Burger D. : Lisibilité d'un livre électronique pour des malvoyants, Colloque Handicap 2000, Salon AUTONOMIC, 2000, Paris : http://www.snv.jussieu.fr/inova/publi.htm

[7] Archambault D., Duchateau S., Burger D. (99), The accessibility of the World Wide Web for visually impaired people, AAATE'99, Düsseldorf : http://www.snv.jussieu.fr/inova/aaateacces.htm

[8] Web Accessibility Initiative : http://www.w3.org/WAI/

[9] BrailleNet : http://www.braillenet.jussieu.fr/
[10] Archambault D., Burger D. Le Web plus accessible aux aveugles et aux malvoyants : http://www.braillenet.jussieu.fr/livreblanc/