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Les textiles d'origine végétale
14-La transformation du chanvre


Autrefois, les poignées subissaient le rouissage, c'est-à-dire une macération dans l'eau (même principe que pour le lin). Les poignées étaient disposées sur l'eau en une sorte de radeau immergé grâce à des pierres posées par-dessus. Le rouissage devait être surveillé attentivement car il varie selon la température de l'eau. Il polluait les cours d'eau, aussi les agriculteurs étaient-ils amenés à avoir un point d'eau personnel réservé à cette opération.
Les bottes de chanvre roui étaient mises à sécher tout d'abord sur un pré ou mieux, sur les chaumes de blé (meilleure aération du chanvre) ; on "l'égaillait" en le tournant de temps en temps. Pour un meilleur séchage, on mettait les poignées éventuellement debout par douze de façon à faire des "huttes". Le chanvre déjà bien sec était rentré sous hangar ou grange et attendait le passage au four.
C'est seulement ensuite que le chanvre était chauffé dans des fours à chanvre à partir du XIXème siècle. Ces fours étaient isolés des habitations en raison des forts risques d'incendie. Dans la partie inférieure du four (chambre de chauffe), un récipient rempli de coke enflammé dégageait une forte chaleur afin de sécher la fournée placée au-dessus du foyer, dans la partie supérieure du four (chambre de séchage). Les bottes étaient ensuite sorties et écrasées dans une broyeuse (en deux passages) afin de séparer la filasse des autres parties de la tige. Ce broyage ou brayage se faisait en novembre ou décembre.
Le nettoyage des poignées était achevé à la main et la filasse engrangée.

Récolte du chanvre par arrachage.
Rouissage du chanvre.
Séchage sous forme de "huttes" composées de douze poignées et broyage du chanvre dans une brayeuse à rouleaux de fonte. Les poignées de chanvre sortant du four sont disposées sur la table et engagées entre les rouleaux.
Séchage dans un four à chanvre. Celui-ci (région du Belinois) est double contrairement à la plupart des fours de la Sarthe qui sont simples.
(Clichés Epopée du chanvre - Sauvegarde des fours à chanvre)

Détails de la transformation au niveau de la tige de chanvre

Tige de chanvre fraîche.
Au cours du rouissage, les fibres se détachent de l'intérieur de la tige (partie ligneuse)
qu'on nomme alors "chénevotte".
Fibres après défibrage dans un moulin à marteaux ou broyeur.
(Clichés La chanvrière de l'Aube)


De nos jours, le rouissage est évité et les andains sont pressés en balles et stockés. Puis les fibres sont séparées du reste de la tige qui constituera la chènevotte (résidu ligneux), ce défibrage est réalisé dans un moulin à marteaux ou broyeur qui frappe fortement les tiges.
Les fibres sont ensuite filées et éventuellement tissées.

 


 
 
Michèle Mosiniak, Roger Prat.

Nous remercions l'Association Sauvegarde des fours à chanvre et M. Roger Malassigné de Thoigné dans la Sarthe. Les photographies sont issues d'un document réalisé pour l'association par des étudiants en patrimoine (DUFCEP), Université du Maine, Le Mans.
http://www.sarthe.com/chanvre/

La Chanvrière de l'Aube.
http://www.chanvre.com

Dernières modifications : 23 mai 2005
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