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Les textiles d'origine végétale
09-Le traitement du lin
 

Les capsules vertes contenant les graines deviennent jaune-brun, ce qui correspond à la maturité des fibres, environ 7 semaines après la floraison. Le lin fibre s'arrache afin de conserver une longueur maximum aux tiges. Les tiges jaunissantes arrachées sont rassemblées en andains (les andains sont des alignements de plantes arrachées ou fauchées sur le sol).

La paille résiduelle est utilisée pour la réalisation de panneaux de particules, de litières pour animaux.
Les fibres destinées à la papeterie ne sont pas rouies.
Les fibres destinées à l'industrie textile subissent alors le rouissage : isolement des fibres par désagrégation des tiges laissées sur le sol humide et attaquées par les microorganismes, biotechnologie utilisée depuis le néolithique. Il se produit une dégradation par hydrolyse enzymatique des ciments pectiques qui donnent la cohésion des fibres entre elles et avec les autres tissus.

Deux techniques sont possibles :

Le rouissage à l’eau : les tiges sont immergées dans l’eau à 32°C pendant trois jours environ.
Le rouissage à terre (méthode la plus courante actuellement): les tiges sont étalées sur des terrains humides (arrosées si nécessaire), pendant vingt à quatre vingt dix jours selon les conditions météorologiques, sous l’action des microorganismes. Les andains sont retournées régulièrement et l'opération est surveillée attentivement afin que les fibres ne s'altèrent pas.

 
Faisceau de fibres en cours de séparation par rouissage ;
on observe entre elles des restes de parois primaires et lamelles mitoyennes dissociées.

Cette étape délicate du rouissage demande beaucoup de savoir faire de la part des liniculteurs. L'opération suivante est le teillage dont le but est l'isolement des faisceaux fibreux par action mécanique.
Le teillage : les tiges sont étalées, égrenées, débarrassées des débris autres que les fibres, étirées entre des rouleaux, broyées entre des rouleaux cannelés, battues pour éliminer les débris ligneux (bois et écorce) qui sont nommés les "anas" et pour mettre à part les graines. La fin de l'opération ou teillage proprement dit a pour but de séparer les fibres longues et les fibres courtes. Les fibres longues constituent la " filasse " ou longs brins qui part vers les filatures pour la filière textile. Les fibres courtes ou "étoupes de teillage" seront transformées en "non-tissés" ou mélangées à d'autres fibres.
Tiges de lin récoltées pour rouissage ; après rouissage : filasse démêlée.
Filasse peignée.

Alimentation en étoupe (Cliché A. Bonnesoeur).
Etoupeuse (Cliché A. Bonnesoeur).

Etoupe de teillage (Cliché A. Bonnesoeur).
Balles d'étoupe de teillage (Cliché A. Bonnesoeur).

 

L’usine reçoit le lin sous forme de filasses qui vont subir :
Le peignage qui consiste à démêler la filasse, éliminer les débris, diviser les faisceaux.
L’étalage en nappes puis rubans.


 

Michèle Mosiniak, Roger Prat.

Nous remercions vivement M. Antoine Bonnesoeur qui nous a autorisés à utiliser les photographies de son mémoire d'ingénieur et nous a renseignés.
Dernières modifications : 23 mai 2005
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