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Le papyrus
La tige de Papyrus, structure anatomique

Les échantillons de plantes analysés proviennent, soit de l'Institut du papyrus au Caire (Docteur Ragab), soit du Museum d'Histoire naturelle à Paris, soit d'une boutique de fleuriste.

Base des tiges d'un pied de papyrus.
(Cliché Eve Menei)

Coupe transversale de tige de papyrus montrant la présence d'un parenchyme à larges lacunes ou aérenchyme.

Coupe transversale de tige de papyrus. Vue des différents tissus (contraste de phase).
(Cliché Jean-Pierre Rubinstein)

Nombreux faisceaux conducteurs dispersés dans l'aérenchyme. Détail d'un faisceau conducteur présentant du xylème constitué de deux larges vaisseaux et du phloème, entourés d'un cylindre de fibres.
(Coloration au carmin vert d'iode, la cellulose est colorée en rose et la lignine en vert.)
(Cliché Jean-Pierre Rubinstein)


Tout le centre de l'organe est occupé par une abondante moelle formée surtout d'un parenchyme de type aérenchyme. Le caractère spongieux de ce dernier est dû à la présence de larges lacunes disposées en canaux parallèles. Ces lacunes sont séparées par des lames ayant une seule épaisseur de cellules. A la jonction de ces lames se trouve, soit une cellule trilobée, soit trois cellules en butée.

Coupe transversale de tige de papyrus vue en microscopie électronique à balayage (MEB).
Les faisceaux conducteurs sont dispersés dans un aérenchyme à larges lacunes.
Détail de la région centrale de tige de papyrus vue en perspective (MEB). L'aérenchyme forme des lames unicellulaires limitant les lacunes .
Fort grossissement, un faisceau conducteur au milieu de l'aérenchyme montrant 2 gros vaisseaux (MEB).

L'aérenchyme est parcouru par de nombreux faisceaux conducteurs de dimensions variées et disposés irrégulièrement.Le protoxylème est résorbé en laissant une large lacune ; les éléments vasculaires sont réduits à deux gros vaisseaux de métaxylème. Le faisceau est entouré par un cylindre de fibres surtout développées aux pôles phloèmien et xylèmien. Les fibres sont des éléments longs de 1 à 4 millimètres à croissance intrusive, à paroi épaisse présentant une forte teneur en cellulose et un lumen réduit.

Une gaine périfasciculaire assure la transition entre les faisceaux conducteurs et l'aérenchyme. Constituée par des cellules ovoïdes, à paroi cellulaire non lignifiée, elle est en contiguité par sa face interne, avec le cylindre de fibres et de cellules sclérenchymateuses. La majeure partie du contenu de ces cellules est occupée par de nombreux plastes, contenant chacun trois ou quatre grosses enclaves amylifères.

La présence ou l'absence d'amidon dans ce matériel a été source de controverses entre les papyrologues. C'est un point important car l'amidon constitue un produit d'adhésion possible lors de la confection des supports d'écriture et nous aurons à y revenir. Certains auteurs ont nié cette présence, c'est pourquoi il est nécessaire d'insister sur le fait que l'amidon a été mis en évidence ici dans pratiquement tous les types cellulaires des tissus médullaires, y compris dans les fibres de soutien les plus différenciées. Toutefois, son abondance dépend de l'origine des échantillons. Il est observé plus fréquemment dans les tiges poussées en Egypte que dans celles provenant du Museum d'Histoire Naturelle. Il est donc probable que l'âge, le niveau dans la tige et les conditions de culture (en particulier l'éclairement et la température) expliquent en partie les controverses, conditions qui ne semblent pas avoir été prises en compte par certains auteurs.

Coupe transversale de tige de papyrus.
Cellule de la gaine périfasciculaire remplie de volumineux grains d'amidon. Microscopie électronique à transmission.

Dans les régions les plus différenciées, c'est-à-dire au coeur des pôles fibreux des plus gros faisceaux vasculaires, les parois sont toutes massives, n'exposant pas de stratification.


Michèle Mosiniak et Roger Prat
 
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