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Les mouvements des végétaux
Les tropismes de contact (haptotropisme)

L'haptotropisme (ou tropisme de contact) permet à la plante de diriger sa croissance en fonction d'un contact physique venant de l'environnement.

  • Le mécanisme est une croissance différentielle sur les deux faces de l'organe qui se traduit par une courbure.
  • Le stimulus est un événement extérieur directionnel, ici le contact d'un objet.
  • La direction du mouvement dépend de la direction du stimulus (donc de la position de l'objet). L'haptotropisme est le plus souvent positif pour les tiges. Ainsi, la plante s'enroule autour d'un support quand elle le rencontre physiquement (par contact).
  • Le mouvement n'est pas réversible puisque la croissance n'est pas réversible.
  • L'haptotropisme fait intervenir une régulation de la croissance induite principalement par une hormone, l'auxine, mais les mécanismes sont souvent complexes et peuvent faire intervenir des surfaces spécialisées (épiderme, poils, etc.).
  • L'haptotropisme représente une forme d'adaptation physiologique aux conditions variables du milieu. Cette adaptation est fondamentale pour les plantes volubiles qui sont des organismes fixés ne pouvant pas se déplacer. Ces plantes ne présentent en général pas ou peu de tissus de soutien et l'utilisation d'un support (tuteur artificiel ou autre plante ligneuse) est nécessaire.
  • Remarquons que ce tropisme de contact est souvent facilité par l'existence de mouvements révolutifs de type circumnutations (mouvements d'exploration) qui augmentent les probabilités d'entrer en contact physique avec un support.

Les conditions de la rencontre d'un support

L'enroulement sur un support donné implique que la plante volubile rencontre physiquement ce support. Ce sont des mouvements apparemment aléatoires, mais en fait hélicoïdaux qui permettent à la plante de se positionner dans différents endroits de l'espace en fonction du temps et de ce fait de multiplier ses "chances" de rencontrer un support "intéressant". Les mouvements de circumnutation constituent cette possibilité "d'exploration" plus ou moins aléatoire du milieu.

1er exemple : la circumnutation d'une vrille

Les vrilles ont des origines variées. Dans le cas de la cobée (Cobaea sp. (Polemoniaceae)), la vrille est formée par l'extrémité de la feuille.

vrille de cobée
vrille de cobea
cobée

Trois photographies prises à 30 minutes environ d'intervalle. On constate deux phénomènes :

  • un déplacement hélicoïdal important de la flèche,
  • un mouvement pendulaire des feuilles.

Remarquons que le mouvement est indépendant de la présence du support. Ici, malgré la proximité du tuteur, le mouvement de circumnutation n'a pas permis d'effleurer celui-ci et aucune réaction d'accrochage ne s'est manifestée.

Pour voir ce phénomène en vidéo :

  • séquence A : faible définition, 160x120 pixels,115 KO,
  • séquence B : meilleure définition, 320x240 pixels, 250 KO.

Le mouvement observé est typiquement une circumnutation (mouvement hélicoïdal de grande amplitude). Ce mouvement peut être considété comme un "mouvement d'exploration". Dans l'exemple décrit ici, la vrille n'a pas effleuré le support. Lorsque l'organe touche un support, le contact provoque plusieurs réactions :

  • un enroulement serré autour du support dû à un tropisme (haptotropisme).
  • une réaction de rétraction par un phénomène d'enroulement hélicoïdal. C'est dans ce cas que la vrille mérite son nom. Voir vrilles .

2ème exemple : la circumnutation d'une tige de liseron (Convolvulus arvensis L.)

L'extrémité de la tige principale, souvent appelée "flèche", est constituée d'entre-noeuds très grands à croissance très rapide. Les feuilles, par contre, ont un développement très réduit. Le mouvement permet d'explorer de manière aléatoire un espace très vaste.

tige de liseron
tige de liseron
tige de liseron
tige de liseron
Le mouvement d'une tige de liseron est très rapide. 1 heure sépare la première de la dernière de ces 4 photographies.

Pour voir ce phénomène en vidéo :

  • séquence A : faible définition, 160x120 pixels, 350 KO,
  • séquence B : meilleure définition, 320x240 pixels, 1 MO

Si, par hasard, cette tige effleure un support (tuteur artificiel, branche d'une autre plante ou autre tige de son propre individu), des réactions remarquables se mettront en place.

3ème exemple : l'haptotropisme (ou tropisme de contact) d'une tige de liseron

tige de liseron tige de liseron tige de liseron tige de liseron tige de liseron tige de liseron
L'entoulement d'une tige de liseron sur un support. Remarquez le mouvement hélicoïdal un peu aléatoire qui devient très régulier au fur et à mesure que le resserement sur le support se réalise.

Pour voir ce phénomène en vidéo :

  • séquence A : faible définition, 160x120 pixels,115 KO,
  • séquence B : meilleure définition, 320x240 pixels, 250 KO.

L'association des deux phénomènes décrits (circumnutation ou mouvement d'exploration révolutif) et haptotropisme permettent à la tige grêle du liseron de se développer à des hauteurs non négligeables en utilisant comme support d'autres plantes.

fleurs de liseron
fleur de liseron
Liserons dans un buisson de genêts. Après sa germination, le liseron par des mouvements révolutifs de circumnutation a touché les tiges de genêt. Le phénomène d'haptotropisme lui a permis de s'enrouler autour des tiges à l'intérieur du buisson plus ou moins étiolé et d'atteindre la périphérie du buisson. Soumis à la lumière, il a alors développé des feuilles de grande taille puis des fleurs

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J.P. Rubinstein et R. Prat
 
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