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Les mouvements des végétaux

Jean Pierre Rubinstein et Roger Prat
Montage : Véronique Vonarx

 

Les végétaux terrestres sont des organismes fixés. Ils sont ainsi caractérisés par une apparente immobilité. Cependant, une étude attentive, qui peut être améliorée par des prises de vues accélérées, montre que les végétaux sont le siège de nombreux mouvements discrets ou de grande amplitude, rapides ou très lents, passifs ou actifs, autonomes ou dépendants de l'environnement. Ces mouvements sont liés à des particularités anatomiques, des différences de turgescence ou d'hydratation ou des problèmes de croissance différentielle. Ils permettent souvent de réagir en fonction des facteurs de l'environnement.

On peut classer les mouvements végétaux en quelques groupes selon les mécanismes mis en jeu.
Vous pouvez ci-dessous accéder à une présentation des grands groupes de mouvements illustrée de schémas, photographies et animations "QuickTime".

Mouvements passifs :
Ces mouvements dépendent essentiellement de la conjonction des particularités anatomiques, morphologiques ou physiologiques de l'organisme et des conditions du milieu. Ces mouvements sont, dans la plupart des cas, irréversibles. Certains dépendent essentiellement de la dynamique de l'environnement (vent ou transport par des animaux). D'autres sont en relation avec des particularités morphologiques.

Les variations d'hydratation ou de turgescence entre les deux faces d'un organe peuvent provoquer une courbure (réaction d'un bilame). Cette courbure peut se réaliser brutalement et sa dynamique dépend de caractéristiques anatomiques Certains d'entre eux, très spectaculaires, permettent la dispersion des graines

Les réactions de dilatation ou de contraction par hydratation différentielle concernent des tissus morts ou simplement leur paroi. Lorsque le mécanisme fait intervenir la turgescence des cellules, il s'agit de tissus vivants.

 
 

Nasties de turgescence :
Ces mouvements sont également dus à des variations différentielles de turgescence mais ce sont des mouvements actifs, réversibles en réponse à une stimulation de l'environnement. Le sens du mouvement dépend essentiellement des caractéristiques de l'organe et est indépendant de la direction du stimulus.

Les nyctinasties, mouvements de "veille et de sommeil" en relation avec la lumière sont parfois associés à un rythme circadien. Les thigmonasties, en réponse à un choc sont des mouvements très rapides accompagnés de phénomènes électriques (sensitive, dionée). Les hydronasties répondent au degré d'hydratation du milieu (exemple : feuille d'oyat). L'ouverture et la fermeture des stomates correspond à un cas particulier de ces mouvements puisqu'elles concernent un groupe de deux cellules.

Mouvements généraux de croissance:
L'augmentation de taille d'un végétal ou certains actes plus spécifiques comme l'épanouissement des fleurs provoquent des mouvements complexes. La croissance n'est pas linéaire et s'accompagne de mouvements variés (inégalités de croissance) dont certains ont été bien étudiés.
Dans certains cas, la croissance annuelle de l'apex terminal, associée à la destruction des parties anciennes peut se traduire par le déplacement de l'organisme entier. C'est le cas des plantes à rhizomes horizontaux (sceau de Salomon).


Nasties de croissance
Certaines nasties qui possèdent les mêmes caractéristiques de réponse que les nasties de turgescence diffèrent par leur mécanisme. Elles dépendent d'une croissance différentielle des deux faces de l'organe sous l'influence de la température (enroulement des apex en croissance, thermonasties : ouverture et fermeture journalières de fleurs ).

Nutation et circumnutation
Ce sont des mouvements de croissance autonomes d'origine endogène et relativement indépendants de l'environnement ; la température et la lumière peuvent les modifier. Ces mouvements hélicoïdaux de l'apex des plantes (nutations) sont de grande amplitude (circumnutations) chez les plantes volubiles. C'est un mouvement d'exploration de l'espace qui donne à la plante plus de probabilité de trouver un support (coléoptile, pois, haricot).

 
 

Tropismes
Il s'agit là des mouvements les plus élaborés. Le mécanisme est une croissance différentielle des deux côtés d'un organe qui se traduit par une courbure. Le stimulus est un événement extérieur directionnel. La direction du mouvement dépend de la direction du stimulus (tropismes négatifs ou positifs). Le mouvement n'est pas réversible puisque la croissance n'est pas réversible. Selon la nature du stimulus, on distingue principalement le phototropisme (lumière), le gravitropisme (gravité) et l'haptotropisme (contact).

 

Mouvements de rétraction
A priori, une croissance négative ne peut exister. Cependant certains mouvements liés à la croissance (positive) peuvent se traduire par des effets négatifs (racines tractrices des bulbes, rétraction hélicoïdale des vrilles).

 
Les racines tractrices des bulbes
(Pour bientôt)

Mouvements cellulaires : ces mouvements sont communs à toutes les cellules, animales ou végétales (microtubules, chromosomes, vésicules golgiennes, transferts membranaires, transferts nucléo-cytoplasmiques, etc…). La cyclose est un mouvement intra-cellulaire facilement observable chez les végétaux.

Les mouvements de cyclose des cellules végétales avec trois exemples : les poils de tradescantia, l'épiderme d'oignon et l'élodée du Canada

 

 

 

 

Dernière modification : 21 mars 2005
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