Messor sp.

(la moissonneuse)

 

Le transport des fruits

Il s'effectue le long de pistes que suivent les fourmis en colonnes montantes et descendantes. Ces pistes sont balisées par le dépos fréquent par les ouvrières en déplacement, de secrétions anales. On parle de pistes odorifiques "de plus en plus parfumées à mesure que l'on se rapproche du nid" (F. Bernard, 1951). C'est ainsi que sont transportées toutes sortes de graines, glumes et autres panicules.

Il arrive que les fardeaux transportés soient particulièrement volumineux au point de dépasser les propres dimensions de l'ouvrière. Mais son opiniâtreté finit par avoir raison de la difficulté et c'est en marche arrière que le colis est acheminé jusqu'à la fourmillière.

La moisson peut obliger les ouvrières à parcourir de longues distances pendant lesquelles elles cheminent plus ou moins lentement entre les obstacles et les accidents de terrain. "Beaucoup d'individus se trompent et ramènent au nid des coques vides ou des cailloux" (F. Bernard, 1951). C'est le cas dans la video ci-dessous où on peut voir une ouvrière Messor arenarius transporter j'usqu'à l'entrée du nid, une gousse ouverte et vidée de ses graines .

Pendant tout l'été, le transport des graines constitue une activité intense. L'entrée du nid est le théâtre d'un va et vient incessant où les ouvrières se croisent dans une cohue indescriptible, en apparence du moins, car le flot ininterrompu et dense des ouvrières s'effectue dans une fluidité remarquable sans embouteillage. Malgré l'affluence, on n'observe jamais de collision. De toute évidence, chaque individu connaît sa place, son trajet et exerce sa fonction au bénéfice de la société avec un optimum de rentabilité.