- [Suite :perception du stimulus]
Dès le début du 18ème siècle,
Dodart et Astruc remarquent l'orientation verticale de bon nombre d'organes
végétaux, et émettent l'hypothèse d'une
relation avec la gravité. En effet, lorsqu'une racine, par exemple,
croit initialement dans la direction du champ de gravité, puis
est placée ensuite perpendiculairement à celle-ci, on
observe au bout d'une vingtaine de minutes l'apparition d'une courbure
qui tend à ramener la pointe de la racine dans la direction du
champ de gravité.
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| Racine
de lentille après 27h de germination à la verticale
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La racine est placée
perpendiculairement au champ de gravité |
Courbure observée
après 2h |
Ce n'est cependant qu'un siècle plus tard que la relation causale
entre gravité et orientation des organes végétaux
a été montrée expérimentalement.
Cette mise en évidence a été réalisée
lors de l'expérience de Knight (1806). Celui-ci, en
plaçant de jeunes plantules sur un tambour tournant autour
d'un axe vertical, a observé que les tiges se courbaient en
se rapprochant de l'axe de rotation du tambour, tandis qu'au contraire
les racines se courbaient en s'éloignant de cet axe.
Dans ce dispositif expérimental, la rotation du tambour crèe
une accélération centrifuge C dont les propriétés
physiques sont tout à fait semblables à celle de la
gravité G, si ce n'est que son orientation diffère.
L'orientation observée pour les tiges et les racines des plantes
correspond donc bien à une réponse à un facteur
environnemental qui est le champ de gravité en milieu naturel,
ou une accélération R artificiellement créée
dans l'expérience de Knight.
schémas "roue de Knight"
: R. Prat
A la fin du 19ème siècle, Franck montre
le premier que la réponse gravitropique est liée à
la croissance des organes. En effet la courbure observée dans
l'expérience de Knight, ou lorsqu'une racine ou une tige est
placée à l'horizontale, correspond à une augmentation
de la vitesse d'élongation au niveau de la zone de croissance
du côté extérieur à la courbure, tandis
qu'au contraire la vitesse d'élongation est ralentie du côté
intérieur à la courbure. Il introduit alors le terme
de géotropisme qui a depuis été remplacé
par celui de gravitropisme.
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Les racines s'orientent dans le sens du champ de gravité,
c'est à dire "pointe vers le bas". Il s'agit donc d'un gravitropisme
positif, tandis qu'au contraire les coléoptiles et les tiges
s'orientent dans le sens opposé au champ de gravité
: il s'agit alors d'un gravitropisme négatif.
Depuis les travaux de Knight, des études ont permis de préciser
les mécanismes mis en jeu dans la réaction gravitropique,
même si des incertitudes demeurent encore à l'heure actuelle.
Enfin récemment, la conquête spatiale a permis de réaliser
des expériences en condition d'apesanteur. Les résultats
obtenus ont alors permis, entre autres, de confirmer le rôle
important de la gravité sur la morphogenèse chez les
végétaux.
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| Lentilles
après 25h de germination en gravité artificielle
(mission spatiale). La force de gravitation, notée g
sur la photo, est recréée grţce à une centrifugeuse.
Les racines sont orientées dans la direction de la force
de gravitation |
Lentilles
après 4h de germination supplémentaire en gravité
artificielle. Les racines sont toujours orientées selon
la direction de la force de gravitation. Les quelques déviations
observées par rapport à cette direction sont dues
aux mouvements de circumnutation (voir dossier BMédia sur
la circumnutation).
c : cotyledon, r : racine, s : support humide.
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| Lentilles
après 25h de germination en microgravité (mission
spatiale). Les racines ne s'orientent pas selon une direction
particulière. |
Lentilles
après 4h de germination supplémentaire en microgravité.
On remarque notamment que les racines des lentilles dont les cotylédons
sont marqués par une étoile se sont totalement réorientées
au cours de ces quatre heures. |
| Photographies
laboratoire CEMV, université Paris 6. Mission spatiale
IML-2 (1994) |