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La cellule musculaire lisse vasculaire (CMLV)

Stéphane Frayon, Carine Cueille, Roger Prat et Jean-Michel Garel

 

 
 
A- Localisation, structure et fonction des CMLV

1) Structure et fonction du système vasculaire
2) Structure d’un vaisseau sanguin
3) Ultrastructure de la CMLV
4) Rôle de la CMLV dans le système vasculaire

B- Mécanisme de la relaxation/contraction de la CMLV

1) Homéostasie du calcium intracellulaire : état basal
2) Contraction de la CMLV
3) Relaxation de la CMLV

C- Régulation de la contraction/relaxation de la CML 1) Contrôle par le système nerveux autonome
2 ) Contrôle hormonal
3) Autres contrôles

Les cellules musculaires ont une seule et même fonction dans l’organisme : la contraction. Pour cela, les cellules musculaires utilisent de l’énergie et la transforment en force, comme le ferait un moteur. La contraction d’une cellule musculaire aboutit à son raccourcissement. Le travail effectué au sein d’un muscle ou d’un groupe de muscles est utilisé à des fins diverses :

  • réaliser des mouvements angulaires autour d’un pivot fixe,
  • réaliser des mouvements destinés à provoquer des changements de pression de cavités anatomiques comme les poumons, le cœur, l’intestin, afin de provoquer la propulsion de substances dans ces cavités (air, sang et aliment),
  • réaliser les mouvements de la langue qui interviennent dans la fonction digestive mais surtout dans la phonation.


Selon la fonction qu’ils doivent remplir les tissus musculaires sont constitués de différents types de cellules musculaires. Il existe quatre types de cellules musculaires constituant autant de types de tissus :

  • le tissu musculaire squelettique, constitué de cellules musculaires squelettiques (CMS), qui recouvre le tissu osseux et s’y attachent, utile au mouvement volontaire et au maintien de la posture.
  • le tissu musculaire cardiaque constitué de cellules musculaires cardiaques que l’on ne retrouve que dans le cœur où il remplit la fonction de contraction rythmique.
  • le tissu myoépithélial constitué de cellules myoépithélilales que l’on retrouve au niveau de certaines glandes sécrétrices comme les glandes salivaires, les glandes sudoripares et les glandes lactifères.
  • le tissu musculaire lisse (également dénommé tissu viscéral par opposition au tissu squelettique) constitué de cellules musculaires lisses (CML) et qui forme le tissu contractile des organes creux.


Les vaisseaux sanguins, la trachée, les bronches, le larynx, l’estomac, l’intestin, les sphincters, la vessie et l’utérus sont des organes qui contiennent un grand nombre de CML. Elles permettent à ces organes, souvent creux, de se contracter afin d’expulser leur contenu, d’empêcher ou de contrôler le passage d’aliments ou de déchets. La contraction de ces CML est non volontaire, contrairement aux cellules musculaires squelettiques, et contrôlée par le système nerveux autonome (système neurovégétatif) et par le système hormonal. Ces deux systèmes vont réguler de façon précise l’état de contraction ou de relâchement de ces CML en modifiant le taux d’un important messager intracellulaire : le calcium (Ca2+). L’état contractile des CML est en effet directement lié au taux du Ca2+ intracellulaire libre dans le cytoplasme de ces cellules mais aussi à la sensibilité de l’appareil contractile à ce Ca2+. Dans des conditions physiologiques, les CML sont toujours soumises à une multitude de stimuli, ce qui fait que les cellules ne sont jamais complètement relâchées en condition basale mais plutôt dans un état semi-contracté. Cet état est appelé " tonus " musculaire.

Le tonus vasculaire, tonus musculaire des vaisseaux sanguins, est déterminé par l’état contractile des CML de la paroi des vaisseaux (CML vasculaire : CMLV). Outre le contrôle nerveux, l’état de contraction de ces CMLV va être influencé par un certain nombre de substances hormonales dites vasoactives. Les molécules qui provoquent un relâchement des CMLV et donc augmentent le diamètre du vaisseau, sont dites vasodilatatrices et les molécules qui au contraire provoquent une constriction de ces vaisseaux sont dites vasoconstrictrices. On peut schématiquement dire que les substances vasoconstrictrices élèvent le taux de Ca2+ alors que les vasodilatateurs la diminuent, mais ces substances agissent également en sensibilisant ou désensibilisant l’appareil contractile de la CMLV.

C’est donc la régulation du taux de Ca2+ cytoplasmique dans la CMLV qui va déterminer l’état contractile de cette cellule. Ce taux est très finement régulé dans la CMLV et va être fonction à la fois des entrées/sorties de Ca2+ de la cellule mais aussi de sa libération et de son recaptage par le réticulum sarco-endoplasmique. Les entrées de Ca2+ d’origine extracellulaire sont essentiellement modulées par le potentiel de membrane alors que les libérations de calcium des réserves endoplasmiques dépendent plus de messagers intracellulaires, mais nous verrons que ces deux systèmes sont étroitement imbriqués.

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Dernière modification : 28 juin 2005
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