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La cellule musculaire lisse vasculaire (CMLV)
A- Localisation, structure et fonction des CMLV
 
2) Structure d’un vaisseau sanguin
2.1 L’intima
2.2 La média

2.3 L’adventice
2.4 Vaso vasorum

2.5 Innervation

Les vaisseaux sanguins sont constitués de trois tuniques morphologiquement distinctes, de l’intérieur vers l’extérieur du vaisseau : l’intima, la média et l’adventice. L’importance et la complexité de ces trois tuniques dépendent du vaisseau sanguin et peuvent être très grandes ou réduites à une simple mono-couche cellulaire.

2.1 L’intima

L’intima est principalement constituée de l’intérieur vers l’extérieur, d’une mono-couche de cellules endothéliales et d’une fine couche de tissu conjonctif. Ces cellules endothéliales sont directement en contact avec le sang circulant et donc avec les métabolites, les hormones, et tout ce que peut transporter le sang. Cette couche est identique quel que soit le territoire vasculaire et il y a très peu de différences dans sa structure. Il faut noter cependant que dans les artères élastiques, l’intima, très épaisse peut contenir des CML particulières dites myointimales. Quel que soit le diamètre de la paroi, il y a toujours une seule couche de cellules endothéliales. Ces cellules endothéliales sont en forme de losange et leur juxtaposition constitue une mosaïque. Leur grand axe est allongé dans le sens de l’écoulement sanguin et cette orientation est déterminée par les forces de cisaillement appliquées à leur surface.

2.2 La média

La média contient exclusivement des CML et des constituants extracellulaires : fibres élastiques, fibrilles d’élastine, faisceaux et fibrilles de collagène, protéoglycanes. Cette couche est très variable selon les différents territoires vasculaires, et la présence et l’organisation aussi bien des fibres élastiques que des CML varient selon la fonction des vaisseaux. Dans les artères élastiques (artères brachio-céphaliques, artères sous-clavières, carotides, iliaques, artères pulmonaires et aorte), la média est constituée de plusieurs lames élastiques concentriques entre lesquelles on retrouve les CML. Le nombre de ces lames élastiques est fonction du diamètre de l’artère. Les CML et les lames élastiques forment une unité lamellaire (Wollinsky et Glagov, 1967 a). Le nombre d’unités lamellaires est proportionnel au diamètre du vaisseau, et augmente progressivement avec le poids et la taille chez les différents animaux. Cette organisation en structure lamellaire n’existe que dans les artères élastiques, les artères musculaires ne possédant pas cette architecture. La notion d’unité lamellaire a été complétée en 1985 par celle plus précise de feuillet musculo-élastique (Clarck et Glagov, 1985) : c’est un groupe de cellules enveloppé par une matrice constituée d’une lame basale et de fibrilles de collagène, le tout enveloppé dans un tapis de fibres élastiques. Les artères musculaires possèdent une lamelle élastique interne (limitante élastique interne) et externe (limitante élastique externe) qui séparent la média respectivement de l’intima et de l’adventice, et quelques lamelles élastiques entre les différentes couches de CML. Dans ces deux types d’artères, les CML sont arrangées de façon concentrique. Dans certains types d’artères, on peut voir la présence de CML entre l’intima et la média (notamment dans les artères coronaires et les artères rénales). Dans les artérioles, il n’y a généralement pas de lamelles élastiques (Fernando et al., 1964 ; Hogan et al., 1963), et les couches de CML sont beaucoup moins nombreuses mais toujours arrangées de la même façon (1 à 2 couches de CML). Dans les veinules et certaines veines, les CML et les fibres élastiques sont plutôt organisées de façon longitudinale, selon l’axe du vaisseau. Dans les veines, les deux types d’organisations coexistent avec plus ou moins d’importance selon le type de veines (Kugelgen, 1955 ; Rhodin, 1980).

2.3 L’adventice

L’adventice est peu ou très présente selon le type de vaisseaux. En général, l’adventice est constituée de fibres de collagène. Elle contient également quelques fibres élastiques épaisses et des fibroblastes. Son organisation est à peu près la même quel que soit le type de vaisseau. Cependant, dans les veines, très souvent la média et l’adventice sont difficiles à distinguer.

2.4 Vaso vasorum

Les vaisseaux, comme tous les autres organes, sont constitués de cellules (endothéliales et musculaires) qui doivent recevoir des nutriments et de l’oxygène (O2) et rejeter des déchets. La proximité immédiate du sang circulant fait que la plupart du temps, les cellules vasculaires effectuent directement leurs échanges avec le sang circulant. Pour les vaisseaux de gros diamètre, la nutrition des cellules constituant la paroi vasculaire est assurée à la fois par le sang circulant dans le vaisseau mais aussi à partir d’un système capillaire : le vaso vasorum. Ce réseau capillaire va apporter des nutriments aux cellules les plus éloignées de la lumière du vaisseau. Il est présent dans toutes les artères comportant plus de 29 unités lamellaires (Wollinsky et Glagov, 1967 b). Le vaso vasorum peut en outre apporter un certain nombre de médiateurs et d’hormones en contact plus ou moins direct avec les CML des artères les plus grosses.

2.5 Innervation

Les vaisseaux sont innervés par des fibres nerveuses dont les afférences aboutissent à la limite de la média et de l’adventice. Selon le modèle proposé par Burnstock et Iwayama (1971), l’arborisation terminale de l’axone forme un réseau périvasculaire, qui va faire que toute la tunique musculaire va répondre à un stimulus et non pas chaque CML individuellement. Ces fibres nerveuses agissent directement sur les CML de la couche la plus externe de la média puis la transmission de l’excitation se fera de proche en proche par couplage électrique entre les cellules. La densité de l’innervation est inversement corrélée à la taille du vaisseau mais aussi à la résistance du vaisseau. Ainsi, ce sont les petites artérioles pré-capillaires qui sont le plus innervées, ce qui en fait les principales responsables de la résistance vasculaire périphérique. Si la plupart des nerfs vasomoteurs sont noradrénergiques, des terminaisons cholinergiques existent également. D’autres terminaisons ont été mises en avant : elles sont souvent purinergiques, mais peuvent aussi libérer d’autres substances, principalement le peptide vasoactif intestinal (VIP), l’histamine et la dopamine. La sérotonine, la substance P, les enképhalines et le CGRP pourraient aussi être des neurotransmetteurs vasculaires. Enfin, l’action du neuropeptide Y (NPY) comme co-neurotransmetteur du système adrénergique est bien documentée. Il est libéré avec la noradrénaline dont il renforce l’action, directement en stimulant des récepteurs spécifiques (Burnstock et al., 1980).

A-Localisation, structure et fonction des CMLV
B- Mécanisme de la relaxation/contraction de la CMLV
C- Régulation de la contraction/relaxation de la CMLV
Bibliographie

1) Structure et fonction du système vasculaire
2) Structure d’un vaisseau sanguin
3) Ultrastructure de la CMLV
4) Rôle de la CMLV dans le système vasculaire

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Stéphane Frayon, Carine Cueille, Roger Prat et Jean-Michel Garel
 
Dernières modifications : 28 juin 2005
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