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Les plantes carnivores
La digestion des proies piégées

Les espèces citées dans le tableau possèdent des glandes excrétrices de sucs digestifs. L’activité de ces enzymes transforme plus ou moins la matière organique en molécules de faible masse moléculaire absorbables par la plante. Suivant les genres et les espèces, et souvent le type de glande de l’espèce considérée, la nature de ces enzymes varie. La chitinase permettrait de digérer l’exosquelette des insectes. Elle est très souvent absente. Lorsqu'elle est présente, il est difficile de dire si elle est excrétée par la plante ou bien si c'est un apport microbien. Curieusement, même quand elle est présente, dans les pièges, on constate, à l'issue de la digestion la présence des restes chitineux des insectes.

Espèces

Type de glande

Enzymes

   

estérase

phosphatase acide

amylase

protéase

ribonucléase

Cephalotus folicularis

grande

-

+

?

-

?

Cephalotus folicularis

petite

+

-

?

+

+

Dionaea muscipula

 

+

+

?

++

++

Drosera capensis

pédicellée

++

+

?

?

?

Drosera rotundifolia

pédicellée

+

++

?

?

?

Drosophyllum
lusitanicum

pédicellée

+

+

?

++

+

Drosophyllum
lusitanicum

sessile

+

+

?

+

+

Pinguicula grandiflora

pédicellée

+

+

+

+

+

Pinguicula grandiflora sessile
+ +
+ +
-
+ +
+ +

Pinguicula moranensis

sessile

+

+

?

?

?

Pinguicula vulgaris

pédicellée

+

+

+

+

+

Pinguicula vulgaris

Sessile

+

+

+

+

+

Utricularia neglecta

quadrifide

?

+

?

+

?

Nepenthes maxima

 

+

+

?

+

+

Sarracenia purpurea

 

+

+

?

+

?

Légende
? : présence non testée de l'enzyme.

- : absence de l'enzyme.
+ : présence de l'enzyme.
++ : forte activité de l'enzyme

Types d’enzymes localisés cytologiquement dans les glandes digestives. Tableau simplifié d’après Juniper et al. (1989).

Les proies sont, en général, de petite taille : des insectes en majorité, parfois des petits lézards (comme le Gekko par exemple) ; toutefois selon la taille du piège, chez les Nepenthes par exemple, des animaux plus gros peuvent être capturés, comme des petits rongeurs. Les plantes absorbent les produits de digestion des protéines mais ne dégradent pratiquement pas la chitine, élément essentiel du tégument et des ailes d'insectes. On trouvera ainsi, après la digestion, une carcasse vidée de son contenu. La plante conserve les débris jusqu'à l'assèchement de la feuille ou bien, le vent et la pluie lavent les déchets.

Modalités de la digestion : les glandes sécrétrices d'enzymes digestives

Chez les Népenthes, les glandes du tiers inférieur de l'urne sont immergées dans le suc qu'elles ont sécrété quand le piège est mature.
Chez la Dionée, les glandes digestives sur la feuille ne sécrètent aucune enzyme jusqu'à la capture d'une proie. De plus la sécrétion d'une enzyme dépend non pas de l'action mécanique de la proie mais de l'excitation chimique due à la présence de produits azotés émis par celle-ci.
Chez la Drosera, les glandes sont toutes pédonculées et seules celles du bord de la feuille ont une motilité. La substance adhésive est présente sous forme d’une goutte au sommet des poils glanduleux. Divers stimuli, dont sans doute, le mouvement de la proie, la présence de produits azotés, certains sels minéraux, déclenchent la sécrétion d’enzymes.

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Jean-Pierre RUBINSTEIN, Nabila DEVOS, Minh-Lan NGUYEN, Amélie SABOURET, Roger PRAT

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Mise en ligne : juin 2001
Dernière modification : juillet 2002