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Les plantes carnivores
Drosera (Droseraceae)

Il existe 80 à 110 espèces de Drosera localisées principalement dans l'hémisphère Sud. La moitié des espèces vit dans le sud-ouest de l'Australie.
Il existe en Europe trois espèces de Drosera. Ces dernières présentent une rosette de feuilles colorées. Souvent ces espèces sont peu visibles sur fond d'Ericacées sombres ou de Sphaignes rougeâtres.
Une espèce, Drosera rotundifolia a les feuilles appliquées contre le sol et le limbe est arrondi.
Les deux autres espèces ont les feuilles allongées et plus ou moins dressées. Toutes les espèces vivent sur des tourbières ou des sols humides. Les Drosera françaises sont des espèces protégées.

Le piège de ces espèces de Drosera est un piège semi-actif. La capture de la proie se fait par la stratégie "papier tue-mouche", puis les tentacules se recourbent activement vers la proie.

Drosera rotundifolia L.
Drosera longifolia L.

La capture se réalise par la fixation de la proie par les poils recouverts d'un mucilage collant. Les poils se recourbent vers la proie et la feuille se replie légèrement.

Capture des proies par les feuilles de Drosera longifolia portant des restes d'insectes.

Anatomie d'un piège : Drosera aliciae R. Hamet est une espèce cultivée légalement et vendue par des entreprises horticoles. Elle a été utilisée pour illustrer des caractéristiques anatomiques du genre.

Drosera aliciae, diamètre 8cm environ.
Le doigt qui a touché la feuille est encore relié à celle-ci par des filaments de mucilage.

Les mouvements de captures chez les Drosera

Le piège de nompbreuses Drosera est appelé semi-actif car il y a un mouvement au niveau des tentacules et du limbe de la feuille, Les feuilles au limbe relativement plan portent sur une face des poils et constituent les pièges semi-actifs Toutefois les tentacules ont un mouvement trop lent, d'une à plusieurs heures, pour participer à la capture même de la proie. En fait ce mouvement sert d’une part à éviter une perte de liquide nutritif lors de la digestion et d’autre part accélère le processus en favorisant le maintien de la proie. Cette dernière est dirigée vers le centre de la feuille où se situent les glandes digestives. Elle met une à deux semaines pour reprendre sa forme initiale.
Chacun des poils est terminé par un chapeau, composé de plusieurs cellules sécrétrices de mucilage ou d’enzymes, porté par un pied pluricellulaire et vascularisé.
La capture de la proie se fait par la stratégie "papier tue-mouche". La proie s’englue du fait de sa propre activité qui la met de plus en plus en contact avec la glue des poils.

Vue générale d'un poil de Drosera
Chapeau du poil glanduleux.
Schéma d'un poil

En général, selon l'espèce et la lumière, les glandes, comme des boules de glue, sont transparentes ou rouges. La lumière s'y reflétant, la proie croit trouver une goutte d'eau ou de nectar. Elle se pose et se voit collée par les tentacules. Les produits surfactants pénétrant dans les trachées des Arthropodes les noient.
Dans la zone où la proie se pose, les tentacules, nombreuses, se courbent afin de diriger l'insecte vers le centre de la feuille puis la feuille se replie sur la proie.

Pour en savoir plus sur les mouvements liés à la capture de la proie.
- Les événements précoces associés à la perception du contact avec une proie.
Un mouvement rapide (voir William et Pickard1972)
Le mouvement peut être déclanché par une stimulation purement mécanique de la tête des tentacules (Darwin 1875). C’est par contre le pied du tentacule qui se courbe. La zone de réception du signal extérieur est différente de la zone de réaction même si l’on considère que les récepteurs sont situés sur les cellules allongées de l’extrémité du tentacule. La rapidité de la réponse dépend des espèces et de l’état de la plante, de la température etc. La littérature mentionne des réponses de quelques secondes à plusieurs dizaines de minutes voir plus.
On ne connaît pas le détail de la cascade d’événements qui aboutit à la courbure du tentacule. Par contre on connaît des événements qui suivent précocement la ou les stimulations.
Une stimulation de la tête du tentacule engendre des potentiels de réception. Quand celui-ci atteint une certaine amplitude une série de potentiels d’action se déclanchent. La courbure du tentacule se poursuit aussi longtemps que les potentiels d’action perdurent.
Seul le tentacule répond par un potentiel d’action à une stimulation. Aucune autre portion de la feuille ne répond ainsi à une stimulation. Des substances chimiques peuvent elles aussi stimuler la courbure du tentacule.
- Les événements tardifs associés aux mouvements de la feuille de Droséra.
Ils sont de deux sortes. Les uns associés au repliement des tentacules, les autres au repliement de la feuille.
Des expériences avec des auxines (dont l’acide β indol acétique, (AIA)) montrent que celles-ci accroissent la rapidité de repliements de la feuille. Inversement des substances antagonistes de l’AIA inhibent le repliement. Ceci suggère un rôle des auxines dans la courbure des feuilles de Drosera.

Classement de la nature du mouvement de la feuille de Drosera.
Il s’agit d’un mouvement de croissance en réponse à une stimulation et à la présence d’une proie. Le repliement se fait toujours par le recouvrement d’une partie de la face supérieure de la feuille contre l’autre partie de la face supérieure de la feuille. Il s’agit d’une nastie.

A l’aide d’une webcam, des photographies d’une Drosera exotique ont été prises toutes les deux minutes.
La vidéo met en évidence les mouvements liés au repliement d’une feuille.
Un petit morceau de viande a été déposé sur le milieu d’une feuille. Le mouvement débute au bout de 1h 30 environ pour se poursuivre pendant près de 21h.

Vidéo en basse qualité. (1Mo)

Vidéo en haute qualité. (5Mo)

 

Pédicelle pluricellulaire vascularisé.
Base du poil.

Autres représentants du genre Drosera :

Drosera dichrosepala L. Espèce du sud-ouest de l'Australie.
Détail agrandi des feuilles.

Fleur d'une autre Drosera exotique : Drosera binata Labill.

Diamètre de la fleur, 1 cm.

Pour voir une autre plante à piège semi actif : Pinguicula

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Jean-Pierre RUBINSTEIN, Roger PRAT
 
Dernières modifications :24 avril 2007
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