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DU BLÉ AU PAIN
Le blé
       

  La plante

 L'origine

 Les semailles

 La moisson 

Le blé est à l'origine même de l'agriculture. Il reste, après des millénaires, la première plante cultivée au monde. Il fournit les denrées alimentaires les plus demandées sur la planète. Il collectionne les records quantitatifs et qualitatifs. Les surfaces cultivées à travers les continents se mesurent en millions d'hectares et les récoltes se chiffrent en millions de tonnes. Il est loin au premier rang dans les échanges agroalimentaires internationaux comme le GATT (General Agreement on Traffics and Trade) et la PAC (Politique Agricole Commune).
Avant de parler de fonction symbolique, il est nécessaire de préciser les caractères de l'objet : le blé et sa transformation en pain.
Dans cette production et ces transactions, la France tient un rôle important. Elle fait partie des grands greniers du monde et sa vocation céréalière est une donnée majeure de son économie. Elle est le premier producteur de blé européen et elle exporte 50% de sa récolte dans près d'une centaine de pays. Les rendements atteignent des chiffres records, plus de 90 quintaux à l'hectare en Beauce pour les bons millésimes. Toutes céréales confondues, la moisson dépasse 60 millions de tonnes de grains dont plus de 33 millions pour le blé. La meunerie française est la première à l'exportation. On cite les qualités nutritives incomparables de cette plante, rappelons que les dérivés céréaliers entrent aussi dans la composition de nombreux produits non alimentaires : médicaments, papiers, textiles, colles, lessives, peintures, plastiques, biocarburants (les "carburants verts"). Dans l'hexagone, l'ensemble représente 200 milliards de chiffre d'affaires et 150 000 emplois.

Pourquoi ce rôle exceptionnel ? Quelles sont donc les propriétés uniques de cette céréale qui lui ont assuré pérennité et prééminence dans l'activité humaine ? Il faut les chercher d'abord dans son mode de culture et dans la composition unique de la farine qu'elle produit.

C'est la fête du blé, c'est la fête du pain
Aux chers lieux d'autrefois revus après ces choses !
Tout bruit, la nature et l'homme, dans un bain
De lumière si blanc que les ombres sont roses.

L'or des pailles s'effondre au vol siffleur des faux
Dont l'éclair plonge et va luire, et se réverbère.
La plaine, tout au loin couverte de travaux,
Change de face à chaque instant, gaie et sévère.

Tout halète, tout n'est qu'effort et mouvement
Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres,
Et qui travaille encore, imperturbablement,
A gonfler, à sucrer - là-bas ! - les grappes sures.

Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin,
Nourris l'homme du lait de la terre, et lui donne
L'honnête verre où rit un peu d'oubli divin ...
Moissonneurs, - vendangeurs là-bas ! - votre heure est bonne !

Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins,
Fruit de la force humaine en tous lieux répartie,
Dieu moissonne, et vendange, et dispose à ses fins
La Chair et le Sang pour le calice et l'hostie !


Sagesse
Paul Verlaine

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Michèle Mosiniak, Roger Prat et Jean-Claude Roland
 
Dernières modifications : 01 décembre 2006
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