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Arbres et Arbustes

Le Marronnier d'inde (Aesculus hippocastanum, Sapindacées)


Le Marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum L. anciennement de la famille des Hippocastanacées actuellement incluse dans la famille des Sapindacées) est une espèce introduite. C'est un des arbres les plus plantés dans les villes, les parcs et les jardins. Son feuillage est très reconnaissable. Son port, majestueux, est très souvent modifié par les élagages. Il peut servir de modèle pour comprendre la croissance des rameaux des arbres. Son fruit, le marron, est reconnaissable mais ne doit pas être confondu avec celui du Châtaignier, la châtaigne. Les Marronniers, en Europe, sont actuellement victime d'un insecte, la Mineuse du Marronnier (Cameraria ohridella). Il existe d'autres espèces comme le Marronnier à fleurs rouges.

Le feuillage

La feuille du Marronnier, palmée à 5 folioles , est très reconnaissable.

Feuillage d'un Marronnier.
Feuille de Marronnier.

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Le port

Le Marronnier, quand il n'est pas taillé, est un très bel arbre qui peut atteindre une taille très grande.

Marronnier dans un parc.

Comme très souvent, le Marronnier a été planté au bord des routes, voire en bordure des propriétés, il est nécessaire de l'élaguer afin de limiter sa hauteur, en particulier à cause des fils électriques non enterrés.

Marronnier taillé court.
Le même Marronnier deux ans après.

Les Marronniers (comme d'ailleurs les Platanes et les Tilleuls) peuvent être élagués très fortement. Ils régénèrent très rapidement un nouveau feuillage

Marronnier élagué très court (photo prise en hiver).
Le même Marronnier au début du printemps suivant.

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Croissance des rameaux

Le Marronnier, parce que c'est un arbre commun donc très accessible, peut être pris comme modèle pour expliquer les règles de croissance des rameaux.

Le mode de croissance le plus répandu est l'acrotonie. Le bourgeon terminal se développe en produisant un croissance en hauteur de la tige principale. Les deux bourgeons situés juste au dessous (ou la couronne de bourgeons chez les conifères) se développent également avec un angle caractéristique de l'espèce et donnent un aspect étagé à l'arbre. Ces bourgeons inhibent le développement des autres bourgeons situés en dessous.

Remarque : chez les plantes ligneuses de type buisson, ce sont les bourgeons de la base qui sont prioritaires (basitonie).

les
Croissance par acrotonie du Marronnier.
Croissance par acrotonie du Marronnier (détail).

Chez le Marronnier et d'autres arbres, on constate que souvent les branches les plus basses, plus ou moins horizontales ont tendance à pencher vers le sol. L'observation montre que ces branches respectent le principe d'acrotonie (c'est le bourgeon terminal qui se développe le plus avec une croissance plus ou moins horizontale). Pour les bourgeons situés derrière le bourgeon terminal, c'et le bourgeon situé au dessous de le branche qui se développe au détriment de celui situé au dessus (on parle alors d'hypotonie). Ceci contribue à une croissance vers le bas des branches latérales

Hypotonie d'une branche basse de Marronnier.

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Les fleurs et les fruits

Parmi les arbres d'ornement, non fruitiers, le Marronnier arbore dès le début du printemps de magnifiques grappes de fleurs blanches.

Inflorescence de Marronnier.
Détail.

Après la floraison, les fruits se forment, grandissent puis tombent.

marronnier portant de jeunes marrons
Marrons en début de développement
Marrons en tout début de développement.

Le fruit est une capsule épineuse qui s'ouvre en tombant et libère les marrons qui sont les graines.

Capsules de Marronnier.
Marrons.

Lorsqu'on regarde attentivement la déhiscence d'une capsule de Marronnier, on constate qu'elle s'ouvre par trois fentes. le fruit est donc formé de trois carpelles. Chacun contient à l'origine deux ovules. En fait, seule une une graine se développe. Si on y regarde de près, on observe les deux autres loges écrasées et les autres graines avortées.

Trois étapes de la déhiscence d'une capsule de Marronnier, montrant les trois loges, le marron et les autres graines avortées.

Il ne faut pas confondre le marron du Marronnier (une graine dans un fruit) et la Châtaigne (un fruit dans un involucre).

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Maladie : la Mineuse du Marronnier

Une maladie touche les Marronniers depuis quelques années. Au mois de mai, après le développement des feuilles au printemps, des taches brunâtres apparaissent à la surface supérieure des feuilles. Sur ces taches, l'épiderme est boursouflé. Lorsqu'on le soulève avec précaution, on découvre une petite chenille (environ 5 à 7 mm de long).

C'est un petit papillon (Cameraria ohridella), qui a pondu ses oeufs sous l'épiderme. La chenille se développe dans le parenchyme palissadique chlorophyllien de la feuille. Bientôt, elle donnera un papillon et une nouvelle attaque beaucoup plus importante aura lieu.

Rappelons que le parenchyme palissadique chlorophyllien situé sous l'épiderme supérieur de la feuille, est le lieu privilégié de la photosynthèse donc de la nutrition de l'arbre.

Feuille de Marronnier au début de l'infection par la mineuse.
Détail d'une tache de développement de la Mineuse.
Chenille (Mineuse) observée "in situ". les couleurs proviennent de la prise de vue.
Chenille (Mineuse) détachée de son habitacle.


Les feuilles très altérées deviennent tordues et tombent bien avant l'automne

Évolution des feuilles de Marronnier à la fin de l'été.

Comme souvent dans les relations hôte/parasite, la biologie fondamentale de l'hôte est préservée sinon la relation serait interrompue. Ici malgré les dégâts causés par le papillon sur les feuilles donc sur la photosynthèse, le Marronnier a pu effectuer suffisamment de synthèses pour réaliser sa reproduction.

Fruits sur un marronnier malade
Fruits sur un Marronnier malade.

Voici le suivi en image d'un Marronnier attaqué par la maladie.

avril.
juin.
juillet.
août.

Biologie, utilisation

L'espèce est originaire des Balkans.

Son bois est blanc et tendre. Il est facile à travailler mais il s'altère très vite. Il sert à faire de la pâte à papier. C'est un mauvais bois de chauffage. Il existe des risques de chute de branches, en été, chez les sujets âgés.

 

Roger Prat et Jean-Pierre Rubinstein
 
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Dernière modification :10 octobre 2016
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