19/02/15

Salamandra salamandra terrestris

Salamandra salamandra fastuosa

Salamandra atra

Les Salamandres se distinguent aisément des tritons par différents critères:
- surface de la peau: lisse et d'aspect huileux (salamandres) ou granuleuse (tritons).
- queue de section circulaire (salamandres) ou nettement aplatie latéralement (tritons).
- dos à
larges taches jaune vif ou orange sur un fond noir (salamandres) autre pigmentation (tritons).
Salamandra salamandra ou salamandre tachetée est présente dans toute l ' Europe à l'exception d'une large zone centrale de l ' Espagne.

Elle compte 12 sous-espèces dont trois présentes en France:
- Salamandre salamandra terrestris sous- espèce la plus répandue. La taille des individus varie de 14 à 25 cm., taille moyenne 17 cm. +/- 1
- Salamandra salamandra salamandra, sous-espèce localisée principalement dans le sud-est
- Salamandra salamandra fastuosa vivant exclusivement dans les Pyrénées.
Par contre, Salamandra atra, la salamandre noire, de plus petite taille, 12 à 15 cm., présente exclusivement dans le massif alpin entre 800 et 3000 m. d'altitude et la salamandre des montagnes de la Corse Salamandra corsica, sont de véritables espèces, différentes de Salamandra salamandra.

Sommaire
1- Les espèces

- Salamandra salamandra terrestris
- Salamandra salamandra fastuosa
2- Développements embryonnaires et larvaires
- phase de développement in utero
- phase larvaire libre

3-Modalités de la reproduction des Salamandres
- Les salamandres: amphibiens vivipares

4- Squelette axial et membres, incidence sur la motilité des salamandres
- le squelette axial et les membres
- vidéo

5-Quelques caractéristiques anatomiques et morphologiques
- Glandes parotides
- Poumons
- Peau, pigmentation cutanée, mues

1- Les espèces:


Salamandra salamandra terrestris


S.s. terrestris fréquente les lieux humides , ici en bordure d'une vasière.
(Sud Aveyron)

S.s. terrestris allant s'abriter dans une cave.
(Haute-Garonne)

C ' est la salamandre la plus commune en France. Elle présente une ligne discontinue jaune vif sur chaque flanc ce qui la différencie de S. s. salamandra dont les bandes longitudinales jaunes sont continues.
Comme les autres salamandres elle affectionne les sous-bois au sol recouvert de feuilles ou de mousses mais aussi les abords humides et couverts des habitations et les caves. De mœurs nocturnes, elle peut être cependant observée de jour, y compris sur les routes, après une pluie d'été.


Salamandra salamandra fastuosa


mâle S.s. fastuosa (Ariège, altitude 995 m)
mâle S.s. fastuosa (face ventrale)

Grandissement de la région ventrale, niveau du cloaque, lèvres cloacales turgescentes chez les mâles.

En France, cette salamandre est localisée exclusivement dans les Pyrénées centrales. Elle se différencie de S. s. terrestris par ses bandes longitudinales jaunes, deux dorsales et deux latérales ces dernières étant discontinues.


L'habitat de S. s. fastuosa

Comme les autres salamandres elle affectionne les hêtraies profondes au sol recouvert de feuilles. De mœurs nocturnes, elle se réfugie le jour sous les souches et troncs d'arbres pourris ou entre les racines des arbres. Cependant, elle peut être observée sous les couverts après une pluie d'été.

vidéo
Un mâle, reconnaissable à son cloaque bien développé, surpris à découvert sur un sentier des Hautes-Pyrénées, se hâte pour se cacher sous une feuille.

Les Salamandres ont une vie presque entièrement terrestre. Parades et fécondations se font au sol au printemps et en été, avec des individus de 2 ans ou plus, la maturité sexuelle n'étant atteinte au mieux qu'à cet âge. Conséquences de ces particularités chez Salamandra salamandra: les points d'eaux n'abritent temporairement que des femelles adultes et des individus à des stades larvaires tardifs ou en pré-métamorphose.

2- Développement embryonnaires et larvaires

A la différence des tritons, espèces typiquement "ovipares", les salamandres ont développé des formes plus ou moins évoluées de viviparité ce qui restreint fortement leur dépendance au milieu aquatique. Les individus expulsés des voies génitales femelles sont des larves à mi-stade chez S. s. terrestris ou des larves âgées ou des juvéniles chez S. s. fastuosa.

- La phases du développement in utero

Salamandra salamandra terrestris
Le développement embryonnaire et une partie du développement larvaire se déroulant dans l'utérus
, la croissance des embryons et larves s ' y effectuant grâce aux réserves vitellines accumulées dans les ovocytes au cours de l'ovogenèse comme c'est le cas pour la majorité des amphibiens. Les femelles libèrent dans l'eau des individus en phase larvaire.
Salamandra salamandra fastuosa
Le développement embryonnaire et la majorité du développement larvaire se déroulent dans l'utérus. Les femelles libèrent dans l'eau des larves proches de la métamorphose ou au sol des individus juvéniles.
La croissance des embryons et larves s'effectue d'abord grâce à leurs réserves vitellines puis, en l'absence de nutrition par l'organisme maternel, par ingestion d ' oeufs puis d ' embryons de la même fratrie.
Ainsi, 3 types de nutrition se sont succédés dans l'utérus pour assurer la croissance des jeunes: lécithotrophie, oophagie et adelphophagie. De ce fait sur la trentaine d'oeufs ovulés, parfois moins de 10 larves seront libérées par la femelle.


- La phase larvaire libre
Conséquence de leur sortie tardive des voies génitales femelles, seules des larves à des stades tardifs de leur développement sont présentes dans le milieu aquatique.


S.s.terrestris à mi- stade larvaire. Les branchies, 3 par côté, sont encore peu développées, les pattes grêles et la pigmentation diffuse. La tache jaune située à la base des pattes est caractéristique des larves de salamandres; elle n'apparaît pas chez les larves des tritons.

larve âgée de S.s. terrestris. Cette larve est proche de la métamorphose: les touffes branchiales commencent à régresser, les pattes s'épaississent et la pigmentation dorsale noire et jaune de l'adulte se précise.

3- Modalités de la reproduction des Salamandres

Les salamandres: Amphibiens vivipares

A la différence des tritons, espèces typiquement "ovipares", les salamandres ont développé des formes plus ou moins évoluées de viviparité qui limite leur dépendance au milieu aquatique.


Salamandra salamandra terrestris
Le développement des embryons et une partie du développement larvaire, pour une durée totale de 8 à 9 mois, se déroulent dans l'utérus de telle sorte que la femelle ne va à l'eau qu'au printemps suivant pour libérer des larves. Celles-ci se métamorphoseront 3 à 6 mois plus tard, leur taille atteignant alors 50 à 60 mm..
S. salamandra terrestris est ainsi une espèce dite" larvipare" ou "ovovivipare".

Salamandra salamandra fastuosa
L ' adaptation à la vie terrestre est encore plus poussée chez cette sous-espèce. Les femelles libèrent des larves proches de la métamorphose ou parfois même des individus juvéniles. L ' espèce est " larvipare" ou "juvipare".

Le cas extrême est celui de la Salamandra atra, la salamandre noire des Alpes. La parturition s'effectue sur le sol. Les individus expulsés des voies génitales femelles sont des juvéniles, la métamorphose s'étant achevée dans l'utérus. Leur taille, 45 à 50 mm., est déjà conséquente, atteignant le tiers de celle de l ' adulte. Il s'agit là d ' un exemple de stratégie de la reproduction développée en réponse à des conditions climatiques difficiles et la rareté des points d'eaux.
L ' espèce est strictement "juvipare".


Conséquences de ces particularités chez Salamandra salamandra terrestris et fastuosa: les points d'eaux n'abritent temporairement que des femelles adultes et des individus à des stades larvaires tardifs ou en pré-métamorphose, pour Salamandra atra ni larves ou adultes ne sont présents dans les points d'eau.


4- Squelette axial et membres, incidence sur la motilité des salamandres

Dimensions réduites des membres par rapport à la taille de l'animal

Flèches: de droite à gauche: atlas, vertèbres dorsales, vertèbre et côte sacrées,vertèbres caudales


position horizontale du stylopode (humérus)
et position verticale du zeugopode (radius,cubitus)


Squelette céphalique , ceinture scapulaire et pattes antérieures.
flèches: supérieure scapula, centrale: os coracoïde inférieure: cavité glénoïde, pattes antérieures à 4 doigts

Axe squelettique troncal
l
alignement des vertèbres et insertion des côtes
Axe squelettique troncal postérieur et ceinture pelvienne
tibia et fibula très courts


une unique vertèbre sacrée chez les salamandres, , pattes postérieures à 5 doigts

représentation schématique des différentes pièces du membre postérieur droit
Squelette partie postérieure, niveau ceinture pelvienne
Patte postérieure droite et son articulation sur l ' axe vertébral


position spatiale des membres et mode de déplacement de la salamandre.


vidéo

 

5- Quelques caractéristiques anatomiques et morphologiques


Glandes parotides


les orifices excréteurs des glandes parotides sont bien visibles en arrière des yeux
Les glandes parotides sont spécifiques aux salamandres car absentes chez les autres urodèles (tritons). Elles sont aussi présentes chez les anoures du genre Bufo. Ces glandes situées en arrière des yeux peuvent émettre ou projeter à distance une sécrétion blanchâtre à base de neurotoxines.

 

- Poumons

coupe transversale au niveau thoracique. Les poumons des salamandres sont de type sacculaire unicavitaire à épithélium lisse.
Comme chez les autres amphibiens, les échanges gazeux s'effectuent aussi au niveau des capillaires de la peau.


- Peau, pigmentation cutanée, mue


S. s. fastuosa niveau troncal: taches jaunes sur fond noir


pigmentation dorsale, grandissement, au centre un vaisseau sanguin.


flèche rouge: les 5 taches noires correspondent à des mélanophores contractés
flèche jaune: massif de xanthophores; flèche noire: orifice d'une glande tégumentaire.

Deux types de chromatophores: les mélanophores (pigment mélanine), les xanthophores (xanthine). Les chromatophores sont situés dans la couche supérieure du derme. En fonction des conditions environnementales ces cellules pigmentaires peuvent s'étaler ou se contracter.


grandissement de l'épiderme de S.s. fastuosa;
les points noirs correspondent au pigment entourant les orifices des glandes tégumentaires

L ' épiderme des amphibiens se renouvelle régulièrement, par ex. tous les 15 jours. La couche la plus externe se détache des couches sous-jacentes tout en restant intacte et l'animal doit, par des mouvements de torsion, se libérer de cette mue

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