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Etapes précoces du développement de l'Hermelle (Sabellaria alveolata)

Michel Delarue

(Images : Service de Biologie du Développement de l'Université Pierre et Marie Curie)

 
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Généralités
 
L'Hermelle est un annélide, marin, polychète, sédentaire et tubicole, c'est à dire un ver formé d'une succession d'anneaux portant de nombreuses soies et qui vit dans un tube de sédiment sableux aggloméré par ses propres sécrétions. Les tubes de sable sont droits, accolés les uns aux autres, ressemblant à des gâteaux d'abeille et formant des pseudorécifs de masse souvent considérable.
 
La sédentarité des polychètes va de pair avec une régionalisation accrue de leur anatomie. Ainsi l'hermelle présente des régions spécialisées très marquées. On distingue la région antérieure spécialisée en opercule destiné à fermer l'orifice du tube. Le reste du corps est divisé en régions parathoracique, abdominale et caudale.
 
En laboratoire, les animaux peuvent être maintenus dans de l'eau de mer provenant de stations biologiques marines ou de l' eau de mer artificielle renouvelée, filtrée et aérée, en circuit fermé. Dans ces conditions, les hermelles restent matures pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. La température optimale d'élevage est celle de l'eau de mer d'où elles proviennent. Cependant, pour maintenir les animaux en état de reproduction, il est préférable de les élever à une température comprise entre 5 et 10°C.
 
 
 
Stades du développement
 
Bien que les ovocytes puissent être fécondés à n'importe quel moment de la maturation, il est préférable d'attendre son achèvement car ainsi, les événements de la fécondation peuvent être observés séparément. Dans ce cas, l'entrée du spermatozoïde s'effectue en une vingtaine de minutes.
La chronologie des événements qui suivent l'entrée du spermatozoïde dans l'ovocyte est alors la suivante.
 
1 - Emission du premier globule polaire.
2 - Emission du deuxième globule polaire.
3 - Formation du premier lobe polaire.
4 - Apparition du premier plan de clivage et réintégration du premier lobe polaire (stade deux cellules).
5 - Formation du deuxième lobe polaire.
6 - Apparition du deuxième plan de clivage et réintégration du deuxième lobe polaire (stade quatre cellules).
7 - Poursuite du clivage (par ex: stade huit cellules).
8 - Stade gastrula.
9 - Larve trochophore.
 
Une des particularités de certains développements embryonnaires des annélides et des mollusques consiste en la formation du lobe polaire. Il s'agit d'une protrusion cytoplasmique qui apparaît au pôle végétatif de l'oeuf avant la formation du premier sillon de segmentation et qui est réintégrée dans l'un des blastomères (blastomère CD) au stade deux cellules. Ce phénomène se répète au stade suivant mais avec une moindre ampleur. Au stade 4 cellules, la réintégration du lobe polaire détermine le blastomère D impliqué dans la formation du mésoderme.
Il a été démontré chez d'autres espèces que Sabellaria, que le lobe polaire correspond à une région cytoplasmique liée au destin du blastomère D et qui contient des déterminants cytoplasmiques nécessaires au rythme du clivage, à la spécification de l'axe dorsoventral et à la différenciation du mésoderme. Ces déterminants seraient liés au cytosquelette cortical.
 
La succession des stades précoces du développement est résumée dans la spirale ci-dessous.
 
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Protocole expérimental
 
Pour réaliser la fécondation artificielle, le protocole est le suivant.
 
On peut aussi utiliser des lames histologiques garnies d'une cupule creusée dans l'épaisseur du verre. Dans ce cas, les cales en plastiline de la lamelle ne sont pas nécessaires.

 

 
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Mise en ligne : novembre 2000
Dernière modification : novembre 2000