La synthèse d'ATP dans le chloroplaste s'effectue au niveau du
complexe ATP synthase (ATPase de type F ou ATPase F1Fo) associée
à la membrane du thylakoïde. L'énergie nécessaire
à la synthèse de l'ATP est fournie par l'énergie
libérée par transfert d'électrons photosynthétiques.
Cette synthèse d'ATP dans le chloroplaste à la lumière
est appellée photophosphorylation.
Le principe du couplage entre le transfert d'électrons
et la synthèse d'ATP repose sur la théorie chimio osmotique
émise en 1961 par P. Mitchell. Dans le cadre de cette théorie
:
- l'ATP synthase est une enzyme potentiellement réversible
qui fonctionne comme une pompe à protons transmembranaire
(remarque importante : in vivo elle fonctionne dans le sens de la
synthèse),
- la chaîne de transfert d'électrons fonctionne également
comme une pompe à protons transmembranaire (pompe dite redox)
qui génère une différence de potentiel électrochimique
de protons (gradient de protons ou force proton motrice, voir plus
loin) de part et d'autre de la membrane du thylacoïde. Cette
membrane présente, par ailleurs, une faible conductance naturelle
aux protons.
- la synthèse de l'ATP résulte du couplage entre ces
deux pompes à protons (redox et ATP synthase). Le gradient
transmembranaire de protons joue donc le rôle d'intermédiaire
énergétique obligatoire entre le tranfert des
électrons et l'ATP synthase.
La vérification de cette théorie nécessite
donc de démontrer expériementalement que :
- l'ATP peut être synthétisé à l'obscurité
par un gradient de protons artificiel que l'on impose à la
membrane du thylakoïde ;
- la chaîne de transfert des électrons délocalise
des protons lorsque le thylakoïde est éclairé
;
- la synthèse de l'ATP à la lumière est inhibée
par des agents chimiques qui augmentent la conductance membranaire
aux protons du thylakoïde (agents dits protonophores qui agissent
comme découplants de la photophosphorylation).
Les expériences suivantes vérifient ces
principes de base.
1 - LATP peut être synthétisé
par un gradient de protons artificiel
Expérience "du bain acide" de
Jagendorf et Uribe (1966).
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Expérience "du bain acide"
de Jagendorf et Uribe
A partir d'une suspension de chloroplastes,
les chloroplastes sont cassés (par choc osmotique par exemple)
et les thylakoïdes sont isolés par centrifugation (le
stroma a été éliminé). L'ensemble de
l'expérience est effectuée à l'obscurité.
- 1 - cette suspension est placée dans
un milieu acide tamponné à pH 4,
- 2 - après quelques minutes, le pH des
thylacoïdes s'est équilibré avec celui du milieu,
- 3 - on transfère alors les thylacoïdes
dans un milieu basique tamponné à pH 8 en présence
d'ADP et de phosphate inorganique (Pi) (+ Mg2+).
Résultat : un
dosage d'ATP dans le mileu de suspension montre qu'il y a eu synthèse
d'ATP. |
Explication : Cette expérience
est effectuée à l'obscurité. Il n'y a donc pas
de transfert d'électrons, d'oxydation de l'eau ni aucune participation
des photosystèmes.
C'est uniquement la différence de pH (et donc la différence
de concentration en H+) entre l'intérieur et l'extérieur
des thylacoïdes qui a permis la synthèse d'ATP. C'est donc
lefflux de protons (depuis le lumen vers le milieu ) à
travers lATP synthase qui provoque la synthèse dATP.
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Gradient de pH
et synthèse d'ATP.
L e gradient de pH (concentration en H+ entre
l'intérieur et l'extérieur du thylacoïde provoque
un efflux de protons au niveau de l'ATP synthase et permet la synthèse
d'ATP. |
2 - La chaîne de transfert
des électrons fonctionne comme une pompe à protons.
Des thylakoïdes en suspension dans un milieu faiblement tamponné
sont placés dans une cuve thermostatée. Une électrode
de pH reliée à un enregistreur est placée dans
la suspension qui est agitée continuellement. Une source de lumière
blanche permet de faire des transitions obscutité/lumière.
Remarque : dans cette expérience il n'y a ni ADP ni Pi donc aucune
synthèse d'ATP possible.
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Mouvements des protons à
travers la membrane des thylacoïdes.
Dispositif pour mesurer les mouvements de
protons à travers les thylacoïdes à la lumière
(à gauche) et enregistrement des variations de concentrations
de protons du milieu de suspension lors de transitions obscurité
/ lumière (à droite). |
Résultats
Les résultats montrent que la lumière provoque une
diminution extrêmement rapide de la concentration en protons du
milieu. La variation de concentration se stabilise et se maintient constante
tant que la source lumineuse reste allumée. Par contre, lors
du retour à l'obscurité, la concentration en protons augmente
lentement pour atteindre la valeur observée initialement.
On en déduit que le transfert des électrons à
la lumière provoque un influx vectoriel de protons à travers
le thylakoïde. On constate également que l'entrée
(active) des protons à la lumière est extrêmement
rapide tandis que la sortie des protons (par diffusion passive) lors
du retour à l'obscurité est beaucoup plus lente. Cette
diffusion lente traduit la faible conductance de la membrane aux protons.
Expériences complémentaires :
- l'addition d'une faible concentration d'un agent protonophore (comme
le CCCP pour carbonyl cyanide phényl hydrazone) à la lumière
provoque un retour immédiat à la concentration initiale
(sortie extrêmement rapide des protons du thylakoïde) ;
- l'addition de CCCP à l'obscurité empêche
les mouvement de protons à la lumière (aucune variation
de concentration en protons est observée).
3 - Expression du gradient de protons
En terme énergétique, le gradient de protons généré
à travers le thylacoïde à la lumière correspond
à une différence de potentiel électrochimique de
protons. A ce titre il est constitué de deux composantes : une
composante électrique (DY ) et une composante de concentration
(DpH ). On peut écrire l'expression :
DmH+ = FDY - RTDpH
dans laquelle DY = différence de potentiel électrique
transmembranaire en V, DpH = différence de pH. (F est
la constante de Faraday, R est la constante des gaz parfaits et T =
la température en °K). La valeur de DmH+
est alors exprimée en J.mol-1
Le gradient de protons peut s'exprimer également en unité
électrique. On parle alors de force proton motrice qui s'exprime
en V :
Dp = DmH+ / F = DY - RT / FDpH
qui devient à 25°C et en mV : Dp = DY - 59
DpH
- Dans le cas des thylakoïdes, en état stationnaire à
la lumière, le gradient de protons n'est représenté
que par un DpH (en raison d'une perméabilité élevée
de cette membrane aux ions Cl- et Mg2+). L'expression
de la force proton motrice devient : Dp = - 59 DpH. Le
pH du lumen est acide (environ 5) et celui du stroma est alcalin (environ
8). La valeur du DpH est donc de 3 et la force protonmotrice d' environ
-180 mV.
En conclusion, à la lumière la chaîne de transfert
des électrons génère une force protonmotrice. Cette
force dirige un mouvement de protons à travers l'ATP synthase,
ce qui permet le fonctionnement de l'enzyme dans le sens de la synthèse
(voir ATP synthase).
4 - Transport de protons à
travers la membrane du thylacoïde
L'augmentation de la concentration en protons (H+) dans
le lumen du thylacoïde est réalisée grâce à
:
-un transfert vectoriel de protons qui s'effectue au niveau du complexe
PQ-cytochrome b6f ;
-la libération des protons due à l'oxydation de la molécule
d'eau.
Que se passe-t'il dans le cas d'un transfert
acyclique des électrons ?
La quantité de protons délocalisés par la chaîne
de transfert d'électrons photosynthétiques n'est pas connue
avec précision.
On admet que le transfert des électrons au niveau du complexe
b6f conduit à une translocation maximum de 4 protons par paire
délectrons lorsque le cycle Q fonctionne (Remarque 1 :
le cycle Q est un mécanisme qui permet de rendre compte d'un
transport de 4 H+ par molécule de PQH2 oxydée au niveau
du complexe b6f. Remarque 2 : si le cycle Q ne fonctionne pas, seulement
2 protons sont délocalisés à ce niveau). De plus,
2 protons supplémentaires apparaissent dans le lumen (de manière
non vectorielle) par paire délectrons transférés
au niveau du système doxydation de leau .
La quantité de protons apparus dans le lumen par paire d'électrons
transferés dans la chaîne est donc de 6 (stoechiométrie
H+/2e- = 6).
Remarque importante : Dans
la figure, les réactions sont établies pour l'oxydation
de 2 molécules d'eau (cf. sytème d'oxydation de l'eau)
et donc le transfert de 4 électrons dans la chaîne et la
réduction de 2 molécules de NADP+.
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Synthèse d'ATP et fonctionnement
du thylacoïde.
- Le transfert d'électrons à la
lumière catalyse un influx de H+ dans la lumière
du thylacoïde qui génère un gradient de protons.
- L'efflux spontané des H+ dans
le stroma via l'ATP synthase permet la synthèse d'ATP.
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Que se passe-t'il dans le cas d'un transfert
cyclique des électrons ?
Dans ce cas, seule la transport de protons au niveau du complexe b6f
est concerné, ce qui donne une valeur maximale H+/ 2e- = 4.
(Même remarque que précédemment concernant la figure
).
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Transfert cyclique des
électrons et membrane du thylacoïde.
Le transfert ne fait pas intervenir le photosystème
II. Il n'y a donc pas oxydation de l'eau (à gauche)et pas de
réduction de NADP (à droite). Cependant, en fonction
des potentiels redox, les électrons repassent par le système
des plastoquinones et des cytochromes b6f. Le couple PQ/pQH2 permet
le passage d'ions H+ dans l'espace intrathylacoïdal
et provoque un gradient de pH générateur d'ATP. |
5 - Rendement des photophosphorylations acyclique
et cyclique (ATP / 2e-)
Il est admis que la synthèse d'une molécule d'ATP par
lATP synthase du chloroplaste nécessite 4 protons (stoechiométrie
H+ / ATP = 4, cf. ATP synthase).
En prenant en compte cette valeur et les quantités de protons
apparus dans le lumen lors du transferts acyclique ou cyclique des électrons
(H+ / 2e-) indiquées précédemment, on peut estimer
le rendement optimum de la photophosphorylation (ATP / 2e-) dans ces
conditions, sachant que :
ATP / 2e- = [ ATP / H+] x [H+ / 2 e-]
a) Cas du transfert délectrons
acyclique (PSII + PSI)
* le rendement de la photophosphorylation sera : ATP / 2e- = [ATP/H+]
. [H+ / 2e-] = 1/4 x 6 = 1,5.
La quantité maximum d'ATP synthétisée lors
du transfert délectrons acyclique est donc de 1,5 par molécule
de NADPH formé.
b) Cas du transfert délectrons
cyclique (PSI seul sans formation de NADPH)
* le rendement de la photophosphorylation sera : ATP / 2e- = [ATP/H+]
. [H+ / 2e-] = 1/4 x 4 = 1,0.
Au maximum 1 molécule dATP est
synthétisée dans ces conditions.
Conclusion :
Le chloroplaste assure à la fois la synthèse de NADPH
(pouvoir réducteur) et de l'ATP (intermédiaire énergétique)
nécessaires à la réduction du C02.
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13
- Structure et fonctionnement du thylacoïde |
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15
- Stucture et fonctionnement de l'ATP synthase |
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les organismes autotrophes? |
13 - Structure et fonctionnement
du thylacoïde |
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déroule la photosynthèse? |
14 - Comment se forme l'ATP ? |
| 03 - Comment établir
l'équation globale de la photosynthèse? |
15 - Stucture et fonctionnement
de l'ATP synthase |
| 04 - Quels sont
les pigments de la photosynthèse? |
16 - Quel est le premier
corps formé? |
| 05 - Comment mesurer
la photosynthèse? |
17 - Les étapes
du cycle de Calvin |
| 06 - Action des
facteurs externes |
18 - La photorespiration |
| 07 - La
photosynthèse se découpe en deux groupes de réactions |
19 - Bilan |
| 08 - Qu'est
ce qu'un photosystème ? |
20 - Dans la cellule chlorophyllienne |
| 09 - Structure et
fonctionnement du PSII |
21 - Dans la plante entière |
| 10 - Le système
d'oxydation de l'eau |
22 - La photosynthèse en C4 |
| 11 - Structure et fonctionnement
du PSI |
23 - La photosynthèse des plantes
CAM |
| 12 - Le schéma en Z |
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