1 - Notion dunité photosynthétique
Les pigments photosynthétiques impliqués
dans le dégagement d'oxygène fonctionnent-ils séparément
ou sont-ils associés dans des unités comprenant un grand
nombre de molécules de chlorophylle qui coopèrent ensemble
?
Expérience d'Emerson et Arnold
Emerson et Arnold mesurent la production d'oxygène
émise par des éclairs lumineux très brefs (inférieurs
à 1 ms) envoyés en rafales d'une dizaine de secondes et
d'intensité variable. La durée très brève
de l'éclair laisse supposer que l'appareil photosynthétique
conduisant à la libération de O2 n'est excité
qu'une fois pour chaque éclair.
Ils mesurent donc la production d'oxygène associée à
une rafale puis ils expriment cette production par éclair (QO2/éclair)
en moles O2/éclair.
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Mise en évidence
de la notion d'unité photosynthétique.
Mesure de la quantité d'oxygène
émise par éclair (QO2) par des chlorelles
contenant Qch moles de chlorophylles en fonction de l'intensité
de chaque éclair). |
Naturellement la production de O2 varie
selon l'intensité des éclairs.
La courbe montrant QO2 émise par éclair en
fonction de l'intensité de l'éclair indique une valeur
maximale de production d'oxygène (QO2 maximum).
Cette quantité peut être rapportée à la quantité
de chlorophylles présentes dans le matériel (Qchl). La
valeur du rapport Qchl/QO2 qu'ils obtiennent est d'environ
2500, donc environ 2500 molécules de chlorophylles sont impliquées
dans la libération d'une molécule de O2. Il
y a donc une unité photosynthétique permettant l'émission
d'une molécule de O2 qui comprend un ensemble d'environ
2500 molécules de chlorophylles (il a a donc une association
d'un grand nombre de chlorophylles a sein d'une unité photosynthétique).
2 - Antenne et centre réactionnel
Les pigments présents dans les unités
photosynthétiques forment une antenne qui collecte l'énergie
lumineuse. Cette énergie est ensuite transmise au centre réactionnel
qui contient une molécule de chlorophylle a particulière.
Cette molécule piège cède alors un électron
à un accepteur qui passe à l'état réduit.
A ce stade l'énergie lumineuse est convertie en énergie
chimique.
Le rôle de l'antenne peut être résumé simplement
de la manière suivante : il y a en effet peu de chance qu'un
photon touche directement la molécule de chlorophylle spécialisée
du centre réactionnel. Par contre, si le flux de photons atteint
simultanément un grand nombre de molécules de pigments
et que cette information énergétique est transmise jusqu'à
la molécule cible du centre réactionnel, alors, le rendement
de la capture au niveau du centre réactionnel sera nettement
amélioré. C'est ce qui se passe, et l'image d'une antenne
parabolique permet de bien comprendre la capture de l'énergie.
Voici deux représentations très schématiques
d'une antenne :
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Représentation
schématique d'une antenne de photosystème (schéma
1). L'antenne est schématisée
par un entonnoir qui draine l'énergie des photons reçus
par de nombreuses molécules de pigments jusqu'à une
molécule de chlorophylle a correspondant au centre réactionnel.
L'électron cédé par la chlorophylle à
un accepteur primaire lui est rendu par un donneur primaire. |
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Représentation
schématique d'une antenne de photosystème (schéma
2). Cette représentation
montre que de très nombreuses molécules de pigments
peuvent être excitées par les photons et qu'elles peuvent
transmettre l'énergie reçue, par résonnance à
la molécule de chlorophylle a du centre réactionnel |
3 - Existence de deux photosystèmes
(Effet Emerson et Lewis, 1943)
Sur des Chlorelles, en utilisant des conditions isoquantiques
(même flux de photons) et une concentration de cellules très
élevée pour absorber toute la lumière incidente
(flux de photons limitant), ils mesurent l'action de radiations monochromatiques
sur l'activité photosynthétique et observent que les radiations
rouge sombre (supérieur à 685 nm) pourtant captées
par les chlorophylles n'ont aucune efficacité sur la production
d'oxygène.
Le rendement quantique, c'est-à-dire le rapport entre le nombre
de molécules de O2 émises et le nombre de photons
absorbés diminue alors considérablement pour ce domaine
spectral. Cette décroissance est appelée "chute dans
le rouge".
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Φ
= |
nombre de moles de O2
dégagées (ou de CO2 absorbées)
-------------------------------------------------------------------
nombre de moles de photons absorbées |
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| Rendement
quantique en fonction de la longueur d'onde.
On observe une chute brutale dans le rouge. |
Emerson et Lewis montrent ensuite que la décroissance
du rendement quantique dans le rouge est supprimée en ajoutant
à la lumière rouge sombre une radiation de plus courte
longueur d'onde.
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| Rendement quantique (exprimé
en production d'oxygène) en fonction de la longueur d'onde
d'un éclairement monochromatique.
A : longueur d'onde variable (de 660
à 720 nm)
B : longueur d'onde variable (de 660 à 720 nm)
+ une radiation monochromatique fixe à 650 nm
On observe une augmentation du rendement quantique
dans le domaine des grandes longueurs d'onde (>700nm) sous
l'action d'une seconde radiation fixe de 650nm. |
Cette expérience suggère l'existence
de deux systèmes pigmentaires ou photosystèmes (deux ensembles
de pigments).
- l'un qui n'absorbe pas la lumière au-delà de 680 nm
et qui est associé au dégagement de O2.
- l'autre qui absorbe au-delà de 680 nm et qui ne dégage
pas de O2.
L'effet synergique observé suggère que ces deux systèmes
coopèrent en lumière blanche pour réaliser des
réactions d'oxydo-réduction conduisant à l'émission
d'oxygène.
4 - fonctionnement d'un centre réactionnel
Les réactions d'oxydo-réduction ont
leur origine dans les centres réactionnels des photosystèmes.
Le principe de fonctionnement est le même pour le photosystème
qui dégage de l'oxygène et celui qui n'en dégage
pas. Il peut être schématisé comme suit :
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| Représentation
schématique du fonctionnement d'un photosystème.
Cette représentation s'applique
aussi bien aux photosystèmes I et II. La nature des donneurs
et des accepteurs seront évidemment différentes. |
La molécule de chlorophylle a spécialisée,
associée au centre réactionnel de chaque photosystème,
après avoir été excitée par la lumière,
se désactive par voie photochimique. L'électron arraché
à la molécule de chlorphylle est alors cédé
à un accepteur (A) présent dans le voisinage immédiat
de la molécule de chlorophylle. Il y a séparation de charge
et apparition de molécule de chlorophylle a oxydée (Chl+).
La molécule de chlorophylle est alors immédiatement régénérée
(réduite) grâce à un donneur d'électrons
(D). Ce mécanisme s'applique aussi bien aux photosystèmes
I et II. La nature des donneurs et des accepteurs est naturellement
différente. Dans le cas du photosytème II, le donneur
d'électrons est la molécule d'eau, dont l'oxydation s'accompagne
d'un dégagement d'oxyène (cf. Photosystème II).
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07
- La photosynthèse peut se découper en deux groupes
de réactions |
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09
- Structure et fonctionnement du PSII |
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Pour
accéder aux autres pages du document |
| 01 - Quels
sont les organismes autotrophes? |
13 - Structure et fonctionnement
du thylacoïde |
| 02 - Où se
déroule la photosynthèse? |
14 - Comment se forme l'ATP ? |
| 03 - Comment établir
l'équation globale de la photosynthèse? |
15 - Stucture et fonctionnement
de l'ATP synthase |
| 04 - Quels sont
les pigments de la photosynthèse? |
16 - Quel est le premier
corps formé? |
| 05 - Comment mesurer
la photosynthèse? |
17 - Les étapes
du cycle de Calvin |
| 06 - Action
des facteurs externes |
18 - La photorespiration |
| 07 - La
photosynthèse se découpe en deux groupes de réactions |
19 - Bilan |
| 08 - Qu'est
ce qu'un photosystème ? |
20 - Dans la cellule chlorophyllienne |
| 09 - Structure et
fonctionnement du PSII |
21 - Dans la plante entière |
| 10 - Le système
d'oxydation de l'eau |
22 - La photosynthèse en C4 |
| 11 - Structure et fonctionnement
du PSI |
23 - La photosynthèse des plantes
CAM |
| 12 - Le schéma en
Z |
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