Les végétaux possèdent trois types de pigments
photosynthétiques, les chlorophylles et les caroténoïdes
présents chez tous les végétaux autotrophes au
carbone, et les phycobilines présents exclusivement chez les
algues et les cyanobactéries.
1 - extraction et séparation
des pigments
Les chlorophylles et les caroténoïdes sont
solubles dans des solvants organiques et peuvent donc être séparés
à l'aide de solvants ou de mélanges de solvants des lipides.
Ces molécules sont dites liposolubles.
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Extraction des pigments
bruts : la feuille est broyée
dans de l'alcool absolu ou de l'acétone. Les pigments solubles
dans les solvants organiques sont extraits. Après filtration
pour éliminer les débris cellulaires, on obtient une
solution brute de pigments. |
Il est alors possible de séparer les différents
pigments de la solution brute. Une méthode simple, essentiellement
qualitative, peut être réalisée par une chromatographie
sur papier.
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Chromatographie sur papier
: on dépose une goutte
de pigments bruts sur une feuille de papier. On place la feuille de
papier dans un récipient hermétique dans lequel on a
placé un solvant approprié. Le solvant monte dans la
feuille par capillarité en entraînant les pigments de
manière différentielle selon leur affinité avec
le solvant. On peut distinguer ainsi deux catégories principales
de pigments : les chlorophylles (vertes) et les caroténoïdes
(jaunes). |
Remarque : les pigments
extraits ainsi sont purs. Dans la feuille, ils étaient associés
à des protéines dans les thylacoïdes des chloroplastes.
2 - spectre d'absorption
des pigments bruts
Les chlorophylles et les caroténoïdes absorbent
certaines radiations dites actives pour la photosynthèse, dans
la gamme de longueurs d'onde visibles comprises entre 500 et 700 nm.
A partir d'une solution de pigments, on peut donc mesurer les caractéristiques
d'absorption de la lumière en réalisant un spectre d'absorption
à l'aide d'un spectrophotomètre UV visible classique,
qui permet de mesurer l'absorption (A) en fonction de la longueur d'onde
(l).
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| Spectre
d'absorption des pigments bruts extraits à partir d'une feuille.
L'absorption maximale se réalise dans
le bleu (< 500nm) et dans le rouge (650-700 nm). |
On ne peut dans ce spectre reconnaître la part
qui revient à chaque pigment. Pour cela, il faut travailler sur
des solutions de pigments séparés et purifiés.
| 3 - Les chlorophylles et leurs propriétés |
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Les chlorophylles sont :
- constituées d'un noyau tétrapyrrolique. Les pyrroles
I, II, III et IV sont reliés par des ponts méthènyles
(- CH -).
- chaque pyrolle possède différents substituants : dans
le cas de la chlorophylle a, le pyrrole II possède un -CH3
qui est remplacé par un -CHO dans le cas de la chlorophylle b.
- les atomes d'azote sont liés à un atome de magnésium
par deux liaisons ioniques et deux liaisons de coordination.
- contre le noyau III se trouve un cycle supplémentaire (V)
avec une fonction carboxyle estérifiée par le méthanol.
- la fonction carboxyle associée au noyau IV est estérifiée
par un alcool à très longue chaîne en C20
: le phytol
- l'ensemble de la molécule de chlorophylle est amphiphile.
- dans la membrane des thylacoïdes, les chlorophylles sont associées
à des protéines et forment des complexes protéines
- pigments.
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| Formule
des chlorophylles a et b : la chaîne
phytol n'a pas été détaillée. |
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| Spectres
d'absorption des chlorophylles a et b. |
| 4 - Les caroténoïdes et leurs
propriétés |
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Les caroténoïdes sont des molécules
constituées de 40 carbones formés de 8 unités isoprènes.

- Ils possèdent des extrémités cyclisées.
- Le précurseur des caroténoïdes est le phytoètre
(molécule linéaire à 40 carbones) qui est synthétisé
par condensation de 2 molécules de géramyl pyrophosphate
(molécules à 20 C) elles-mêmes synthétisées
par condensation de 4 molécules d'isoprène pyrophosphate
(molécule à 5 C).
- Le phytoètre subit ensuite des désaturations, des cyclisations
à ses extrémités pour former les carotènes.
Les carotènes peuvent être ensuite hydroxylés pour
donner des xanthophylles.
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| Formule
des caroténoïdes. Un
exemple de carotène, le β carotène et de xanthophylle,
la lutéine. |
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| Spectres
d'absorption des caroténoïdes : ils
absorbent dans le bleu et un peu dans le vert (maxima autour de
420, 440 et 460 nm). |
5 - Distribution spectrale de l'énergie
lumineuse
Les pigments photosynthétiques absorbent la
lumière visible, c'est à dire un ensemble de radiations
électromagnétiques qui ont des longueurs d'onde comprises
entre 400 et 700 nm.
Le domaine visible ne constitue qu'une faible partie de l'ensemble des
radiations reçues à la surface terrestre.
Si on se limite à la lumière visible et à l'infrarouge
(gamme de longeurs d'onde comprises entre 400 et 1400 nm), le spectre
du rayonnement solaire direct est constant et présente un maximum
se situant alentour de 600 nm (couleur jaune) tandis que le spectre
du rayonnement diffus résultant de la diffusion du rayonnement
direct sur les particules et certains gaz (ozone, etc.) de l'atmosphère,
présente un maximum se situant dans le bleu.
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| Distribution spectrale
de l'énergie lumineuse (d'après Eckart et al. 1977).
Le domaine spectral couvre le domaine
du visible (400-700) et de l'infrarouge. Les spectres sont continus.
- Le spectre du rayonnement direct (courbe jaune)
présente un maximum vers 600nm (jaune). Il présente
des "creux," (indiqués par les flèches
noires), des bandes d'absorption, qui sont dues principalement
à l'eau et au dioxyde de carbone dans l'infrarouge, aux
poussières et à certains gaz (ozone,etc.) dans le
domaine du visible et de l'infrarouge.
- Le spectre du rayonnement diffus (courbe bleue,
présente un maximum dans le bleu.
- Le spectre d'absorption des pigments bruts d'une
plante est représenté en vert.
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Les radiations lumineuses correspondent ainsi à
un ensemble de photons qui interviennent par leur nombre et leur énergie
(donnée par la relation E = hν , conception quantique dans
laquelle h est la constante de Planck et ν la fréquence de
la radiation lumineuse). Dans le domaine de la photosynthèse
on utilise cette conception bien adaptée aux phénomènes
photochimiques qui caractérisent ce processus.
L'énergie émise par la source lumineuse est alors exprimée
comme un flux de photons (moles de photons .s-1).
L'énergie lumineuse reçue par la surface éclairée
(éclairement) s'exprime alors en moles de photons s-1
et m-2.
| 6 - Comment se comportent les chlorophylles
vis à vis de la lumière? |
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Excitation
- Ce sont les électrons des doubles liaisons conjuguées
(électrons délocalisés) du noyau tétrapyrrolique
qui sont excités par la lumière.
- A l'obscurité, les électrons sont dans un état
non excité (dit fondamental). Ils sont associés par paires,
à l'état singulet (spins antiparallèles) et sur
une orbitale de faible énergie.
- Il existe 2 états excités principaux de la molécule
de chlorophylle, correspondant à des transitions électroniques
provoquées par l'absorption d'un photon qui fait passer un électron
de l'état fondamental soit à l'état excité
supérieur (Sa), soit à l'état inférieur
(Sb) selon l'énergie du photon.
Sa correspond à l'absorption de photons "bleu".
Sb correspond à l'absorption de photons "rouge".
Désexcitation
Il existe plusieurs façons pour la molécule de chlorophylle
de revenir à l'état fondamental.
de l'état Sa à l'état Sb en émettant de
la chaleur,
de l'état Sb à l'état F en :
1 - émettant de la lumière (fluorescence),
2 - transférant son énergie à une molécule
très proche (résonnance),
3 - en perdant un électron (photochimie).
Remarques :
1 - la fluorescence concerne soit des molécules de chlorophylle
qui ne sont pas parfaitement organisées dans la membrane au sein
des photosystèmes, soit des molécules qui ne peuvent pas
transmettre leur énergie à une molécule voisine
en solution ou du fait d'un encombrement dans les réactions en
aval dans le transport des électrons.
2 - le transfert d'énergie peut se faire jusqu'à une molécule
de chlorophylle spécialisée qui se désactive alors
par photochimie, soit à d'autres pigments (caroténoïdes)
qui se désactivent alors en émettant de la chaleur (dissipation
thermique en cas d'excès de lumière).
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| Schéma
simplifié de l'exitation (états Sa et Sb) et du retour
à l'état fondamental (F) dune molécule
de chlorophylle par fluorescence, résonnance ou photochimie. |
7 - Spectres
d'absorption et spectre d'action
Comment obtenir un spectre d'action?
Timiriazef a fait pousser des plantes en les éclairant au moyen
d'un large spectre, chaque plante étant éclairée
par une longueur d'onde donnée. Il a ainsi montré que
la photosynthèse était maximum pour les lumières
bleues et rouges. Cependant cette expérience est sujette à
critiques car on ne connaît pas l'intensité exacte de chaque
radiation. Timiriazef ne tenait pas compte non plus de l'énergie
de chaque photon.
Engelman a réalisé la même expérience en
utilisant une méthode biologique pour la détermination
de la photosynthèse. Il utilise le tactisme positif que présente
une bactérie (Bactérium thermo) pour l'oxygène.
Il observe une algue verte filamenteuse au microscope en l'éclairant
par un micro spectre. Les bactéries se rassemblent contre l'algue
aux endroits éclairés par les radiations rouges et bleues.
Il en déduit que ce sont ces radiations qui sont les plus efficaces
pour la production d'oxygène lors de la photosynthèse.
Expérience
d'Engelman
Aujourd'hui on peut réaliser de véritables
spectres d'action en utilisant des illuminateurs spectraux et en règlant
les radiations à énergie constante.
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| Comparaison
d'un spectre d'absorption et d'un spectre d'action.
- Absorption (courbe rouge) en % de labsorption
totale de la lumière incidente par des chlorelles.
- Action (courbe bleue) : activité
photosynthétique en unité arbitraire.
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Dans ces conditions, les deux spectres se superposent dans le bleu (vers
450 nm), s'écartent largement l'un de l'autre vers 460 nm (absorption
des carotènes), vers 640 nm (absorption des chlorophylles) et
chutent brutalement au delà de 680 nm.
Le dégagement de O2 est nul à 720 nm (il y
a une "chute dans le rouge" de l'intensité photosynthétique).
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03
- Comment établir l'équation globale de la photosynthèse? |
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05
- Comment mesurer la photosynthèse? |
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Pour accéder
aux autres pages du document |
| 01 - Quels sont
les organismes autotrophes? |
13 - Structure et fonctionnement
du thylacoïde |
| 02 - Où se
déroule la photosynthèse? |
14 - Comment se forme l'ATP ? |
| 03 - Comment établir
l'équation globale de la photosynthèse? |
15 - Stucture et fonctionnement
de l'ATP synthase |
| 04 - Quels sont
les pigments de la photosynthèse? |
16 - Quel est le premier
corps formé? |
| 05 - Comment mesurer
la photosynthèse? |
17 - Les étapes
du cycle de Calvin |
| 06 - Action des
facteurs externes |
18 - La photorespiration |
| 07 - La
photosynthèse se découpe en deux groupes de réactions |
19 - Bilan |
| 08 - Qu'est
ce qu'un photosystème ? |
20 - Dans la cellule chlorophyllienne |
| 09 - Structure et
fonctionnement du PSII |
21 - Dans la plante entière |
| 10 - Le système
d'oxydation de l'eau |
22 - La photosynthèse en C4 |
| 11 - Structure et fonctionnement
du PSI |
23 - La photosynthèse des plantes
CAM |
| 12 - Le schéma en Z |
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