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Guy Echallier
Amphipodes

Les Amphipodes sont un petit groupe représenté entre autres par les Talitres ou "puces de mer" que l'on voit sauter sur le sable à marée basse.
En bas de page, vous trouverez les liens pour voir kes différentes espèces en photographies

La définition vient de Latreille, 1816, du grec : amphi = de part et d’autre, pode = patte : allusion à la distribution apparente des pattes en 2 groupes dirigés, l’un  vers l’avant (servant à s’accrocher au substrat et saisir la nourriture… ou la femelle) et l’autre vers l’arrière (pattes  ambulatoires ou nageuses ; les appendices  les plus postérieurs servant éventuellement d’appui au saut… )

A l’inverse des Isopodes - qui leur sont étroitement apparentés (coupure traditionnelle des Péracarides) - ils présentent, typiquement,  un corps comprimé latéralement ; mais, comme eux,  ils n’ont pas de carapace, leurs yeux sont sessiles et le premier segment thoracique est céphalisé. De même, leur développement est direct  et s’effectue dans une chambre incubatrice (« marsupium ») constituée ventralement par des plaques bordées de soies.
       De petite taille (de l’ordre du cm), ils se rencontrent dans toutes sortes de milieux aquatiques, surtout marins.

ORGANISATION  TYPIQUE d’un GAMMARIEN

Le corps, avec ses 3 régions, est donc aplati latéralement et fortement arqué dorsalement ; mais une puissante musculature assure un redressement, en une détente brusque, qui permet des démarrages soudains ou même, chez les Talitres ou Puces de mer, des sauts spectaculaires.

Tête           
    englobe le premier somite thoracique ; les appendices correspondants constituent des maxillipèdes (fusionnés à leur base et formant une lèvre inférieure) ; les autres pièces buccales sont du type masticateur.
Les yeux, sesssiles, sont constitués par de nombreuse ommatidies, mais généralement recouvertes par une cuticule lisse, indivise (pas de lentilles cornéales, cad pas de facettes ).
Les antennules (A1) se terminent en un long fouet (dont le nombre d’articles s’accroît au cours du développement ) et il y a parfois un petit flagelle externe accessoire ; par contre, les antennes (A2) sont  uniramées (jamais d’écaille).

Thorax
   chacun des 7 segments, bien invidualisé,  porte une paire de pattes ambulatoires (ou péréiopodes) ; elles sont, assez semblables et correspondent aux seuls endopodites. Les 4 premières – on l’a vu - sont dirigées vers l’avant (s’accrochant au substrat,puis halant le corps) et les 3 dernières vers l’arrière (le poussant).
 Caractéristique du groupe, leurs coxopodites sont  dilatés   en lames aplaties et  parfois très larges, comme des boucliers lames coxales ; prolongeant le bord des ’allure de compression latérale du corps.
Les 2 premières paires de ces pattes thoraciques se terminent souvent en pinces préhensiles subchéliformes (plus fortes chez les mâles) gnathopodes ; les autres présentant des ongles…
  Des branchies, sacs foliacés plats (au maximum 6 paires) s’insèrent à la base des pattes  (correspondraient à des épipodites) ; Rem : ces branchies sont donc thoraciques et non pas abdominales comme chez les Isopodes ; du reste l’appareil circulatoire(tube cardiaque et péricarde) est essentiellement thoracique, à la différence de sa localisation abdominale chez les Isopodes …
Chez les femelles ovigères, des  lamelles oostégites ; 2 ou 4 paires), bordées périodiquement  de longue soies ;  s’attachent à la face interne des lames coxales ; (en s’imbriquant d’avant en arrière et de droite à gauche) et constituent ventralement  une chambre incubatrice (marsupium).

Abdomen
   6 segments, dans la continuité de ceux du thorax, prolongent la courbure du corps mais se distinguent par l’absence de plaques coxales..
Là encore, les 3 premières paires de pléopodes s’orientent vers l’avant et, biramés et équipés de soies,  sont natatoires, tandis que les 3 dernières (uropodes) accompagnent vers l’arrière  le telson (parfois fendu et armé d’épines et de soies). (Rem : leurs deux rames, en bâtonnets rigides, constituent, avec le telson, une sorte de queue sur laquelle l’animal s’arc-boute pour bondir).

 

Quelques genres intéressants

  1. Talitre (ou « Puces de mer » : sautent, par milliers, sur les plages de sable où se creusent des terriers ; se nourrissent des laisses de mer(cf description type des Gammariens…)
  2. Orchestia : un peu plus haut sur l’estran et  dans des plages caillouteuses
  3. Rem : c’est sur O. gammarella , espèce à dimorphisme sexuel marqué, que fut démontré le contrôle hormonal de la différenciation sexuelle chez les Crustacés (glande androgène Cf Chapitre Endocrinologie…)
  4. Gammarus le Gammare(G. pulex), ou « Crevette d’eau douce »,  est très répandu ; mais il en existe aussi  de nombreuses espèces marines …
  5. Haploops marin ; vit dans des tubes plats faits de vase agglutinée, d’où ressortent leur longues antennes.
  6. Corophium remarquable par  leurs antennes robustes qui leur servent de rateau pour creuser le sable vaseux (« Termite » des Ostréiculteurs…)
  7. Chelura  : creuse des galeries dans les bois flottants.

AUTRES TYPES d’ AMPHIPODES

Hypériens

Caractérisés par une tête volumineuse, recouverte, en partie, par des yeux immenses.
Formes généralement planctoniques .  ex :  Phronima

Caprelliens

Thorax allongé et grêle, caractéristique ( absence de plaques coxales), avec un abdomen vestigial.
Si les segments thoraciques 3 et 4 sont dépourvus de pattes, on y observe des branchies et, chez les femelles, des oostégites (donc seulement 2 paires de chaque).
     Grâce à leurs pattes griffues ou  à extrémités chéliformes (gnathopodes, encore plus développés chez les mâles),  vivent accrochés sur les touffes d’Algues ou les colonies d’Hydraires ; mimétisme fréquent.

Sur la base commune d'un abdomen vestigial, on rapproche de ce groupe :
Cyamus (ou «  Pou de Baleine ») :  vie, en effet, en ecto-parasite, sur le tégument des Cétacés ; en rapport avec cette biologie, il présente de fortes griffes aux pattes et un aplatissement dorso-ventral du corps, tout à fait insolite chez un Amphipode.  Abdomen vestigial.

Guy Echalier (guy.echalier@snv.jussieu.fr)
avec l'aide du CTPI (Philippe Nguyen) Mise en ligne : Véronique Vonarx
© Copyright "Biologie et Multimédia"

Mise en ligne : octobre 2002
Dernière modification :
20 décembre 2013