Vous êtes sur ATP. Ce bandeau vous donne accès aux autres rubriques de Bmedia. Accueil
Biochimie 
et biologie moléculaire
Biologie 
du développement
Biologie cellulaire Zoologie Biologie végétale Physiologie végétale Informations sur le site Liens externes

 
Sans
ordinateur
RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL


Microbiologie
Biochimie
Biologie cellulaire
Génétique
Physiologie animale
Physiologie végétale
Evolution
Organismes modèles
Avec ordinateur
ExAO
Modèles moléculaires

Activité électrique du gésier de ver de terre

  • Introduction
L'ensemble jabot-gésier du ver de terre isolé in vitro présente une activité rythmique : des contractions spontanées d'amplitude relativement constante se produisent avec une fréquence régulière, de l'ordre de 2 à 5 contractions par minute selon les conditions expérimentales, en particulier selon la température. Ces contractions, qui prennent naissance spontanément dans l'organe lui-même puisqu'elles se produisent dans un organe dénervé en l'absence de toute stimulation, peuvent être enregistrées sous forme graphique avec un dispositif d'acquisition approprié comme celui décrit à la page "Action de substances pharmacodynamiques sur les muscles lisses du jabot-gésier". 
La figure ci-dessous présente l'enregistrement pendant 5 minutes de l'activité contractile spontanée de l'ensemble jabot-gésier isolé, en l'absence de tout traitement particulier.

Contractions spontanées de l'ensemble jabot-gésier isolé in vitro
Comme d'autres muscles se contractant spontanément, notamment certains muscles lisses et le myocarde, les muscles lisses du jabot-gésier de ver de terre doivent comporter des cellules "pace-maker" dont l'activité électrique spontanée serait responsable de l'automatisme de l'organe. 
En revanche, le contrôle de la fréquence et de l'amplitude des contractions est exercé par de nombreux neurones extrinsèques et intrinsèques, dont certains ont été identifiés, qui libèrent une grande variété de neuromédiateurs à leurs terminaisons. 
Pour plus d'informations sur l'étude pratique de ces neuromédiateurs, on se reportera aux pages correspondantes de ce site : L'objectif des manipulations présentées ci-dessous est d'enregistrer l'activité électrique spontanée de l'ensemble jabot-gésier du ver de terre de façon à vérifier que ses caractéristiques sont en accord avec celles de l'activité contractile spontanée observée sur l'organe isolé. 


 
  • Matériel et méthodes
La partie antérieure du corps est disséquée après anesthésie du ver par immersion pendant quelques minutes dans l'éthanol à 5 %. La paroi du corps est incisée dorsalement de façon à exposer l'ensemble jabot-gésier et les bords sont écartés et fixés par des épingles. Quelques gouttes de liquide physiologique sont déposées régulièrement sur l'organe pour le maintenir en survie.
Le vaisseau dorsal et les liaisons nerveuses avec le jabot-gésier sont supprimés de manière à éliminer les influences exogènes.
Le recueil de l'activité électrique est réalisé avec une électrode externe appliquée sur la surface du tissu et maintenue par succion de façon à assurer une résistance électrique élevée au niveau de la jonction. 
L'autre électrode, constituée d'un fil d'argent, est fixée dans la cavité viscérale de l'animal.
Les deux électrodes sont reliées aux entrées d'un amplificateur différentiel lui-même connecté à une interface d'acquisition reliée à un ordinateur. 
À l’exception des électrodes qui sont fabriquées à la main, le reste du matériel (amplificateur et interface) utilisé pour les enregistrements est du matériel courant d'acquisition informatisée disponible dans le commerce.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir
L'ensemble jabot-gésier exposé
    • Fabrication des électrodes
Un cône jetable de micropipette à pointe fine ou un tube de polyéthylène étiré à la flamme peuvent être utilisés pour réaliser la pointe de l’électrode qui sera en contact avec l’organe. Le diamètre de l’orifice à la pointe doit être de l’ordre du millimètre.
La pointe est reliée de façon étanche à un tube en Y dont une des branches sert aux connexions électriques tandis que l’autre est reliée à un robinet à 2 ou 3 voies.
Ce dernier est connecté par un tuyau souple à une seringue de 5 mL qui sert à la fois à remplir l’électrode d’électrolyte et à assurer la succion entre l’électrode et le tissu.
La partie électrique de l’électrode est constituée par un fil d’argent chloruré allant de la pointe de l’électrode (sans faire saillie à travers l’orifice) jusqu’à l’une des deux branches du Y où il est soudé à une embase banane femelle de 2 mm. L’étanchéité de cette branche est assurée par un manchon de résine (Araldite rapide) coulée entre l’embase femelle et le tube.

Les photos ci-dessous montrent deux électrodes réalisées selon les principes indiqués, l'une avec du tube de polyéthylène étiré à la flamme, l'autre avec un cône de micropipette.
 

Deux électrodes de succion permettant de recueillir l'activité électrique à la surface d'un organe
    • Mise en place de l'électrode
Après mise en place sur le robinet de la seringue chargée de liquide physiologique, l'électrode est remplie de liquide par pression sur le piston et le robinet est fermé pour empêcher la fuite de l'électrolyte.
Les fils de connexion entre l'électrode et l'entrée de l'amplificateur sont mis en place et l'électrode est fixée à un support dont le déplacement vertical est réglable finement avec une molette.
La pointe de l'électrode est alors placée juste au dessus du gésier mis à nu.
L'électrode est ensuite descendue lentement jusqu'à ce que la pointe vienne au contact du gésier. Une fois la pointe en contact avec l'organe, le robinet est ouvert, une légère succion est exercée en tirant sur le piston de la seringue puis le robinet est fermé pour que la pointe reste fermement en contact avec le gésier.
La bonne tenue de la jonction est vérifiée en relevant la pipette de quelques mm : la paroi du gésier doit alors être entraînée par la pointe de la pipette.
La seconde électrode, constituée d’un simple fil d’argent, est ensuite introduite à travers la paroi du corps du ver à quelques cm en arrière du gésier de façon à baigner dans la cavité générale de l’animal.

Pour minimiser les parasites électriques, il est possible d'utiliser une feuille d'aluminium pour servir de cage de Faraday. La feuille est disposée au dessus du ver et elle est reliée à une prise de terre par un câble muni de prises bananes à ses deux extrémités.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Montage en place
  • Résultats
Le jabot-gésier présente une activité électrique spontanée caractérisée par l'apparition régulière de variations du potentiel électrique. On distingue deux types de signaux qui diffèrent par leur amplitude et par leur rythme d'apparition. Les figures ci-dessous présentent des enregistrements obtenus avec des animaux, des matériels et des paramètres d'acquisition différents (fréquence d'échantillonage et durée). 

Activité électrique spontanée du gésier de ver de terre pendant une minute

Activité électrique spontanée du gésier de ver de terre pendant deux minutes

La fréquence des signaux électriques élémentaires de grande amplitude est du même ordre que celle des contractions musculaires spontanées suggérant une corrélation possible entre les deux phénomènes.


  • Annexes
    • Liquide physiologique
      NaCl : 7,1 g
      KCl : 0,3 g
      NaHCO3 : 1,5 g
      NaH2PO4 : 0,55 g
      MgCl2 : 0,2 g
      CaCl2 : 0,22 g
      Glucose : 1 g
Dissoudre dans un litre d’eau distillée et ajuster le pH à 7,3.
    • Matériel et logiciel



On peut ramasser des vers de terre dans la nature ou s'en procurer dans les magasins d'articles de pêche qui vendent différentes espèces élevées spécialement pour fournir des appâts vivants.

Page d'accueil de BMédia
Tous droits réservés
BMédia, 1999-2004
Contact :
Envoyer un courrier